Santé : les nouvelles conditions d'importation et de fabrication de médicaments en Algérie -REVELATIONS


Par ali idir , le 21/11/2008


L'Algérie va durcir les conditions d'importation de médicaments. Objectif: freiner la progression de la facture des produits pharmaceutiques qui augmente chaque année de 20% à 30%.

Le ministère de la Santé vient de confectionner un nouveau cahier des charges fixant les conditions d'importation et de fabrication de médicaments, selon une source proche du dossier.

Le document, actuellement sur le bureau du premier ministre Ahmed Ouyahia, s'inspire de la décision annoncée par le gouvernement le 21 octobre visant à interdire l'importation des médicaments déjà fabriqués en Algérie et de conditionner l'accès au marché national par des investissements industriels.

Le nouveau cahier des charges s'articule autour de quatre grands axes qui définissent la nouvelle politique nationale en matière de produits pharmaceutiques.

Le premier point concerne le rétablissement de l'obligation d'investir pour les laboratoires nationaux et étrangers pour pouvoir importer et commercialiser des médicaments en Algérie.

Cette décision prise pour la première en 1997, puis annulée par le cahier des charges de 2005, n'a pas permis à l'Algérie d'attirer d'importants investissements dans le médicaments.

Seule une poignée de projets déposés au ministère de la Santé ont été réellement concrétisés. «La majorité des projets n'ont pas été réalisés. Les opérateurs déposaient de volumineux dossiers d'investissement, créaient des sociétés juste pour pouvoir continuer à importer et à commercialiser», explique notre source.

La deuxième décision contenue dans le nouveau document concerne le rétablissement de l'exigence de la durée de vie des médicaments importés qui doit être au moins de 66% de la durée de vie du médicament.

Comprendre: l'importation des médicaments en fin de vie n'est plus autorisée.

Le troisième point oblige les grossistes en produits pharmaceutiques de détenir un stock d'au moins trois des médicaments qu'ils sont autorisés à commercialiser.

But : éviter les pénuries et permettre l'approvisionnement en flux continu des pharmacies. Le quatrième et dernier axe de la nouvelle politique du médicament impose un délai d'une année aux opérateurs spécialisés dans le conditionnement des médicaments pour passer à la fabrication de ces produits.


«Ces grandes décisions sont réalistes, mais le gouvernement doit veiller à la concrétisation des projets d'investissements déclarés.

Certains opérateurs se contenteront de faire des annonces d'investissements, sans concrétiser, juste pour continuer leurs acticités d'importation et de commercialisation.

Les opérateurs en pharmacie ont déjà commencé à formaliser des dossiers d'investissements pour les présenter au ministère de la Santé», affirme le proche du dossier.

La bataille du médicament est loin d'être terminée pour le gouvernement dont la volonté de réduire de la facture d'importation heurte d'importants intérêts locaux et étrangers.

TSA

http://www.tout-sur-l-algerie.com/Sa...rica_5400.html