En sachant qu’ils ne savent pas ce qu’ils font... Ceux qui veulent prendre
les devants ne savent même pas où ils vont... Ni où va le vent

Vous l’avez sans doute vu, lu ou entendu ?
Non je n’ai pas d’yeux pour voir
Ni d’oreille pour entendre
Depuis quelques temps déjà
Je m’exerce à être sourde et aveugle
Pour m’isoler
M’esseuler
M’oublier
Désolée d’être désolée
Solitaire après avoir été solidaire
Je n’ai plus la force de m’accrocher
Je raccroche
Ni l’envie de résister
Je désiste
En sachant qu’ils ne savent pas ce qu’ils font
Ceux qui veulent prendre les devants
ne savent même pas où ils vont
Ni où va le vent
Et les pauvres passagers qui croyaient
Pouvoir accomplir une belle traversée
Auront encore une fois
Droit à un flot de contre vérités.
Même avec la meilleure volonté
On ne saurait leur épargner l’envers du décor
Parce qu’il n’y a plus de maître à bord
Que des substituts qui naviguent à vue
Parce qu’ils ont atteint un certain seuil d’incompétence
qui les empêche de voir qu’ils ont perdu la vue,
la vision… et l’horizon.
Ceci explique peut-être cela
Le nombre de voyageurs qui ne veulent plus entendre parler de voyage.
Parce qu’ils pressentent vaguement :
L’insoutenable légèreté des prétendants
Qui ignorent encore les splendeurs et les profondeurs de l’océan.
Car il n’y a plus de commandant… plus de commandant.
Parenthèse sourde et aveugle…
Il ne me reste plus que l’envie de la fermer !

Les larmes de l'Elysée

Les larmes de l’Elysée | Le journal de Personne