Page 1 sur 3 123 DernièreDernière
Affichage des résultats 1 à 10 sur 21

Discussion: 11 janvier 1992 ...

  1. #1
    Membre F.A.M. Avatar de yasmi
    Date d'inscription
    août 2011
    Localisation
    ICI
    Messages
    11 815

    Arrow 11 janvier 1992 ...

    11 janvier 1992, le jour où l'Algérie a basculé

    par Abed Charef
    Il y a vingt ans, l'Algérie basculait dans une dérive sanglante. Le Quotidien d'Oran vous propose de plonger dans ces moments qui ont déterminé l'histoire récente du pays, à travers trois thèmes : quels ont été les acteurs de la crise, comment le moment historique était défavorable à un dénouement positif, et comment les décisions se sont enchaînées pour déboucher sur cet engrenage.

    1 LES ACTEURS DE LA CRISE

    Au soir du 26 décembre 1991, c'est Larbi Belkheir, alors ministre de l'Intérieur, qui a la charge d'annoncer les résultats des élections législatives. Et lorsqu'il se présente à la salle Ibn Khaldoun, à Alger, devant les caméras du monde entier, pour annoncer le verdict, on savait déjà que la victoire de l'ex-FIS était acquise; il ne restait plus qu'à en savoir l'ampleur.

    Larbi Belkheir, alors âgé de 51 ans, est un homme clé du pouvoir algérien, depuis que, directeur d'une école militaire, l'ENITA, il avait abrité la fameuse réunion qui avait décidé de la succession de Houari Boumediène, et adopté la règle du « plus ancien dans le grade le plus élevé ». L'application de cette règle avait porté au pouvoir Chadli Bendjedid, au détriment de Abdelaziz Bouteflika et Mohamed Salah Yahiaoui. Larbi Belkheir avait alors accompagné Chadli Bendjedid comme secrétaire général de la présidence ou directeur de cabinet, c'est-à-dire son collaborateur le plus proche pendant de longues années.

    Mais en cette journée de janvier 1991, les routes de Larbi Belkheir et Chadli Bendjedid se séparaient. L'un quittait la scène politique, l'autre y restait, pour tenter de tenir dans la bourrasque qui allait tout emporter. Chadli quittait la scène alors qu'il avait été à deux doigts d'entrer dans l'histoire par la grande porte. Il aurait suffi qu'il réussisse l'élection de décembre 1991 pour pouvoir se retirer tranquillement, après avoir assumé la succession de Boumediène et réalisé la transition vers la démocratie.

    Mais d'autres acteurs avaient contribué, chacun dans son coin, à faire échouer sa démarche. Le plus insaisissable était Ali Belhadj, un prédicateur islamiste radical, devenu une icône de toute une jeunesse. Animé d'une pensée simple - tout est dans le Coran -, proposant un programme encore plus simple - application de la loi islamique -, il avait réussi à mobiliser des millions de personnes autour d'un projet chimérique. Son compagnon, Abassi Madani, tentait de tirer les marrons du feu, mais lui aussi aspirait à prendre une revanche sur l'histoire, car cet homme du 1er novembre estimait ne pas avoir eu le destin qu'il méritait.

    Derrière eux, se tenait une garde qui avait monté l'appareil du FIS. Des quadras, avec une formation poussée, beaucoup d'ambition, et de la patience : ils avaient laissé les orateurs enflammer les foules en attendant que vienne le moment de gérer le pays. Et là, ce serait leur tour.

    Mais en décembre 1991, Ali Belhadj et Abassi Madani sont en prison. Abdelkader Hachani, fils d'un moudjahid célèbre, technicien en pétrole, tenait la baraque, et se trouvait dans une situation terrible : il avait mené son parti à une victoire historique mais il savait qu'il tenait en main une grenade dégoupillée. Pilier de la djazaara, ce courant islamiste qui prônait une ligne nationale, en opposition à l'internationalisme des frères musulmans et autres courants alors en vogue, il eut un destin éphémère avant d'être assassiné, des années plus tard, dans des conditions obscures.

    De l'autre côté de la barrière, Chadli Bendjedid comptait ses amis. Et en trouvait très peu. Abdelhamid Mehri, à la tête d'un FLN passé à l'opposition, et Hocine Aït-Ahmed, dirigeant historique du FLN puis du FFS, tentaient d'éviter le naufrage. Ils rencontraient Hachani, pour voir sa capacité à garder le contrôle du navire FIS, et plaidaient la poursuite du processus électoral. Mais la décision avait visiblement été transférée ailleurs, au sein d'un pouvoir, le vrai, celui qui a toujours compté en Algérie dans les moments de crise. Au sein du commandement de l'armée, la décision était prise. Le FIS ne prendrait pas le pouvoir. Il restait à trouver l'habillage qui serait donné à l'opération. Le général Khaled Nezzar, ministre de la Défense depuis dix-huit mois, allait jouer un rôle clé, avec le général Mohamed Lamari. Le premier était au fait de sa puissance, le second allait émerger pour gérer les suites militaires de la décision. Plus discrètement, Toufik Mediène et Smaïn Lamari, en charge des «services», mettaient le dispositif en place. Eux travaillaient dans la durée.

    Mais tout ce monde était plutôt discret. D'autres personnalités étaient mises en avant, pour occuper la scène médiatique, à l'image de Sid-Ahmed Ghozali, chef du gouvernement, qui déclarait que « les élections n'avaient été ni propres ni honnêtes ». Abdelhak Benhamouda, patron de l'UGTA, se lançait dans la création du Conseil national de sauvegarde de l'Algérie, le CNSA, en essayant, déjà, d'entraîner avec lui la fameuse société civile, sous la bienveillance de Abou Bakr Belkaïd, l'homme qui avait signé l'agrément du FIS en septembre 1989, alors qu'il était ministre de l'Intérieur de Kasdi Merbah. Ni Merbah, ni Belkaïd, ni Benhamouda ne survivront à l'épreuve.

    Au-dessus de cet édifice qui se mettait progressivement en place, allait émerger une étoile filante, un homme dont le destin était de traverser brièvement, encore une fois, l'histoire du pays à un moment décisif : Mohamed Boudiaf. Dix jours auparavant, Boudiaf avait déclaré que le pouvoir devait laisser le FIS assumer ses responsabilités et gérer le pays. Il acceptait pourtant de diriger un éphémère Haut Comité d'Etat, dans lequel il allait siéger en compagnie de Khaled Nezzar, ministre de la Défense, Ali Haroun, ministre des Droits de l'Homme, Tidjani Haddam, recteur de la mosquée de Paris, et Ali Kafi, patron de l'Organisation des moudjahidine et successeur de Boudiaf. Ces acteurs, au destin parfois tragique, tentaient de peser sur l'histoire du pays, mais le moment historique était visiblement défavorable. Rien ne pouvait arrêter l'engrenage.
    NOT IN MY NAME.

  2. #2
    Membre F.A.M. Avatar de bel1000
    Date d'inscription
    décembre 2009
    Messages
    3 390

    Par défaut

    aujourd'hui même devant l'ambassade d'Algérie à Paris Rachad organise une manifestation à 19h00 pour dénoncer ce coup d'état.

  3. #3
    Membre F.A.M. Avatar de dahmane1
    Date d'inscription
    mai 2011
    Localisation
    http://www.youtube.com/watch?v=XdADfL8bhEU
    Messages
    8 562

    Par défaut

    Le 12 janvier 1992, une date qui avait transformé le rêve Algérien en un cauchemar collectif…
    إذا مرت الأيام و لم تروني ، فأنا بينكم فتذكروني
    و إذا غبت عنكم و طال غيابي
    فاعلموا أني بحاجة للدعاء فادعوا لي

  4. #4
    Membre F.A.M. Avatar de au_gré_du_vent
    Date d'inscription
    janvier 2010
    Messages
    13 485

    Par défaut

    chkoune hadha Rachad?
    Le hasard, c'est peut-être le pseudonyme de Dieu quand il ne veut pas signer

    Théophile Gautier

  5. #5
    Membre F.A.M. Avatar de au_gré_du_vent
    Date d'inscription
    janvier 2010
    Messages
    13 485

    Par défaut

    Qu'est ce que l'histoire ecrira aprés la mort de tous ceux qui detiennent les ficelles?
    Le hasard, c'est peut-être le pseudonyme de Dieu quand il ne veut pas signer

    Théophile Gautier

  6. #6
    Membre F.A.M. Avatar de dahmane1
    Date d'inscription
    mai 2011
    Localisation
    http://www.youtube.com/watch?v=XdADfL8bhEU
    Messages
    8 562

    Par défaut

    Une chaine TV interdite par les ennemis du peuple Algérien...
    إذا مرت الأيام و لم تروني ، فأنا بينكم فتذكروني
    و إذا غبت عنكم و طال غيابي
    فاعلموا أني بحاجة للدعاء فادعوا لي

  7. #7
    Membre F.A.M. Avatar de au_gré_du_vent
    Date d'inscription
    janvier 2010
    Messages
    13 485

    Par défaut

    détenue par qui?
    Citation Envoyé par dahmane1 Voir le message
    Une chaine TV interdite par les ennemis du peuple Algérien...
    Le hasard, c'est peut-être le pseudonyme de Dieu quand il ne veut pas signer

    Théophile Gautier

  8. #8
    Membre F.A.M. Avatar de dahmane1
    Date d'inscription
    mai 2011
    Localisation
    http://www.youtube.com/watch?v=XdADfL8bhEU
    Messages
    8 562

    Par défaut

    Citation Envoyé par au_gré_du_vent Voir le message
    détenue par qui?
    إذا مرت الأيام و لم تروني ، فأنا بينكم فتذكروني
    و إذا غبت عنكم و طال غيابي
    فاعلموا أني بحاجة للدعاء فادعوا لي

  9. #9
    Membre F.A.M. Avatar de au_gré_du_vent
    Date d'inscription
    janvier 2010
    Messages
    13 485

    Par défaut

    Bel en a déja fait la pub quelque part ici si mes souvenirs sont bons...
    Le hasard, c'est peut-être le pseudonyme de Dieu quand il ne veut pas signer

    Théophile Gautier

  10. #10
    Membre F.A.M. Avatar de yasmi
    Date d'inscription
    août 2011
    Localisation
    ICI
    Messages
    11 815

    Par défaut

    Il parait que BHL va aussi manifester, mon père m'a apporté un prospectus appuyant ses dires.
    Allah irham toutes les victimes de cette décennie noire. Nous ne pouvons savoir ce qui aurait pu se passer
    si les islamistes avaient été au pouvoir. En tout cas il ne faut pas oublier que les occidentaux avaient appuyer
    la décision de l'arrêt du processus démocratique.
    NOT IN MY NAME.

Discussions similaires

  1. Tunisie : Front du 14 janvier
    Par Jalal dans le forum Actualité Internationale
    Réponses: 0
    Dernier message: 27/01/2011, 02h13
  2. rappelez vous un certain 16 janvier 1992.
    Par psychedelic dans le forum Actualité Algérie
    Réponses: 4
    Dernier message: 15/01/2011, 23h39
  3. Boudiaf assassiné le 29 juin 1992 (video)
    Par Jalal dans le forum Littérature, Histoire et Poésie
    Réponses: 1
    Dernier message: 25/06/2010, 17h35
  4. MAD about YOU-Zucchero & Sting - Muoio Per Te (Live 1992)
    Par kredence dans le forum Musique & Cinéma
    Réponses: 0
    Dernier message: 01/06/2009, 04h20
  5. EMISSION SUR LA PALESTINE sur France 3,le 8 janvier 09
    Par kredence dans le forum Actualité Internationale
    Réponses: 3
    Dernier message: 07/01/2009, 20h28

Règles de messages

  • Vous ne pouvez pas créer de nouvelles discussions
  • Vous ne pouvez pas envoyer des réponses
  • Vous ne pouvez pas envoyer des pièces jointes
  • Vous ne pouvez pas modifier vos messages
  •