Une nouvelle version de la burqa, l’habit musulman traditionnel porté par les femmes notamment en Afghanistan et en Arabie Saoudite, a été inventée dans le sud de l’Inde. La burqa aux vertus ayurvédiques, du nom des techniques de médecine traditionnelle indienne. Un succès qui relance l’activité des tisserands dans le sud du Kérala.
Les femmes d'Arabie Saoudite en sont folles : plus de 4 000 burqas ayurvédiques ont déjà été importées au cours des derniers mois et l'habit est en rupture de stock.

La burqa est un vêtement qui couvre entièrement la tête et le corps, la grille qui recouvre les yeux permet de voir sans être vu. La version ayurvédique et sans matière synthétique de cet habit traditionnel musulman est fabriquée en Inde, dans le petit village de Balaramapuram, dans le district de Thiruvananthapuram, au sud de l'Etat du Kérala.

Cette burqa de couleur bleue est fabriquée avec des cotons naturels et sans colorant toxique, afin de limiter les risques d'allergies. Le tissu utilisé dit "Ayurvastra" est traité avec des plantes ayurvédiques connues pour leurs vertus médicinales. L'hôpital et collège gouvernemental ayurvédique de Thiruvananthapuram a procédé à des tests en exposant des patients au tissu imprégné d'huiles de plantes ayurvédiques pendant trente jours et il assure que le vêtement est efficace contre les maladies de peau et l'arthrite.

La production ne cesse d'augmenter. L'année dernière la société coopérative de tisserands "Handloom weavers" de Balaramapuram a exporté près de 20 millions de roupies (359 000 euros) de burqas et autres tissus ayurvédiques vers les Etats-Unis, l'Afrique du sud, la France, le Japon et le Mexique.

Les tisserands du village de Balaramapuram et des alentours remettent ainsi au goût du jour un savoir faire qui s'était perdu. Les teintes naturelles ayurvédiques –à base de plantes- avaient peu à peu été remplacées par la teinture synthétique. Depuis deux ans, la société Handloom weavers a relancé une unité de production de tissus ayurvédiques pour fabriquer des couvre-lits, des rideaux, des saris et des burqas que les Indiens et étrangers achètent pour leurs propriétés médicinales.