Page 1 sur 8 123 ... DernièreDernière
Affichage des résultats 1 à 10 sur 73

Discussion: M'hadjya !

  1. #1
    Membre F.A.M. Avatar de dahmane1
    Date d'inscription
    mai 2011
    Localisation
    http://www.youtube.com/watch?v=XdADfL8bhEU
    Messages
    8 562

    Par défaut M'hadjya !

    la fille du roi Bagui

    II était une fois une princesse nommée Sébahi, si belle que tous les jeunes gens du monde désiraient l'épouser. Mais elle refusait toutes les demandes de fiançailles, en disant :
    - " Celui qui sera mon époux n'est point parmi vous. "
    Un jour pourtant, un diable de brousse alla consulter un marabout et lui demanda quel moyen utiliser pour gagner le cœur de Sébahi.
    - " Cher génie, je vous prie de m'indiquer comment conquérir la fille du Roi, la princesse Sébahi.
    - "J'accepte de te le dire, répondit le génie qui avait l'apparence d'une chenille. Le diable était à ce moment-là, la bête la plus laide que l'on puisse imaginer. Il réclama tout d'abord la beauté.
    - " Si tu vas demander au singe de brousse, ses cheveux blonds, dit le génie ; si tu remplaces tes dents par des champignons choisis parmi les plus blancs, car tes dents de diable ressemblent à celles des éléphants et tout le monde a peur de toi ; si tu prends les pieds d'une taupe, les yeux d'une musaraigne, la belle figure d'une girafe ; si tu fais tous ces emprunts, tu seras beau."

    Le Guinarou remercia la chenille, et alla chercher tout cela. Il devint alors très agréable à regarder et le sut. Aussi se mit-il sans retard en route pour aller présenter sa candidature à la jeune fille. Lorsqu'il arriva à son village, il s'était transformé en un homme très important.

    Sébahi aima de tout son cœur ce Guinarou qui venait solliciter sa main. Elle dit : - " Celui-ci sera mon mari pour l'éternité. Alors la petite sœur de la princesse qui était sa gardienne, fut prévenue par la mouche tsé-tsé sa protectrice et intervint
    :- " Ah ma sœur ! ce n'est pas un homme que tu vas épouser. C'est un habitant de la brousse. Sébahi répondit
    : - "Vas-t'en, tu m'ennuies. La petite sœur se mit à pleurer sur le malheur de Sébahi qui ne connaissait pas son destin.
    Zédé fiança la fille. Il passa une belle nuit avec elle et au lever du jour les parents leur apportèrent à manger, ignorant qu'un diable avait emprunté aux habitants de la brousse, toutes les parties de son corps pour séduire leur fille. Lorsqu'ils furent rassasiés, Sébahi fut autorisée à partir avec lui.
    Sa jeune sœur lui dit alors
    : - " Va dans la case où dorment les chevaux de ton père. Prends le plus petit que tu trouveras et monte-le pour accompagner ton fiancé. Comme ça, il ne t'arrivera rien de mal.
    - " Comment oses-tu me parler ainsi, à moi la princesse ? la reine du monde ? Il ne peut rien m'arriver de mal. C'est impossible. La petite ne put s'empêcher de pleurer : " Sébahi va mourir. Elle ne connaît pas son avenir, elle ignore le malheur qui va la frapper. " Elle pleurait interminablement. Pour arrêter ces larmes, Sébahi alla chercher le petit cheval de son père, accepta des mains de sa sœur un œuf de poule, une pierre blanche et un brin de raphia. Puis elle partit avec son fiancé.
    Lorsqu'ils eurent parcouru une longue distance, ils trouvèrent devant eux à un détour de la piste, le champignon qui avait prêté ses dents au Guinarou. Il parla :
    - " Ah ! bonne arrivée cher ami. Je suis heureux de te voir car les dents que tu m'as données en échange des miennes m'ont empêché de manger. Je ne puis dormir, car depuis ton départ, la faim me tenaille. Sébahi entendant ces mots, se souvint de la mise en garde Je sa sœur et se demanda si ce qu'elle voyait était vrai.
    - " Je ne vais pas plus loin, je retourne chez mes parents, dit-elle au diable.
    - " Non, c'est impossible car tu commences à voir mon personnage. Continuons tu seras ma femme, répondit le Guinarou.La jeune fille ne pouvait s'échapper car la distance était déjà trop longue. En suivant le Guinarou, elle hochait la tête de désespoir : " Vraiment, je suis dans le malheur et le chagrin... "
    Plus loin ils rencontrèrent sur la piste, la taupe qui les attendait.
    - " Ah ! bonjour cher ami. Les longs pieds que tu m'as laissés en échange des miens m'empêchent de marcher. Avec eux je ne puis couper les petits roseaux que j'aime tant grignoter. Te voici arrivé à point. Prends tes pieds et rends-moi les miens. Et le diable rechaussa ses grands pieds. Sébahi était très inquiète.
    Ils reprirent le chemin et arrivèrent au village de la musaraigne.
    - " Ah ! dit celle-ci, bonne arrivée mon ami. Avec les gros yeux que tu m'as donnés en échange des miens, je ferme très difficilement les paupières et je vois les objets tout drôlement aujourd'hui. Puisque tu es là, reprends tes yeux et rends-moi les miens. Et le Guinarou lui rendit ses yeux. La femme suivant son mari qui ressemblait de plus en plus au diable, chemina jusqu'au village de celui-ci. Ils se marièrent et reprirent leur route.
    Guinarou marchait à pieds et Sébahi suivait, montée sur son petit cheval. Ils parvinrent ainsi au village du singe blond.
    - " Ah ! tu as épousé la fille du Roi, la princesse ? C'est très bien. Merci mon ami. Tu es brave. Mais les cheveux que tu m'as laissés en échange des miens appesantissent ma tête et l'empêchent de bouger quand j'ai envie. Rends-moi ceux qui me reviennent et prends les tiens. Et la fille le cœur battant continua son chemin.
    Le diable devenait de plus en plus laid. Il était si horrible qu'aucun être humain ne pouvait le regarder. Et Sébahi qui avait refusé d'épouser un homme dont la beauté n'égalât pas la sienne, eut peur. Elle courba la tête et pensa à la mort. Il ne restait à présent au diable plus que son visage de girafe à restituer. En son cœur, la fille se dit :
    - "Bien qu'on lui ait enlevé ses dents, ses pieds, ses yeux, ses cheveux, je peux encore si je le désire contempler son visage. L'un suivant l'autre, ils parvinrent à la grande savane abritant derrière se" buissons, le village des girafes.
    - - " Bon, dit le Guinarou à Sébahi, attends-moi ici sans bouger. Je m'en vais uriner derrière le buisson que tu vois. Et il s'éloigna. Il rencontra la girafe qui lui demanda de lui rendre son beau visage et lui, retrouva sa vilaine gueule, sa bouche affreuse crachant, le feu. Ayant ainsi repris complètement son apparence de diable, il rejoignit sa femme, Sébahi la jeune fille.
    Lorsque le petit cheval aperçut sa bouche fumante, il eut très peur et hennit très fort. Il se cabra, fit volte-face et emporta la jeune fille au triple galop. Derrière eux, le diable prit sa course et la poursuite commença. Le cheval courait si fort qu'il se trompa de route et s'engagea sur la piste conduisant au village où les femmes ne vont jamais. Le diable s'aperçut de l'erreur, mais Sébahi jeta l'œuf de poule et une mer immense barra le chemin au Guinarou. Arrivant sur le rivage, celui-ci dit
    : - " Toi la mer, si ce n'est pas là la manière de ma première épouse, ne me laisse pas le passage pour que je la rejoigne. Il donna un coup de lance et comme elles étaient l'oeuvre de Sébahi, les eaux se fendirent, ménageant un étroit couloir. Le diable s'y précipita et reprit sa poursuite.
    Il courut si vite qu'il fut bientôt près de Sébahi. Alors elle jeta la brindille de natte et une forêt dense, si dense qu'aucun mari ne pouvait y passer, qu'une aiguille n'y trouverait pas son chemin, surgit entre eux. Et le diable répéta sa prière :
    - " Si cette forêt n'est pas l'œuvre de la main de ma première épouse, qu'elle ne me laisse pas le passage. Mais si c'est son ouvrage, ouvre-moi mon chemin. Il tira une flèche et une route toute droite s'ouvrit, sur laquelle il s'élança. Et la poursuite continua.
    Le diable courait. Il se rapprochait. Pour la troisième fois, il était près de Sébahi. Bientôt, il pourrait la saisir. Alors elle jeta la pierre blanche et une grande montagne se dressa, très haute, énorme, rocheuse, colossale. Le Guinarou se mit à genoux :
    - " Si cette montagne n'est pas l'œuvre de la main de ma première épouse Sébahi, qu'elle ne me laisse pas le passage. Mais si c'est le fait de ma simple femme, délivre-moi de cet obstacle, afin que je puisse passer.
    - Quand il donna de la lance contre le roc, son arme se brisa en deux.
    - - "Bon, dit le diable en regardant sa lance, Sébahi, je sais que tu vas dans le village où les femmes ne peuvent pénétrer.
    Élevant sa voix formidable, il appela ses camarades démons à la rescousse, pour qu'avec lui, ils attendent la jeune fille sur la montagne et la tuent, lorsqu'elle se trouvera dans l'obligation de revenir sur ses pas. Toujours galopant, le cheval tourna sa tête et approchant ses naseaux de l'oreille de Sébahi, lui dit
    : - " Nous voyons les cases du village où les femmes ne vont pas. Ici, sur mon épaule gauche, arrache un poil afin qu'il te serve de pantalon. La jeune fille enleva le poil et celui-ci devint un pantalon qu'elle enfila.
    Le cheval parla encore
    : - " ... de l'autre côté, sur mon épaule droite, arrache un second poil pour qu'il te serve de boubou. Elle obéit et s'enveloppa d'un ample boubou.
    - "... regarde sur mon cou, ajouta l'animal. Prends un autre poil et qu'il te serve de chéchia. Et Sébahi se coiffa d'une chéchia.
    - - " Bon, dit le petit cheval en la regardant, c'est bien. Maintenant tourne-toi vers le bout de ma queue, tire un crin et que cela te serve d'épée. Porte-la suspendue à ton cou. Et la jeune fille fit ce que le cheval commandait.
    - - " ... prends ici au coin de ma paupière gauche, un cil, et fais-t'en une paire de babouches. Quand tout ceci fut fait, la jeune fille avait pris l'apparence d'un homme.
    Elle s'approcha du village interdit, y pénétra, demanda à voir le chef en se présentant comme le Roi d'un autre pays, venant faire une visite de voisinage. Le chef la reçut courtoisement. Mais une vieille sorcière, de celles qui prévoient la gâti de toutes choses, qui disent ce qui est bien, mauvais, mérité, ce qui n'est pas dû, soupçonna une fraude en voyant Sébahi et déclara :
    - " Je m'en vais faire l'épreuve des kolas. Elle fendit en deux une kola blanche envoyée par le chef.
    - " ... lorsque je les aurai lancés, si les deux morceaux de noix retombent la face en l'air, c'est que le visiteur est garçon. Si l'une seule des faces est tournée vers le sol, c'est que nous avons affaire à une femme. L'épreuve devait avoir lieu devant le chef, mais il l'interdit au dernier moment et ses hommes l'approuvèrent.
    - " Non. Ce que vous soupçonnez est faux. Cette épreuve ne nous donnera pas la vérité. L'étranger est un garçon. Mais si vous voulez que nous nous en assurions demain à l'aube, tous les jeunes hommes du village partiront aux champs et en rapporteront vingt gourdes de vin de palme très fort et dix de vin de palme sucré. Ils faisaient tous ces projets à l'insu de Sébahi qui était allée dormir dans une case.
    - - " Lorsqu'on va lui présenter le vin, disaient-ils, si c'est une femme elle ne pourra pas boire le vin fort. Elle ne goûtera qu'au vin sucré. Elle révélera alors son sexe et nous la tuerons. Si au contraire, c'est un homme, il choisira le vin fort et nous le laisserons aller.
    Ainsi parlaient le chef et ses hommes. Mais le cheval veillait. Resté à côté de la case, il avait tout entendu.
    - - " Demain, dit-il à la jeune fille, on t'offrira du vin. Ne touche pas aux dix gourdes qui seront mises à part. Sers-toi de celui des vingt autres qui se trouveront à côté. Au matin, le chef du village fit apporter les trente gourdes. Il groupa les dix de vin sucré, les vingt de vin fermenté et les présenta à Sébahi. Elle tendit la main, saisit une gourde de vin sucré, la porta à ses lèvres :
    - - " Oh ! on dirait de la limonade s'écria-t-elle. Ce n'est pas bon. C'est une boisson de femme, je n'en veux pas. S'emparant d'une gourde de vin fermenté, elle le goûta.
    - " Voilà ce que je préfère boire ! Le cheval l'avait prévenue. " Ce que tu boiras, avait-il dit, c'est moi qui l'urinerai. Donc bois autant que tu pourras. "
    Sébahi but ainsi les vingt gourdes de vin fermenté. Le chef et ses hommes dirent alors à la sorcière
    - : - " Regarde, elle a bu les vingt gourdes de vin fort. Voilà la preuve qu'il s'agit d'un homme. Tu nous as trompés et nous te tuerons à sa place. Ils exécutèrent leur menace. Lorsque la jeune fille fut prête à partir, elle monta sur son cheval, fit ses adieux au chef, aux hommes qui reçurent l'ordre d'accompagner l'étranger jusqu'au prochain carrefour. Arrivée là, la princesse renouvela son salut. Une fois loin d'eux, elle cria :
    - "A vous qui dites que les femmes ne pénètrent jamais dans votre village, je dis que moi, Sébahi, fille de Roi, j'y suis entrée et qu'à cause de moi vous avez tué votre vieille. Aujourd'hui je connais votre manière de vivre.
    Et elle s'élança au grand galop de son cheval. Le chef et ses hommes prirent leurs montures, s'armèrent de lances, de flèches et se mirent à sa poursuite. Le petit cheval courait, courait devant. En arrivant au pied de la montagne formée par la pierre polie, il prit son élan et la franchit d'un bond. Il retomba sur le sol devant le Guinarou et ses hommes tous surpris. Avant qu'ils aient pu reprendre leurs esprits, il était déjà loin et derrière lui courait le diable et son train.
    Après un long galop, il atteignit le village du père de Sébahi. Là, les parents et la sœur, le cœur inquiet se désolaient. Ils se réjouirent tous grandement en la retrouvant. Revoyant son village, la jeune fille rassembla les habitants et leur parla ainsi :
    - " Les conseils des parents et des petits enfants peuvent sauver la vie d'un homme. L'histoire est à présent terminée. Lorsque votre petite sœur ou votre petit frère vous donnera un conseil, ne dites pas
    : " Comment toi si petit, tu veux me commander ? ". "

    Source : Dynamique de la société ouobé, Girard J., IFAN 1967

  2. #2
    Membre F.A.M. Avatar de au_gré_du_vent
    Date d'inscription
    janvier 2010
    Messages
    13 485

    Par défaut

    salam Dahamne,
    je l'ai lu jusqu'au bout et d'un trait!
    merci! Cela m'a rappelé ma tendre nefance
    Le hasard, c'est peut-être le pseudonyme de Dieu quand il ne veut pas signer

    Théophile Gautier

  3. #3
    Membre F.A.M. Avatar de la terre
    Date d'inscription
    novembre 2010
    Localisation
    ici-bas
    Messages
    2 391

    Par défaut

    dahmane,merci
    ma mère me racontait plein d'histoires et c'etait génial !
    J'aime les paysans ,ils ne sont pas assez savants pour raisonner de travers

  4. #4
    Membre F.A.M. Avatar de dahmane1
    Date d'inscription
    mai 2011
    Localisation
    http://www.youtube.com/watch?v=XdADfL8bhEU
    Messages
    8 562

    Par défaut

    Saha ftourkoum Gré, terre

    C’était le beau vieux temps, loin des chaînes diaboliques ! Malheureusement on se parle plus, pire encore on s’écoutent plus…

  5. #5
    Membre F.A.M. Avatar de la terre
    Date d'inscription
    novembre 2010
    Localisation
    ici-bas
    Messages
    2 391

    Par défaut

    saha ftourek dahmane
    maintenant on parle à des inconnus à travers un écran !
    J'aime les paysans ,ils ne sont pas assez savants pour raisonner de travers

  6. #6
    Membre F.A.M. Avatar de dahmane1
    Date d'inscription
    mai 2011
    Localisation
    http://www.youtube.com/watch?v=XdADfL8bhEU
    Messages
    8 562

    Par défaut

    Citation Envoyé par la terre Voir le message
    saha ftourek dahmane
    maintenant on parle à des inconnus à travers un écran !
    Je continue à espérer la création par des algériens d’une association « SOS Algérie » basée à l’étranger ! pour que toutes les petites Imane aillent bien et pour qu’elles ne soient pas un simple fait divers…

  7. #7
    Membre F.A.M. Avatar de dahmane1
    Date d'inscription
    mai 2011
    Localisation
    http://www.youtube.com/watch?v=XdADfL8bhEU
    Messages
    8 562

    Par défaut les musulmans ne mangent pas le porc ?

    " Autrefois, les Musulmans mangeaient la chair du porc. Puis un jour, à la tête d'une armée, un grand chef musulman partit en guerre. Lui et ses tirailleurs marchèrent des jours et des jours, emportant avec eux leurs provisions de route.

    Après des semaines, la malheureuse armée se trouva dépourvue d'eau. Pas une seule trace de rivière ou de marigot. Issakia le chef ordonna que chacun s'élançât dans la forêt pour rapporter de l'eau. L'armée entière se mit donc à sa recherche. En vain les hommes explorèrent les taillis. Toutes les sources étaient taries et les rivières desséchées. Le désespoir s'empara des hommes qui faillirent abandonner la lutte, quand Issakia les rassembla pour les consulter.
    Dès qu'il prit la parole, une belle perdrix aux plumes tachetées de bleu et de blanc survint et, battant l'air de ses ailes au-dessus de leurs têtes, alla se poser à ses côtés. La foule des soldats la regarda aussitôt. Elle était toute mouillée, son corps était frais.
    - " Belle perdrix divine, lui demanda Issakia, nous te prions mon armée et moi de nous être aimable, car il y a plus de six jours que nous mourons de soif. Je te demande de m'indiquer d'où tu viens, avec tant d'eau sur les ailes? "
    - Un grand silence s'était fait dans l'armée. La perdrix s'ébroua et répondit :
    - " Mes chers amis, ce n'est pas la peine que je vous le dise, car la rivière est trop loin d'ici. " Issakia implora à genoux qu'elle enseignât au moins la direction à prendre.
    - " Comment belle perdrix, aurais-tu encore des gouttes sur tout le corps, si le lieu d'où tu viens était si éloigné ? "
    - Méchamment, l'oiseau répliqua
    - : - "Mon cher ami, j'ai des ailes et je vole vite. Voilà pourquoi je suis restée mouillée. "
    A ces mots, elle s'envola laissant Issakia et son armée dans le doute et le regret.

    La pitoyable troupe reprit sa marche, très lasse. Déjà certains mouraient. Soudain, la vue d'un porc leur redonna espoir à tous. Issakia, d'une voix " plaideuse " s'adressa à l'animal couvert de boue
    : - "Joli porc, ne peux-tu nous indiquer d'où tu arrives, ainsi couvert de boue? Regarde mon armée. Nous partons en guerre, mais le manque d'eau nous y fera renoncer. Vois mes gardes mourir. Ne serais-tu pas gentil de nous conduire à la rivière dans laquelle tu t'es baigné?
    - Je peux, mon maître, vous conduire d'où je viens. Mais je vous le dis tout de suite : ce n'était pas une rivière, mais de la boue.
    - pas de fumée sans feu et pas de feu sans fumée, répondit Issakia. Conduis-nous sur les lieux. " Le porc se mit à la tête de l'armée qu'il entraîna près de la boue.
    - " Voilà où je me suis baigné. Ne vous avais-je pas dit que ce n'était pas une rivière ? "
    Issakia observa attentivement la boue et faillit pleurer de dépit. Le porc s'en retourna chez lui.

    Issakia implora alors le Seigneur
    :- Oh ! Allah, Bissimilaï, Iramani, Ilélo Ka Mongo Bê dan. A fié çan. N'Da sressai bê fa Caléa djimi logo btoh. N'makolo ka dfi Iro Yèrè N'mah. ce qui signifie : " 0 Dieu du Très Haut, pardonnez-moi. Seigneur, c'est vous qui avez créé le ciel, la terre et les hommes. Voyez combien nous souffrons de la soif, mon armée et moi. Voyez tous ceux qui sont déjà morts. Je vous supplie de m'indiquer où trouver de l'eau. "

    A ces mots, un signe de lumière descendit du ciel, pointant tout droit près de la boue où s'était baigné le gentil porc. Issakia frappa trois fois l'endroit, en s'écriant :
    - Dfi, bon allah ka Idiman, Allah mayimala N'nah. ce qui signifie " Eau ! Sors. Dieu me permet de me servir de toi. Il a eu pitié de ma faiblesse. "
    Quand il eut frappé le sol pour la troisième fois, l'eau jaillit soudain. Tous les soldats éclatèrent de joie, mais trop affaiblis, ne purent guère s'approcher. Issakia reprit ses prières :
    - Allah Nilché, Allah Mita ala djou dan, a la a brolo klôto. " Merci, Dieu. Toi qui a créé l'homme, tu sais toujours satisfaire ses besoins. "
    Toute la troupe but jusqu'à satiété.
    Elle poursuivit sa route, en emportant des gourdes pleines d'eau et gagna la bataille. Lorsque le combat fut terminé, Issakia dit à ses hommes :

    - " Désormais, aucun musulman ne devra manger la chair du porc, car il nous a sauvé lorsque nous mourrions de soif. Allons lui faire part de notre décision. "
    Ils le cherchèrent en vain. Depuis ce jour, les musulmans ne consomment plus de porc. Mais l'animal, qui n'est pas prévenu, fuit tous les hommes et même les musulmans, de peur d'être mangé. "

  8. #8
    Membre F.A.M.
    Date d'inscription
    avril 2011
    Messages
    1 527

    Par défaut

    Citation Envoyé par la terre Voir le message
    saha ftourek dahmane
    maintenant on parle à des inconnus à travers un écran !
    salam à tous
    les nouvelles technologies , ont redimensionner nos rapports aux autre .et ce qui est interessant c'est ce nouveau rapport à l'inconnu . qui subitement ne l'est plus .via le net nous tissons de nouveaux liens jusque là inexistants, je trouve cela formidable lorsque cette connection est mise au service de l'utile et l'interêt general.et c'est desormais une force lorsqu'elle est planetaire
    peu importe qui tu es seul compte ce que tu fais...

  9. #9
    Membre F.A.M. Avatar de la terre
    Date d'inscription
    novembre 2010
    Localisation
    ici-bas
    Messages
    2 391

    Par défaut

    belle histoire,
    le porc ne fuit pas tous les hommes , le porc fuit l'HOMME ,le plus grand prédateur

    fullana,je suis entièrement d'accord avec toi

    dahmane,l'association "SOS Algerie" tu ne crois pas qu'elle essaye de voir le jour en Algerie ,elle est toujours étoufée !
    j'avais postée "la mort du professeur KERROUMI" homme integre ,combattant,éclairé ,modeste. il a etait tué !

    que demandes-tu à cette assoc. ?
    J'aime les paysans ,ils ne sont pas assez savants pour raisonner de travers

  10. #10
    Membre F.A.M. Avatar de dahmane1
    Date d'inscription
    mai 2011
    Localisation
    http://www.youtube.com/watch?v=XdADfL8bhEU
    Messages
    8 562

    Par défaut Le prince et la fille du charbonnier !

    Il était une fois un sultan; -or il n'y a de sultan qu'Allah- qui n'avait que des filles aussi belles les unes que les autres. Outre la beauté, elles avaient des qualités de cœurs exemplaires. Mais le sultan n'était pas heureux. Un garçon manquait à son bonheur; un fils ! Un fils qui lui succéderait, un fils qui perpétuerait la lignée. Le sultan et sa femme, qui avaient peur de mourir sans laisser d'enfant mâle, priaient jours et nuits, faisaient des aumônes, consultaient les plus illustres médecins, visitaient tous les marabouts du pays, mais en vain. Après bien des années, la sultane mit au monde un garçon. La veille de sa naissance, alors que la sultane faisait sa sieste, un vieillard à barbe blanche lui apparut en rêve et lui dit : «Tu auras un fils, il aura toutes les qualités attendues chez un prince. Il sera beau, intelligent, courageux, téméraire, mais lorsqu'il atteindra l'âge adulte il tombera si gravement malade que sa vie sera en danger et qu'il ne il sera guéri que si vous consentiriez un gros sacrifice.» Et il disparut laissant la pauvre femme ébranlée.

    «Comment faire?» se lamentait-elle, elle dont la joie provoquée par la naissance du prince commençait à s'émousser. «Comment faire pour aider mon fils?» Les années passèrent. Le garçon grandissait en beauté, courage et témérité, comme l'avait prédit le vieillard.

    Lorsqu'il fut en âge de prendre femme, son père demanda et obtint pour lui la main de la fille du sultan voisin. Le mariage devant être célébré à la fin de l'été après les moissons, tout le pays s'activait en vue des noces qui devaient être inoubliables, car le jeune prince était aimé et estimé de tous autant pour sa bonté et sa générosité que pour sa bravoure et son intelligence. La sultane voyant son fils en bonne santé oublia le rêve et avec lui ses craintes jusqu'au jour ou le prince qui revenait à travers champs vit une jeune fille qui avançait en titubant une cruche sur la tête. Elle fit encore quelques pas puis s'écroula. La cruche en tombant se cassa en plusieurs morceaux et l'eau se répandit sur le sol. Le prince se précipita et quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'il découvrit une éblouissante jeune fille aux longs cheveux d'un noir d'ébène éparpillés autour d'elle. Toute la beauté et toute la grâce étaient gravées sur ses traits et sa silhouette mais ses vêtements quoique propres étaient ceux d'une miséreuse. Le prince, émerveillé, la contempla longtemps puis se secoua comme s'il sortait d'un rêve. Il l'aida à se relever. En voyant sa cruche cassée elle éclata en sanglots.

    «-Oh, ma cruche, ma belle cruche que mon père m'a ramenée du souk. Que vais-je lui dire pour me justifier?»

    -N'ayez crainte, lui dit le prince, des cruches semblables, il y en a plein le souk.

    -Hélas, mon bon seigneur, hélas nous sommes pauvres et mon père, pour m'acheter cette cruche, s'est privé durant une semaine d'un remède qu'il prend lorsqu'il fabrique le charbon. Mon père, seigneur, est charbonnier, et c'est lui qui alimente tout le palais en charbon.

    -N'ayez crainte vous dis-je, demain à l'aube une cruche aussi belle vous attendra devant chez vous.»

    Rassurée, elle partit. Le prince resta longtemps debout à l'endroit ou elle était tombée puis il partit à son tour. Il envoya sur le champ un domestique au souk, avec ordre d'acheter une cruche et de la déposer devant la maison du charbonnier.

    Toute la journée, le prince fut obsédé par la vision de la jeune fille, et le soir il ne put fermer l’œil tant cette vision était vivace dans son esprit. Cet état de chose dura plusieurs jours, au point que le jeune homme en perdit le goût du sommeil et ne se restaurait que rarement. Sa situation était sans issue, car il ne voulait pas se marier avec la fille du sultan mais avec la fille du charbonnier. Au bout de quelques temps, le prince tomba gravement malade, ne trouvant aucune solution à son problème. Ses parents affolés firent venir tous les médecins du pays, mais aucun ne put déceler la nature de cette mystérieuse maladie. Il dépérissait à vue d’œil sous le regard impuissant de ceux-ci.

    «-De quoi souffres-tu mon cher petit?» lui demandaient-ils.

    «-Le mal dont je suis atteint, nul ne peut le guérir à moins d'un sacrifice que je suis incapable de vous demander» répondit-il.

    Ils eurent beau le questionner, il ne leur révéla absolument rien. La fille du charbonnier eut vent de cette maladie, car les serviteurs, étant très bavards, racontaient à qui voulait les entendre que le prince était possédé. Moyennant une pièce d'argent, elle pria une servante chargée de l'entretien de la chambre où il reposait de lui permettre de lui rendre visite au moment où il serait seul. Aussitôt qu'il la vit, il se sentit mieux et lui fit part de ses sentiments.

    «-Oubliez-moi sire, oubliez-moi, je ne suis pas digne d'être votre femme car je suis de condition très modeste. Je suis moi-même très perturbée depuis que je vous ai vu mais hélas je me fais une raison.

    «-Rendez-moi au moins visite, la pria le prince, en l'absence de mes parents; j'en donnerai moi-même l'ordre à la servante.» Elle le lui promit et partit. Un jour, alors que la sultane somnolait près de la couche de son fils, le vieillard réapparut et lui dit : «Votre fils peut guérir à condition que vous acceptiez de lui donner la fille du charbonnier pour épouse. En bon fils, il ne veut pas vous faire de la peine mais votre peine sera beaucoup plus grande si vous refusez et qu'il mourra». La sultane se réveilla en sursaut en psalmodiant le nom de Dieu et maudissant Satan. «La fille du charbonnier? Mais qui est donc cette fille qui a rendu mon fils si malade ? Mérite-elle au moins un pareil sacrifice ? Dès demain j'irai la voir».

    Le lendemain, très tôt et sans rien dire à personne, elle se déguisa et partit vers la maison du charbonnier qui se trouvait à l'entrée de la forêt. En voyant la maison si vétuste, elle frissonna, se cacha derrière un arbre et attendit. Un moment après, une jeune fille belle comme le jour apparut sur le seuil. «Ah ! Je comprends pourquoi mon fils est si malade, dit-elle. Mais une telle alliance est impossible. Il faut qu'elle et ses parents quittent le pays; alors l'envoûtement quittera le corps de mon fils.». Toujours déguisée, elle se présenta à eux et leur dit : «La sultane, ma maîtresse m'envoie vous dire que son fils est tombé en léthargie depuis qu'il a vu votre fille. Vous comprenez aisément qu'il lui est impossible de vous demander sa main, alors elle vous demande de quitter le pays à moins que... à moins que votre fille ne tisse une étoffe de soie si légère et si belle qu'elle n'aura pas son pareil dans tout le royaume. Mais si l'étoffe n'est pas prête dans deux jours alors vous vous en irez».Elle partit laissant la jeune fille et ses parents désemparés. Peu après, la jeune fille reçut la visite de la servante qui lui dit que son maître désirait la voir. Elle la suivit et raconta au prince tout ce qui venait d'arriver.

    «-Va, lui dit le prince, va dans la forêt et raconte tout au grand mûrier.


    -Mais comment un arbre pourra-t-il m’aider ? lui dit-elle.
    -Va, répond le prince et fais-moi confiance.»

    Arrivée devant le mûrier, elle se mit à pleurer à chaudes larmes. «Mon Dieu, mon Dieu comment vais-je m'en sortir? Comment vais-je faire pour éviter l'exil à mes parents?». Alors le mûrier eût pitié d'elle; il secoua très fort ses branches afin de réveiller tous les vers à soie qui s'y trouvaient et leur tint ces propos : «Je veux que vous vous mettiez tous à l'ouvrage et que vous tissiez très vite la plus belle étoffe qu'il m'ait été donné de voir, sinon je dessécherai toutes mes feuilles et vous n'aurez plus rien à manger». Les vers à soie, apeurés, commencèrent à tisser, à tisser la plus belle et la plus arachnéenne étoffe qui pût exister. Ils travaillèrent tant et si bien qu'au bout de deux jours, la toile fût finie. Lorsque la sultane, toujours déguisée, la vit, elle blêmit et dit : «Tout ceci est fort bien mais ma maîtresse désire cette fois que vous récupériez le collier de perles qu'elle portait et qui s'est cassé l'an dernier près du bassin derrière le palais».

    Cette fois-ci, la jeune fille dit au prince qu'il lui était impossible de surmonter cette nouvelle épreuve.

    «-La solution se trouve au seuil de ta maison, répondit-il; va, que Dieu t'assiste et te vienne en aide.»

    L'esprit ailleurs, elle marcha, marcha jusqu'à la maison de ses parents. Alors, du pied et sans le vouloir, elle foula une fourmilière. Sentant alors quelques fourmis sur sa jambe, elle s'agenouilla pour réparer les dégâts. Tout en s'excusant, elle leur fit part des raisons de son chagrin. La reine des fourmis ordonna alors à ses ouvrières de restituer les perles qui se trouvaient au fond de la fourmilière. Les perles retrouvées, la sultane n'ayant plus aucune excuse accepta que son fils épouse l'humble fille. Les noces prévues pour la fille du sultan furent célébrées en grandes pompes en l'honneur de la fille du charbonnier.

    Et le prince, guéri et heureux, vécut très longtemps avec celle qui lui était destinée depuis sa naissance.

Règles de messages

  • Vous ne pouvez pas créer de nouvelles discussions
  • Vous ne pouvez pas envoyer des réponses
  • Vous ne pouvez pas envoyer des pièces jointes
  • Vous ne pouvez pas modifier vos messages
  •