Alger-centre est sale et ce n’est pas la campagne lancée par les services de la commune qui en changera l’aspect. Il n’est pas un quartier où l’on ne remarque pas des amas d’ordures.

Le laisser-aller des autorités autant que celui des habitants est stupéfiant. Chacun a une responsabilité, guère négligeable, dans cette situation qui prend les allures d’une fatalité poursuivant une ville qui n’est plus blanche comme se plaisent à l’appeler ceux qui l’ont connu petit et qui n’en gardent que des images écornées qu’on préfère accrocher aux murs. D’ailleurs, « faire négoce » de cartes postales attire grand monde : des philatélistes au petit pied et autres nostalgiques de cette époque ont fait florès dans les rues de cette commune. « L’Apc prévoit des actions de rattrapage devant toucher les aspects du cadre de vie urbain, en perspective de la rentrée sociale, la rentrée scolaire », peut-on lire, ébahi par un langage qu’on croyait ne retrouver que dans des manuels du bon apparatchik bien discipliné.

Mais sommes-nous condamnés à ne voir que dans le rétroviseur au risque de percuter un mur ou bien un amas de déchets laissés là par des agents de la voirie de l’APC ou ceux de Netcom. Problème de sémantique : au mot « zebalin » très répandu, l’on préfère celui de « nékaiyine », parce que ceux qui salissent, c’est nous... Et cette saleté est partout visible : point besoin de jouer les Monsieur Propre sur la place l’Emir, au marché Rédha Houhou (ex-Clausel), sur toutes les rampes, partout le même décor sale et repoussant.

« A quoi bon lancer des campagnes quand des actions peuvent être inscrites au quotidien d’une APC portée plus sur les besbousset et autres réceptions. Les caravanes et les campagnes ne peuvent changer seules la situation d’une APC », se désole-t-on. Cette campagne qui s’étalera sur 7 jours, comme l’expliquent les rédacteurs, aura-t-elle l’effet voulu « dans le coville de la société civile », convoqué par M. Zitouni, P/APC de la commune ? Rien n’est mois sûr. Lorsque l’on voit le mobilier encombrant installé, « pour la saison » sur l’esplanade attenante à la Grande Poste, l’on ne peut que douter.

Du jardin de la structure néo-mauresque, complètement défiguré par des travaux accomplis à la hâte en passant par… le passage sous-terrain, devenu un urinoir jusqu’aux rampes, même spectacle ahurissant. Sauf que ce même décor se retrouve sous les fenêtres des élus de l’APC où des décharges s’amoncellent. Le gérant de la librairie du Tiers-Monde y est confronté. Sa devanture se « remplit » à vue d’œil, alors qu’il n’a pas cessé de se rapprocher du P/APC pour avoir, relève-t-il, un bac. Une rengaine lui est servie : « Nous allons prendre en charge la question. » Pourtant, ce constat, guère reluisant, peut être extrapolé sur toutes les communes de l’Algérois. La mission que s’est donné le wali actuel, M. Addou en prenant ses fonctions en septembre 2004 ; nettoyer la ville, est-elle réalisée ? Beaucoup d’Algérois en doutent...

Par Nadir Iddir - El Watan