Trois parmi les plus proches collaborateurs de l'ex-président tunisien Zine El Abidine Ben Ali ont été arrêtés pour leur implication dans des affaires de corruption, a annoncé samedi l'agence officielle TAP.

Citant une "source informée au ministère de la justice", l'agence précise qu'Abdelaziz ben Dhia, ancien ministre d'Etat et porte-parole de la présidence, Abdelwahab Abdallah, conseiller pour les affaires politiques, et Abdallah Kallel, ancien ministre de l'Intérieur et président du Sénat, ont été placés sous mandat de dépôt après avoir été interrogés samedi par un juge d'instruction.


Il sont accusés de "concussion de fonds par voie illégale" et "usage de qualité" pour se procurer à eux-mêmes ou à un tiers "un avantage injustifié, causer un préjudice à l'administration ou contrevenir aux règlements".
Après leur arrestation, ils ont été conduits dans la base militaire d'El Aouina, près de Tunis, où, selon des informations de presse, sont détenus d'autres membres de l'ex-famille régnante des Ben Ali et Trabelsi, nom de l'épouse de l'ex-chef d'Etat, Leïla. Ces personnalités très influentes sous l'ancien régime étaient en résidence surveillée peu après la fuite de Ben Ali le 14 janvier dernier vers l'Arabie saoudite.
Selon la TAP, "cette procédure s'inscrit dans le cadre d'une action en justice intentée contre certains responsables du Rassemblement constitutionnel démocratique" (RCD), ex-parti au pouvoir dont tous trois étaient membres du bureau politique.
Au total, quatre anciens hauts responsables auront fait l'objet d'un mandat de dépôt à ce jour, après l'ex-ministre de l'Intérieur Rafik Belhadj Kacem accusé d'"homicide volontaire" lors du mouvement de protestation sociale qui a provoqué la chute du régime Ben Ali. AP