Bientôt, la carte géologique de la Terre sur Internet


Le projet, baptisé OneGeology, doit permettre de visualiser le sous-sol de l'ensemble des terres émergées à l'échelle du 1/1 000 000.


Un projet qui se veut une réponse aux enjeux planétaires de demain.

Google Earth, le site Internet *gratuit qui permet de survoler sur son écran d'ordinateur la planète entière à partir de photos satellites, fait des émules. La première carte géologique numérisée de la Terre est en cours de construction et devrait être bientôt complète. Un point sur l'avancement des travaux a été présenté lors du 33e congrès géologique international qui se termine jeudi à Oslo.

Le projet, baptisé OneGeology, devrait donc permettre de visualiser le sous-sol de l'ensemble des terres émergées à l'échelle du 1/1 000 000 (un centimètre représente 10 kilomètres). Près des trois quarts des terres sont déjà couvertes. À l'avenir, des cartes à des échelles plus détaillées seront mises en place et des connexions pourraient être faites avec des données relatives aux fonds océaniques.

Concrètement, le site n'apporte pas de connaissances scientifiques nouvelles, il vise à rassembler des données publiques, mais souvent difficilement accessibles et éparpillées un peu partout, et à les rendre disponibles à tous. De fait, OneGeology constitue une nou*velle étape dans la globalisation de l'information géographique. Même s'il est certain que le nouveau site n'attirera pas autant d'internautes que Google Earth ou le Géoportail français, il devrait être utile à de nombreux professionnels et amateurs éclairés. Ses initiateurs ont d'ores et déjà assuré qu'ils comptent améliorer rapidement sa fonctionnalité afin de le rendre accessible aux écoliers et à un public averti.

Un enjeu mondial

Lancé en mars 2007 par le British Geological Survey (BGS), le projet est soutenu par l'Unesco et cinq autres organismes de l'ONU. Le BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières), qui a effectué la numérisation géographique de l'ensemble des données géologiques françaises assure le développement et l'hébergement du portail mondial. L'organisme français, dont le siège se trouve à Orléans, voit ainsi ses compétences reconnues en matière d'inter*opérabilité des données sur le Web (possibilité de partage), la problématique au cœur du projet.

OneGeology constitue le programme phare de l'année 2008, Année internationale de la planète Terre. Au congrès d'Oslo, plusieurs intervenants ont pourtant émis quelques critiques. Ils craignent avant tout que l'information mise sur le site ne soit pas d'une qualité irréprochable. A contrario, ses partisans soulignent que la connaissance du sous-sol constitue un enjeu mondial et plus seulement national et que la géologie doit sortir de son petit cercle d'initiés. «Il faut faire le catalogue de ce qui *existe déjà sans attendre que tout soit harmonisé (légendes, échelles, etc.)», affirme ainsi François Robida, un des responsables du système d'information du BRGM.

«Connaître la nature des roches sur lesquelles nous vivons est devenu essentiel, et partager cette connaissance à un moment où l'environnement mondial est en pleine mutation est absolument crucial», estime de son côté Ian Jackson, chef du projet au sein du BGS. Des problématiques planétaires aussi différentes que l'épuisement des réserves pétrolières, la préservation des ressources souterraines en eau, le stockage géologique du CO2 ou des déchets nucléaires montrent le rôle central que la géologie pourrait jouer dans les années à venir. Les rivalités nationales qui se font jour en matière de richesses minières laissent espérer aussi que le partage des données contribue un jour à réduire les tensions.

Le Figaro