Selon l'Institut national du travail: 33.000 DA, le salaire moyen en Algérie

par Nadjat Dali
«Selon des enquêtes menées par l'Institut national du travail, le salaire moyen en Algérie est passé de 22.925 DA, en 2002, à plus de 33.000 DA actuellement, soit une augmentation de 40%».

C'est ce qu'a indiqué, hier, le ministre du Travail, de l'Emploi et de la Sécurité sociale, M. Tayeb Louh, qui s'exprimait sur la radio chaîne 3. «La masse salariale des fonctionnaires est passée de 1.126 milliards de dinars en 2008 à 2.850 milliards de dinars en 2012», indique le ministre. Ce dernier souligne que «malgré ces augmentations, l'inflation est maintenue à un niveau supportable de 3 à 4,3 %, grâce à l'augmentation de l'offre et au soutien de l'Etat des biens de consommation.» M. Louh rappelle que le patronat et l'UGTA avaient signé, en 2010, un accord-cadre en vue d'une revalorisation des salaires dans le secteur privé. Le ministre s'est dit aussi satisfait de la hausse du SNMG. «Le SNMG est passé de 6.000 DA en 1999 à 18.000 DA en 2012», souligne M. Louh. Tous les travailleurs des entreprises économiques publiques et privées et fonctionnaires percevant des salaires mensuels inférieurs à 18.000 DA seront concernés par l'augmentation du SNMG, a souligné le ministre. Cette augmentation est effective à compter de ce mois de janvier 2012. «En application de la législation en vigueur, tous les employeurs sont tenus d'appliquer le SNMG, faute de quoi, ils seront passibles des sanctions prévues par la loi», a-t-il dit, expliquant, en outre, que le SNMG sert de «référence» pour l'assiette des cotisations de la sécurité sociale de certaines catégories comme les étudiants et les personnes handicapées. Le ministre a souligné que l'augmentation n'est pas conditionnée par l'abrogation de l'article 87 bis du code du travail. Interrogé sur une éventuelle abrogation de cet article pour impacter positivement sur les salaires, le ministre indique qu'«un groupe de travail issu de la tripartite s'attelle à proposer des variantes pour redéfinir le salaire minimum garanti et d'en évaluer les incidences». Une redéfinition qui sera intégrée dans la prochaine révision du code du travail. L'abrogation de cet article est l'une des principales revendications de l'UGTA et de tous les syndicats autonomes. «Le projet du nouveau code du travail sera soumis pour son adoption durant la prochaine législature», affirme M. Louh. Le ministre estime que cette programmation répond à un souci d'«élargir la concertation avec tous les partenaires sociaux afin d'aboutir à un code consensuel qui recueille une large adhésion». Dans la foulée, ce membre du gouvernement indique qu'«un autre groupe de travail évaluera le pacte économique et social et formulera des recommandations pour son enrichissement et sa reconduction ». Trois groupes de travail ont été installés, en application des décisions de la dernière tripartite tenue les 29 et 30 septembre dernier. M. Louh précise que ces groupes de travail, qui ont un délai de six mois, remettront leurs copies vers la fin du premier trimestre 2012». Sur la question des retraites, le ministre qualifie d'«historique» la mesure «exceptionnelle prise par le président de la République de revaloriser les allocations et pensions». Une valorisation qui profitera à 2,4 millions de retraités et ayants droit aux pensions de réversions. En plus des relèvements annuels qui se font chaque mois de mai, il y a une valorisation exceptionnelle. «Entre l'an 2000 et 2011, les pensions de retraites ont bénéficié de 65% d'augmentation», souligne M. Louh. «Un groupe de travail chargé de proposer des solutions pour améliorer les ressources financières du système national de retraite pour assurer des recettes supplémentaires à la CNR continue sa mission», indique le ministre. «Le principe de l'amélioration du pouvoir d'achat des retraités a été retenu avec toutefois la prise en compte de la préservation des équilibres financiers de la CNAS», précise M. Louh. Le groupe en charge du dossier du financement du système des retraites s'attelle à compléter les procédures de réformes engagées auparavant pour mieux protéger ce système. «La CNR avait connu beaucoup de difficultés financières marquées par une situation de cessation paiement en 1997», rappelle l'invité de la radio. «Depuis 2008, la caisse a retrouvé ses équilibres qu'il faudra consolider», prône le ministre. L'Etat prend en charge plusieurs opérations liées aux retraites au titre de la solidarité. «Le président de la République avait pris la salutaire décision, en 2006, de créer un fonds de réserve des retraites alimenté par 3 % de la fiscalité pétrolière», affirme M. Louh. Ce fonds dispose actuellement de 146 milliards de dinars. Aussi, le ministère du Travail et de la Sécurité sociale a ficelé un avant-projet de loi visant la création de mutuelles dans le cadre d'un système complémentaire à la couverture universelle. Le gouvernement a également pris un certain nombre de mesures visant à améliorer le financement de la CNAS et donc sa pérennisation. Jusque-là limité aux seules cotisations des salariés, le financement de la CNAS a bénéficié, à la faveur de la réforme, d'autres ressources à l'image de la taxe sur le tabac et d'une autre taxe fixée à 5% tirée sur les bénéfices de toutes les opérations d'importation des médicaments, mais aussi d'un impôt sur toute acquisition d'un bateau de plaisance. Par ailleurs, M. Louh indique que «la liste des médicaments remboursables comprend désormais 1.365 dénominations commerciales internationales (DCI), soit 4.500 marques commerciales» sur les 5.000 enregistrées. «Une nouvelle liste de 22 médicaments a été rajoutée en 2011 à cette liste des produits remboursables par la sécurité sociale», rappelle-t-il.

Enfin, interrogé sur les sociétés privées de placements des travailleurs, le ministre fait savoir que six établissements ont été nouvellement agréés pour s'ajouter à une dizaine déjà en activité dans 6 wilayas. «Ces sociétés sont soumises à des contrôles périodiques», assure-t-il.