Le gouvernement tunisien a refusé samedi de légaliser cinq partis, dont trois islamistes, jugeant que ces formations ne sont pas fondées sur des principes démocratiques.

Les trois partis islamistes sont le "Hizb Et-Tahrir" (parti de la libération), "As-Salam" (La paix) et le parti sunnite tunisien. Les deux autres formations sont le "Parti libre populaire démocratique" et le "Parti démocratique libéral tunisien".
Les demandes ont été rejetées pour "infraction aux dispositions de la loi organique relative à l'organisation des partis politiques", explique le ministère de l'Intérieur dans un communiqué diffusé par l'agence officielle TAP.

Selon la Constitution tunisienne, un parti politique ne peut asseoir ses principes ou son programme sur des considérations religieuses, linguistiques, raciales, sexuelles ou régionales. Il doit en outre s'engager à bannir toute forme de violence, de fanatisme et de discrimination.
Le "Hizb Et-Tahrir" prône l'instauration d'un régime fondé sur la charia (la loi islamique), a déclaré son porte-parole Ridha Belhaj lors d'une conférence de presse. Tout en se défendant de prôner la violence ou le terrorisme, il n'a pas écarté le recours à "la rébellion et à la désobéissance civile pour l'instauration d'un Etat islamique". "L'islam représente la solution" pour la Tunisie d'aujourd'hui, a-t-il plaidé, en laissant entendre qu'il était hostile à l'égalité entre l'homme et la femme.
C'est la première fois depuis l'avènement du gouvernement de transition que des demandes de légalisation de partis politiques sont refusées. D'autres partis à connotation islamiste, comme le mouvement "Ennahdha" (La Renaissance), ont pour leur part obtenu leur reconnaissance légale.
Si cinq partis ont vu leur demande rejetée samedi, trois autres ont été légalisés: le Parti de la justice et de la liberté, le Parti de l'avenir pour le développement et la démocratie et le Mouvement des patriotes démocrates. Cela porte à 34 le nombre de formations légales en Tunisie, contre neuf sous le régime de l'ancien président Zine El Abidine Ben Ali. Le parti de ce dernier, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) a été dissout mercredi par décision de justice. AP