Agée de 24 ans, Mélanie Stark a perdu son poste dans la fameuse chaîne de magasins Harrods pour une sombre histoire de maquillage, lit-on dans la presse britannique. La jeune employée quitte Harrods après que son directeur l'a reléguée dans l'arrière-magasin afin que les clients ne le voient plus et qu'elle ne ternisse pas l'image du grand magasin.

"Maquille-toi ou rentre chez toi"
La raison? Mélanie refusait de se plier aux exigences de son employeur en matière de look. Or pour travailler chez Harrods, il faut adopter le style vestimentaire imposé par la chaîne, mais aussi le maquillage ad hoc. Une pointe de superficialité dont Mélanie n'était pas fan, et se passait d'ailleurs très bien, étant une jolie fille. Pour la photo de Mélanie au naturel, cliquez ici.

Mélanie Stark était par ailleurs une bonne vendeuse. Durant les cinq ans durant lesquels elle a travaillé chez Harrods, elle n'a eu que des remarques positives des clients. Malgré tous ces bons points, Mélanie a été priée de suivre un atelier cosmétique (ndlr: sorte de leçon pour apprendre à se maquiller): "Et de la sorte, vous ressemblerez davantage à ce que vous essayez de vendre", a entendu Mélanie.

"J'étais choquée", explique-t-elle. "C'était offensant. En fait, ils tentaient de signifier que je serais mieux de la sorte. Je ne comprends même pas qu'ils trouvent normal de dire ce genre de choses. Je sais ce à quoi je ressemble avec du maquillage, j'en ai déjà porté, mais pas sur mon lieu de travail. Et je ne vois pas pourquoi Harrods devrait me dicter quels cosmétiques porter pour aller travailler. (...) J'étais heureuse de mon travail et maintenant j'en suis chassée".

Code vestimentaire au millimètre
Pour travailler chez Harrods, chaque employé est confronté à un code vestimentaire, le "Harrods dresscode", long de 13 pages, auquel la jeune femme répondait en tout point, excepté sur le port de maquillage. Tout se passait à merveille jusqu'au mois d'août dernier, où son manager lui a fait remarquer son absence de maquillage et l'a renvoyée à la maison après son tour d'inspection du personnel.

"Entendre que votre visage tel quel ne convient pas est extrêmement dégradant", écrit alors Mélanie à la direction. Le lendemain, sans autre forme de procès, la jeune vendeuse est reléguée dans l'arrière-boutique, afin que plus un client ne l'aperçoive. "Tu te maquilles ou tu t'en vas" lui a signifié son responsable, précisant cependant qu'un petit trait d'eye-liner et du rouge à lèvres suffiraient amplement. Mais pour Mélanie Stark, estimant qu'il s'agissait d'une question de principe, c'était hors de question.

Trois semaines après "l'incident Stark", un nouveau responsable d'étage a explicitement fait savoir à toutes les vendeuses qu'elles "devaient" (et non "pouvaient") porter du maquillage pour travailler. Le transfert de Mélanie a alors été organisé. La jeune femme, scandalisée, a décidé de plier bagages et envisage de porter plainte.

Discriminée? Oui, si les hommes sont épargnés
Selon le Daily Mail, Clare Murray, avocate spécialisée dans le domaine, affirme qu'il y a une base légale pour déposer une plainte pour discrimination liée au sexe. Afin d'étayer la plainte, il faudra alors démontrer que le dresscode des dames est plus sévère, différent et détaillé que pour les hommes travaillant chez Harrods. En effet, la loi britannique autorise les employeurs à exiger des tenues de travail différentes pour les employés masculins et féminins, mais à condition que l'effort final soit identique sur les deux sexes. Ce qui reste, en somme, difficile à démontrer pour l'employeur s'il veut se défendre.

Mais chez les hommes de chez Harrods non plus, se préparer pour aller au travail ne relève pas de la négligence. Par exemple, les favoris doivent répondre à une dimension maximale autorisée. "Tout le personnel doit respecter les normes qu'il a acceptées le jour où il a décidé de se joindre à notre équipe", déclare le porte-parole du magasin. "Il s'agit d'avoir une apparence soignée. Sur notre rapport, il est indiqué que Mélanie Stark ne s'est pas conformée à ce code vestimentaire établi. Ensuite, elle a décidé de quitter son emploi, mais sans faire référence à des raisons d'apparence", ajoute encore la chaîne de luxe.

Logique ou abusif?
Le cas du code vestimentaire imposé chez Harrods n'est certainement pas le seul dans le milieu des cosmétiques et du pret-à-porter de luxe. Mais même en admettant l'idée de base qu'un employé doit "vendre son produit", accepteriez-vous de telles normes au travail? Dans quelles limites? L'employeur est-il libre de faire disparaître des rayons un(e) employé(e) dont l'apparence physique ne répond pas à son idéal de la beauté?

(acx)