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Discussion: Le nom d’une chercheuse algérienne donné à un champignon

  1. #1
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    Post Les chercheurs Algériens...ici et ailleurs...

    le 03.06.11 El Watan
    Clitopilus djellouliae, un petit champignon d’à peine quelques centimètres, a été trouvé un peu par hasard sous des cèdres, dans l’herbe du parc du Casino de Vernet- les-Bains (Pyrénées-Orientales, France) lors d’un congrès de mycologie en 2002.
    Les mycologues participant à cette rencontre devaient, en effet, chaque après-midi, ramasser des champignons pour ensuite faire l’exercice de les identifier. Radia Djelloul, maître assistante au centre universitaire d’El Tarf, aujourd’hui directrice du département de biologie, ne se doute pas encore que le minuscule champignon qu’elle a rapporté un après-midi va un jour porter son nom. En effet, on ne pourra identifier le clitopile qu’elle présente. C’est un inconnu. Les investigations vont devoir faire appel à des mycologues de plusieurs pays.
    Les Italiens, plus spécialisés sur ce genre, ne le connaissent pas non plus. Le verdict tombe après plusieurs années d’investigations : c’est une nouvelle espèce ! Il faudra en tout près de 10 ans de recherches pour l’identification, de consultations de mycologues, de descriptions précises, de commissions diverses pour qu’enfin, on puisse donner un nom à l’espèce. Celui de la personne qui l’a trouvé : Djelloul.
    Radia Djelloul est l’un des rares mycologues algériens. Ils seraient une demi-douzaine pour tout le pays. Infiniment moins que nos voisins tunisiens et marocains. Radia D. travaille sur la cartographie des champignons du Parc national d’El Kala, où on a déjà identifié 120 espèces de manière certaine. Un gros travail reste à faire, car il ne se passe pas un jour sans que l’on découvre un nouveau champignon.
    Slim Sadki
    Dernière modification par dahmane1 ; 17/06/2011 à 11h17. Motif: changer l'intitulé de la discussion

  2. #2
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    terre
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    hummmm ca doit être super bon une omelette au champignon djelloul mdrrrr

  3. #3
    l'orientale
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    Dans ma bulle a moi !! entre ciel et terre!
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    Ils seraient une demi-douzaine pour tout le pays.

    C' est tout!!???? eh ben!!

  4. #4
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    les marocaines ne vont plus dormir :p

    je sors -_-

  5. #5
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    E=MC² une toute petite formule qui a fait d’Albert Einstein un génie de la physique…les sciences, c’est des spécialités et des découvertes…

  6. #6
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    E=MC² une toute petite formule qui a fait d’Albert Einstein un génie de la physique…les sciences, c’est des spécialités et des découvertes…
    l'Algérien Ali Benhamza, a découvert les logarithmes 23 ans avant l’Ecossais Neper.

    Au Moyen Age, la civilisation arabo musulmane développa, inventa et perfectionna les sciences. Les sciences arabes sont, en effet, très brillantes au Moyen Age. Les sciences arabes désignent les sciences pratiquées par des chercheurs avec pour langue l'arabe.
    Les ingénieurs arabes étaient particulièrement inventifs. Par exemple, un livre décrit 100 inventions scientifiques : appareils médicaux, moulins à eau, horloges à eau, moulins à vents, jouets mécaniques... Un grand inventeur andalou a inventé le procédé de fabrication du cristal.
    Il y a différentes sciences arabes : les mathématiques (algèbre est un mot arabe), l’astronomie, l'optique, la médecine, la géographie, l'agriculture...

  7. #7
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    Tahar Touam: Le parcours étonnant d’un prodige algérien

    Tahar Touam est un brillant physicien, bourré de diplômes acquis dans les grandes écoles et universités nord-américaines dont la prestigieuse École Polytechnique de Montréal. À l’exception de son pays, c’est un chercheur connu à travers le monde qui a été à l’origine d’une découverte importante dans le domaine de la photonique qui a abouti à la création d’une entreprise de pointe qui s’est effondrée dix-huit mois après son départ. C’est difficile et compliqué à la fois de revivre un jour l’expérience de Tahar Touam. Un parcours impressionnant qui n’a laissé personne indifférent autour de lui. De Annaba à Montréal, l’Algérien s’est distingué dans tous les établissements scolaires qu’il a fréquentés depuis la première année. Déjà au primaire, à l’école Didouche Mourad, ces professeurs remarquent ces bons résultats. Son niveau lui permet de passer directement de la 4e à la 6e où aux examens de fin d’année, il obtient la meilleure note à l’échelle de la ville de Annaba. Au lycée technique, il reçoit le prix d’excellence remis annuellement au meilleur élève. Tout le monde lui prédit une brillante carrière. Jeune, il rêve d’atteindre les sommets. Son voeu se réalise en Amérique du Nord. Il obtient son Ph.D du centre d’optique photonique et laser affilié à l’Université de Laval. L’Algérien est arrivé au Canada en 1986 avec un DES en physique. À Ottawa, il rencontre un accueil chaleureux de la communauté arabe. Les premiers jours, il fait connaissance de Adnan El-Khatib, un Irakien qui l’héberge pendant un mois chez lui, le temps de trouver un appartement. L’Irakien est tellement sympa et gentil avec Tahar que ce dernier lui promet de donner à son premier enfant le prénom Adnan.

    Après un bref séjour à l’institut des langues anglaises d’Ottawa, il entre à l’université McGill, à Montréal, où il s’inscrit à l’institut de physique, option quantique. Sa recherche s’oriente vers les composants critiques dans les transitions des phases dynamiques. À la fin de l’année, il est major de promotion avec une moyenne au-dessus des autres qui lui permet d’obtenir le prix d’excellence. En 1987, il est remarqué par le professeur Michel Bélanger qui a réuni tout un dossier sur lui. Ce dernier va se rendre à l’Université McGill pour rencontrer Tahar Touam. Au cours de l’entretien il lui dit : « qu’est ce que tu fais ici, viens travailler avec nous à l’École Polytechnique, je financerai tous tes travaux et recherches ». Le professeur canadien qui l’avait repéré parmi les meilleurs n’avait pas tort, au bout d’une année, le prodige de Annaba obtient un diplôme honorifique de l’École Polytechnique pour sa contribution à la recherche, son apport à l’enseignement et à la visibilité de l’école. Son travail a été choisi par « The International Society of Optical Engineering », comme la meilleure recherche de l’année en télécommunication. Commence alors pour lui une brillante carrière à Montréal. Il va faire partie des différents groupes de recherche qui vont révolutionner la photonique. Tahar Touam, est jeune et l’avenir est devant lui. Ses connaissances en sciences exactes sont la clef de sa réussite. Il connaît beaucoup de choses. Sa présence en Amérique du Nord coïncide avec l’émergence des nouvelles technologies qui vont bouleverser le monde, à la veille du millénaire. Au lieu de 3 ans, il achève la maîtrise science appliquée option optique et laser en 14 mois et fait 5 publications liées à ces recherches scientifiques. L’avantage qu’il a sur les autres : le sens de l’initiative et la maîtrise de plusieurs domaines à la fois : la physique des solides, l’optoélectrique, l’informatique, les mathématiques, la chimie physique, la programmation des méthodes numériques et surtout la conception de logiciels en photonique. Son apport dans la transformation du matériau Sol Gel a été capital en 1998. À l’annonce de la découverte, de Chicago, M. Tony Morreti, vice-président de la multinationale Molex Inc, s’est déplacé en personne à Montréal pour assister à la démonstration. C’est l’avenir du groupe qui se joue devant les spécialistes, les cadres et les bailleurs de fond qui accompagnent l’Américain. Ils ne seront pas épargnés, les questions fusent de toutes parts, les spécialistes ne se gênent pas de l’interpeller sur tous les aspects de l’invention. Du Japon, de l’Europe, de l’Australie et de l’Amérique, plusieurs groupes sont sur le coup. Après huit mois de recherche, Tahar Touam et ses collaborateurs mettent au monde une puce révolutionnaire qui, pour la première fois, est réalisée sur le matériau Sol gel. La découverte va leur rapporter 15 millions de dollars dont 5 millions de Molex inc. Avant de verser l’argent, Tony Morreti, prend l’Algérien à part et lui fait une proposition intéressante. Il l’invite à venir s’installer à Chicago, « tu auras tout ce que tu veux pour monter une compagnie ». Tahar demande à réfléchir, même s’il a les clefs de la découverte, le succès il l’a connu avec ces deux collègues. Les trois se connaissent depuis 10 ans, le premier, S. Iraj Najafi est d’origine iranienne et le Canadien Mark P. Andrews. D’autres investisseurs vont verser d’énormes
    sommes. L’argent va permettre au groupe de monter Lumenon Innovative Lightwave Technology, Inc, qui est une société de développement et de conception des composants optiques et des dispositifs en forme de circuits hybrides compacts de verre sur des chips de silicium pour des fournisseurs d’équipement dans les télécommunications, des transmissions de données et des marchés câblodistributeurs. Elles permettent aux sociétés de télécommunication d’augmenter la capacité du transit de leurs réseaux optiques.

  8. #8
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    le parcours de Mr Touam n'est malheureusement pas propre à lui: nul n'est prophète chez lui.
    Il faut dire que quand la civilisation musulmane était à son apogée, elle attirait les cerveaux, maintenant c'est au tour de l'occident de le faire.

    Par ailleurs, il y a des chercheurs algeriens qui, malgré le dénigrement qu'ils ont connu dans leurs pays et qui ont brillé ailleurs essaient d'apporter qlq petite lumière dans leur pays, à travers des séminaires, des cours, des contacts...

    Ce n'est pas le cas de tous, il y en a qui ont coupé les ponts et net mais qui leur en voudra?
    Le hasard, c'est peut-être le pseudonyme de Dieu quand il ne veut pas signer

    Théophile Gautier

  9. #9
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    le Dr Mustapha Ishak-Boushaki, un éminent chercheur qui enseigne depuis janvier 2003, la physique et l’astrophysique à l’université Américaine de Princeton, là où Einstein et plusieurs prix Nobel ont développé des théories et des projets qui ont émerveillé le Monde.

    Depuis des siècles des hommes et des femmes, avec beaucoup de patience et d’intelligence, combinent des connaissances durement arrachées au ciel. Leurs études ont enrichi l’astronomie auxquels les arabes au moyen âge ont brillamment contribué à son évolution. Le travail d’Al-Farghani consacré à l’étude des mouvements des corps célestes a été traduit en Latin au XIIe siècle.

    L’université de Princeton a formé d’illustres personnages aux États-Unis. C’est une des plus prestigieuses au monde qui a été fondée en 1746 en tant que collège avant de devenir une université en 1896. Cinq hommes politiques sont passés par là, dont le mythique président John F. Kennedy et l’actuel secrétaire d’État à la défense, Donald Rumsfeld. Plusieurs hommes d’affaires, quinze Prix Nobel et surtout l’astronaute Charles Pete Conrad, le troisième homme qui a marché sur la lune.

    Au mois de mai 2005, une équipe de cosmologues de l’université Princeton aux État-Unis, dirigé par un Algérien, a proposé une nouvelle technique pour percer les mystères de l’expansion de l’univers qui se trouve dans une phase d'accélération. La technique proposée pourrait déterminer si l’accélération cosmique est causée par une forme d’énergie nouvelle ou si elle est plutôt due à une rupture de la théorie de la relativité générale d’Einstein au niveau des grandes échelles de distance dans l’univers. L’exposé a été présenté par le Dr Mustapha Ishak-Boushaki à l’occasion du congrès annuel de la société canadienne d’astronomie de Montréal.

    D’après l’Algérien. « L’accélération de l’expansion de l’univers constitue un des plus intrigants problèmes en astrophysique. Ce problème est aussi relié à plusieurs autres domaines de la physique. Nos recherches ont pour objectif de déterminer les causes possibles de cette accélération ».

    Si l’Algérien n’a pas mis les pieds sur la lune comme le souhaitait le poète de Biskra, il contribue par ces recherches à éclaircir les énigmes de l’univers. Ces récentes études publiées en 2005 ont été bien accueillies par la communauté scientifique, elles touchent à un des plus intrigants problèmes en astrophysique moderne. Les revues spécialisées : Physical Review D, Classical and Quantum Gravity, General Relativity and Gravitation... etc., publient les travaux des chercheurs sur acceptation d’un comité de lecture composé d’une équipe de scientifique internationale. Une des publications de l’Algérien a été votée parmi les « highlights » en 2002 dans la revue Classical and Quantum Gravity.

    Le jury du Conseil de Recherches en Sciences Naturelles et en Génie du Canada ne s’est pas trompé en octroyant une bourse scientifique au chercheur Algérien. Dans le document qui accompagne le certificat de bourse (2002-2004), le jury justifie de belle manière son choix : « Cette bourse souligne l’excellence du dossier universitaire, les compétences et le potentiel en recherche, les qualités de leadership ainsi que les talents de communicateur du titulaire ».

    Avant de partir pour les État-Unis, au Canada, l’Algérien figurait parmi les chercheurs honorés. De 1998 a 2000, il a été récompensé par deux fois : le prix du Doyen de l’université Queen’s pour les études avancées (1998-1999) et le prix de l’université Queen’s pour les études avancées (1999-2000). Le gouvernement de l’Ontario lui a décerné deux bourses d’études avancées allant de 2000 à 2002.

    Le Dr Mustapha Ishak-Boushaki a complété son Doctorat en 2002, une thèse sur « l’Études de modèles cosmologiques inhomogènes (Studies in inhomogeneous cosmological models) ». Il nous livre un aperçu des recherches actuelles qu’il mène à l’université de Princeton. « Notre système solaire » dit-il, « est constitué d’un groupe de planètes qui gravitent (tournent) autour du soleil qui est une étoile. Il existe des millions et des millions d’étoiles semblables à notre soleil dans l’univers. Ces millions d’étoiles se regroupent pour former des galaxies. Ensuite des millions de galaxies se regroupent pour former des amas de galaxies et des superamas de galaxies au plus grandes échelles de distance dans l’univers. La cosmologie est une branche de l’astrophysique qui étudie la théorie et la physique de l’univers au niveau de ces grandes échelles de distance ». On peut aller plus loin dans l’explication en se basant sur la théorie des cosmologues qui ont évoqué l’existence d’une forme d’énergie sombre qui produirait une gravitation répulsive plutôt qu’attractive. Mais on ne sait pas encore si elle existe ou pas.

    Mustapha Ishak-Boushaki a quitté l’Algérie très jeune pour venir s’installer à Montréal. Il avait 20 ans et un rêve à la hauteur de ses ambitions. On est en 1987, la dernière année de paix en Algérie avant la révolte qui a conduit a l’embrasement total du pays et au départ, en 1992, du président Chadli Bendjedid après 13 ans de pouvoir. La même période, la vie politique au Canada est secouée par l’accord du Lac Meech, mais la crise se débloque par le dialogue.

    Les pays occidentaux offrent des possibilités énormes aux étudiants et chercheurs des pays du tiers monde pour développer leur savoir et continuer leurs études supérieures dans les prestigieuses universités dotées de moyens et de matériels très développés. C’est la où l’algérien, qui a reçu une bonne formation de son pays, va nourrir ces ambitions d’abord en décrochant en 1994 une licence en informatique de l’université du Québec à Montréal et quelques années plus tard, en 1998, une licence en physique à l’université de Montréal afin de pouvoir dit-il « réaliser mon rêve, faire un Doctorat en Cosmologie ».

    Il a reçu, en 2005, des offres pour un poste de professeur à l’université du Texas à Dallas, un poste de chercheur à l’université de Syracuse et aussi pour un poste de chercheur à la prestigieuse université de recherche Johns Hopkins à Baltimore, là où sont passés les plus brillants hommes des États-Unis.

  10. #10
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    Nourredine Melikechi, physicien atomique, chercheur à la NASA
    « Qu'a-t-on fait pour empêcher la fuite des cerveaux ? »
    « L'argent ça va, ça vient, mais quand ça vient ça va ! » Smaïn
    Rien n'est fait pour encourager les compétences qui continuent de partir chaque année, faisant les beaux jours des pays d'adoption. Où sont les formations diplômantes qui permettent à l'individu une évolution dans sa carrière. L'Etat ne fait rien pour aider la recherche. Les pays occidentaux ne lésinent pas sur les moyens pour dénicher et faire travailler les talents issus des pays émergents, comme l'a écrit Sauvy, si la richesse ne vient pas aux hommes, les hommes vont à la richesse.

    Le phrasé lent, pesé, recherché en français se heurte parfois à des oublis compensés par un parler anglais parfait. D'emblée, on est séduit par sa rigueur, sa sensibilité trahie par son regard bienveillant. On ne saurait évoquer la personnalité de Nourredine sans insister sur la place centrale de la recherche dans tous ses travaux. Il dit avoir rêvé de devenir chercheur et qu'il a toujours œuvré dans ce sens. Doté d'une sensibilité curieuse, ouverte, éclectique où la passion de « trouver » n'exclut pas l'admiration pour les grands savants qui ont tant apporté à l'humanité, Nourredine se définit avant tout comme un « scientifique universaliste. » En fait, il est cet intellectuel qui réfute avec une intelligence toute moderne les dogmes et les positions figées. Ce jeune homme, que passionnent à la fois la physique, la musique, la lecture et le foot et qui a connu un parcours classique, a tracé un sillon bien à lui. Il a compris qu'il ne pouvait se suffire de ses acquis routiniers qui sont le commun de ses condisciples.
    Aussi, a-t-il emprunté des chemins singuliers. Il a eu la chance de gagner l'Amérique, où il vit et exerce depuis 1990, au milieu d'autres intellectuels exilés. Une autre période fondatrice de sa vie, où il revendique l'autonomie du savant à l'égard du politique. « Ce fut un privilège immense et incroyable pour moi d'être admis parmi les chercheurs de renom dans un milieu où l'excitation intellectuelle intense encourage à aller toujours plus loin dans une ambiance qui favorise l'épanouissement. » Nourredine fait partie de cette frange qui a quitté le pays sans regret, parmi l'équipée qu'on appelle communément « la fuite des cerveaux ». La fuite des cerveaux ? Le vocable le fait sursauter. A-t-on espoir que toutes ces matières grises reviendront un jour pour apporter leur savoir, leur savoir-faire à leur pays... ? La question déclenche un hochement de tête navré, des yeux levés au ciel, nous indiquant poliment d'aller chercher les causes qui sont à l'origine de ces départs sous d'autres cieux plus cléments, plus hospitaliers et certainement moins hostiles à la recherche. « Le chercheur y est nettement bien considéré. C'est vous dire que ce n'est pas uniquement une question de rémunération », ajoute-t-il, l'air agacé.
    Formé en Algérie
    La lecture des statistiques dans toute leur froideur fait froid dans le dos. Ces dernières années, l'Algérie a perdu 40 000 chercheurs dans tous les domaines. Dans les 25 prochaines années, l'Algérie risque de perdre toutes ses compétences. La matière grise algérienne, au départ limitée à la France pour des raisons de proximité géographique est aujourd'hui présente partout, notamment aux Etats-Unis et au Canada. Parmi les élites, chouchoutées par l'étranger en raison de leurs compétences, on compte près de 500 scientifiques de haut rang. Pour se donner bonne conscience, les décideurs algériens avancent l'idée que ce phénomène n'est pas exclusif à notre pays, mais feignent d'ignorer qu'aucune stratégie n'a été mise en place pour juguler ou atténuer cette « érosion » qui est un manque à gagner flagrant pour le pays, à l'origine de la métaphomorphose de ces élites. A titre d'exemple, les chercheurs algériens démunis, déshérités sont lotis à la même enseigne que leurs collègues enseignants et autres hauts cadres de l'Etat, victimes d'une politique salariale dont on peut penser amèrement et à haute voix qu'elle méprise le savoir et la connaissance.
    Nourredine n'en dit pas moins, lui qui a bien voulu nous en dire plus dans la maison familiale, sur son itinéraire atypique. Nourredine Melikechi est né en 1958 à Thénia, où il a fait toute sa scolarité primaire avant de joindre le lycée Abane Ramdane à El Harrach et enfin l'université de Bab Ezzouar. C'est dans ce campus qu'il sort avec dans la poche son DES en physique en 1980. Puis, il s'inscrit à l'université Sussex en Angleterre, où il décroche avec panache son PHD. De retour au pays, il effectue son service national à Mouilah, près de Djelfa, puis à l'université de Bab Ezzouar avec le titre d'enseignant chercheur. L'appel du large et le désir de s'affirmer davantage, de connaître d'autres sensations le transportent aux Etats-Unis au début des années 1990. Mais qu'est-ce qui a pu le pousser à quitter le pays qui en avait grand besoin ? « Le contexte social, économique et sécuritaire ne s'y prêtait pas. Il vous mentira celui qui vous dira qu'on pouvait faire quelque chose à l'époque. Je ne vous cache pas que je voulais participer à un effort universel plutôt que de me perdre dans les méandres de l'incertitude. » Nourredine nous fera part des questionnements qui l'ont envahi dès son arrivée aux Etats-Unis.
    « Il fallait batailler dur, prouver. Dans ce contexte, la nationalité ne compte plus. On est scientifique au service de l'humanité, c'est tout. J'avais un PHD, une culture scientifique et je parlais anglais et puis j'ai eu la chance de trouver des profs qui m'ont donné l'opportunité de faire ce que je voulais. » Que voulait, en fait, cet Algérien bon chic bon genre armé de son seul savoir et de sa volonté ? « Je suis physicien atomique et moléculaire. Ma vocation est la recherche sur les différences qui existent entre les isotopes, en utilisant des lasers et surtout voir l'interaction entre la lumière et les atomes. C'est beaucoup moins coûteux que faire de la physique nucléaire sur un accélérateur », considère-t-il en ajoutant qu'il a aussi fait des études d'amplification de laser pour arriver à des mesures précises à des niveaux exceptionnels. Nourredine a également fait des études de détection pour étudier les impuretés avec beaucoup de matériaux dont les fibres optiques. Le chercheur a fait de la télécommunication laser. Le tout financé par la National Science Fondation des Etats-Unis, la Nasa et le programme dirigé par le Congrès.

    Pas seulement pour l’argent Nourredine, avec ses collaborateurs, a poussé la recherche plus loin en travaillant sur la détection dans les milieux bio-médicaux. « C’est ce que je fais actuellement avec beaucoup de passion. J’ai un groupe de recherche sur la détection des signes précoces, en particulier le cancer des ovaires, une maladie silencieuse où de surcroît, il n’y a pas de symptômes. Quand on se rend compte, c’est souvent trop tard. Aux Etats-Unis, 26 000 en meurent chaque année. La bonne nouvelle est que si l’on détecte très tôt, on peut guérir 95% des cas. Ce que l’on fait du point de vue technique, on crée des nano-particules qu’on attache à des protéines bien spécifiques et des marqueurs et on les suit. On fait ce travail avec le plus grand centre de recherche des Etats-Unis. Ce que l’on fait ne se limite pas au cancer, mais peut concerner d’autres maladies », explique-t-il. Son regard sur l’université qui l’a formé est sans équivoque. « Je lui suis reconnaissant. A mon avis, la recherche, c’est essentiel dans le cursus universitaire et ce n’est pas un luxe réservé seulement aux pays développés. On doit préparer les étudiants à faire partie de ce mouvement de recherche et sortir des sentiers battus et du train-train quotidien. Cela doit commencer très tôt en libérant et développant l’initiative. Seulement, il faut définir des priorités de recherche. Vous savez, les Etats-Unis étaient très pauvres dans les années 1930. Ils se sont lancés dans le progrès, en s’appuyant sur les richesses naturelles mais aussi sur le facteur humain. Il faut que la recherche ait un impact économique et les décideurs doivent savoir où ils veulent aller. Je suis directeur du centre de recherche de l’Etat où je réside. Croyez-moi, il y a une synergie formidable entre les compagnies, les entreprises et l’université. Qu’est-ce qui empêche de faire de même ici ? », s’interroge-t-il en donnant l’air que cela peut se réaliser. Mais qu’est-ce qui empêche que lui, le chercheur émérite, revienne chez lui en Algérie ? L’hémorragie, jusqu’à quand ? « C’est utopique. Revenir pour faire quoi ? Il y a bien des compétences ici, demandez leur ce qu’elles ressentent. Pourquoi ne pas faire comme la Chine et l’Inde qui ont fait ériger des passerelles avec leurs élites établies à l’étranger. Cela atténue le déficit, car il ne faut pas oublier qu’on est en plein dans la globalisation et que les nationalismes ont tendance de plus en plus à s’effacer. » Puis Nourredine pour étayer ses thèses nous emmène dans son milieu singulier où il travaille avec des chercheurs venus de divers horizons. « Actuellement, on travaille avec la Nasa sur le développement du laser pour détecter la vie sur Mars. Sur les rochers ramenés de cette planète, on s’attache à savoir s’il y a de l’oxygène ou d’autres minéraux. On a des collaborateurs avec d’autres universités de par le monde. J’espère qu’on va le faire avec Bab Ezzouar. Mais je persiste à dire que la recherche c’est une question de volonté politique. » Nourredine a-t-il des conseils à donner aux jeunes Algériens attirés par la recherche ? « Il faut que les jeunes aiment ce qu’ils font et s’ouvrent sur le monde et pas seulement la France dont les systèmes sont parfois désuets. Il faut apprendre la langue universelle qu’est l’anglais. Il est nécessaire que les jeunes croient entre leur initiative et leur imagination et qu’il n’y ait pas que la rigueur qui détermine la recherche. L’école algérienne malheureusement ne fait pas cela. Il faut qu’elle s’implique dans la globalisation. » Nourredine est un passionné de foot qu’il pratique à l’occasion, alors que ses enfants, Omar, 18 ans, y joue assidûment et que sa fille Lilia,16 ans, est affiliée dans un club de tennis. Dans l’Etat où il réside, la communauté musulmane est infime. Selon Nourredine, les Américains ne connaissaient que peu ou prou les Arabes et les musulmans. Depuis le 11 septembre 2001, leur connaissance s’est accrue de manière exponentielle. « Il ne faut pas oublier que la communauté musulmane aux Etats-Unis est classée au deuxième rang, sans en être la plus influente. » L’élection d’Obama ? « Elle est historique. Cela prouve que les gens de bonne volonté existent. Le système n’est pas discriminatoire et permet aux citoyens de se hisser dans l’échelle sociale. Son élection est une leçon. Puisse-t-elle inspirer certains pour qui le renouveau ou le renouvellement du personnel politique est une vue de l’esprit. » Parcours Issu d’une famille de 5 enfants, Nourredine Melikechi est né en 1958. à Thénia. Mais ses racines sont à Sidi Naâmane, quelques contrées plus loin. Après des études en Algérie, il se trouve depuis plusieurs années aux Etats-Unis où il compte parmi les physiciens les plus en vue. En 2003, il a obtenu le SMART Aworld parmi les quatre scientifiques du Middle East. Il a eu les félicitations du Congrès. Il a à son actif des brevets (Etudes sur les polymères dentaires), et participe régulièrement aux congrès liés à sa discipline, dont le dernier récemment à Alger. Attaché à sa mère, à son père Saïd, hospitalier (l’un des rares à continuer à faire fonctionner l’hôpital de Thénia, à l’indépendance) et à toute sa famille, il l’est aussi pour le pays. N’a-t-il pas réussi à réunir une quantité importante d’ouvrages scientifiques destinés à l’université algérienne, dont le coût est en milliers de dollars, mais qui n’arriveront jamais à destination en raison de l’indifférence de l’ambassade algérienne à Washington, se considérant « non concernée ». Ce fait nous a été rapporté par un de ses proches. Trop pudique, Nourredine n’en a jamais parlé… Père de 2 enfants, notre chercheur vit aux Etats-Unis depuis le début des années 1990.
    el watan

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