Une page de l'Histoire algérienne serait-elle en train de se tourner ? Des informations contradictoires circulent depuis quarante-huit heures en Algérie sur l'état de santé de l'ancien président Ahmed Ben Bella, 96 ans, un des pionniers de la guerre d'indépendance et premier président de l'Algérie entre 1962 et 1965, que certains ont annoncé mort et d'autres bien vivant.

Dans sa première édition en ligne, le quotidien El-Watan avait annoncé son décès jeudi matin à l'hôpital militaire de Ain Naâdja, dans la banlieue algéroise, avant de revenir sur cette information plus tard pour indiquer qu'une «confusion totale» régnait sur son état de santé.

«Il est cliniquement mort», selon un proche...

«Ce jeudi matin, a écrit El-Watan, un de ses neveux installés à Tlemcen a confirmé la mort de l'ancien président. "Il est cliniquement mort", a t-il dit à notre correspondant à Tlemcen». Mais cette information a été démentie ensuite par l'agence APS et la radio publique Chaîne 3. Selon l'agence algérienne, l'état de santé du premier président de l'Algérie indépendante Ahmed Ben Bella (1962-1965) est «stationnaire».

«La nouvelle de sa mort est fausse. Ahmed Ben Bella est toujours en vie sous observation médicale à l'hôpital après avoir été évacué dans la nuit de mardi à mercredi», a ajouté l'APS citant des proches de l'ancien homme d'Etat. L'autre quotidien francophone, Liberté, a annoncé en ligne, citant des sources proches de la direction de cet hôpital jeudi matin, que l'ancien président était «toujours hospitalisé dans un état critique (coma)».

... Il vient de rentrer à la maison, pour un autre

Un des proches de Ahmed Ben Bella avait affirmé mercredi, citant sa fille Mahdia, qu'il était bien rentré à la maison après une courte hospitalisation destinée «à lui augmenter le taux d'anti-coagulants» administrés suite à une phlébite contractée avant l'été dernier et pour laquelle il avait été soigné à Paris. Ben Bella, qui préside depuis 2007 le Groupe des sages de l'Union africaine, avait été récemment hospitalisé à Paris pour des «complications respiratoires», précise ce proche, mais il est rentré lundi à Alger.

Devenu en septembre 1962 le premier président de l'Algérie indépendante, Ahmed Ben Bella a été renversé en 1965 par un de ses compagnons et ministre de la Défense, le colonel Houari Boumediene.

Le Parisien / AFP