Manger moins, vivre plus longtemps?

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19 avril 2006 – Manger peu pourrait accroître la longévité. C’est du moins les conclusions d’une étude préliminaire publiée dans le Journal of the American Medical Association1.
Des chercheurs américains ont en effet observé l’effet d’un régime alimentaire faible en calories pendant six mois. Cette restriction calorique a entraîné, entre autres, la réduction de certains des marqueurs biochimiques liés au vieillissement chez l’humain. De tels résultats avaient déjà été obtenus chez des souris – leur espérance de vie s’était prolongée d’environ 30 % -, mais c’est la première fois qu’ils sont reproduits chez l’humain.
Pour les besoins de leur étude, les chercheurs de l’Université d’État de la Louisiane ont recruté une cinquantaine de sujets de 25 ans à 50 ans ayant un excès de poids sans pour autant être obèses. Ils ont demandé à un premier sous-groupe de ne rien modifier à son alimentation (groupe témoin), à un second de réduire sa consommation de calories de 25 %, à un troisième de réduire sa consommation de calories et de faire de l’exercice. Les sujets du quatrième groupe ne consommaient que 890 calories2 par jour au début, soit bien en dessous des besoins d’un adulte, puis un peu plus afin de maintenir une perte de 15 % du poids corporel.
Après six mois, tous avaient perdu du poids. Cette perte allait de 1 % pour les participants du premier groupe à 13,9 % pour ceux du quatrième groupe. Tous ceux qui avaient été soumis à des restrictions caloriques présentaient aussi des taux inférieurs d’insuline à jeun et une température corporelle plus basse. Leur ADN avait également subi moins de dommages oxydatifs que celui du groupe témoin.
Le taux d’insuline et la température corporelle sont deux marqueurs biochimiques liés au vieillissement chez l’humain. Un faible taux d’insuline a déjà été décelé chez plusieurs personnes qui vivent plus de 100 ans. Quant à une température corporelle réduite, elle signifie que l’organisme dépense moins d’énergie pour fonctionner.
De là à conclure que tous devraient adopter une alimentation à teneur réduite en calories, il y a un pas que les chercheurs se gardent bien de franchir. Ils rappellent que la longévité ne dépend pas uniquement de l’alimentation.
« On peut aussi penser qu’il serait difficile d’adopter un régime faible en calories dans une société comme la nôtre où la nourriture est offerte à tout moment, en abondance. Mais il n’est pas exclu que nous arrivions à déceler et à manipuler des gènes qui imitent l’effet d’une alimentation faible en calories », confie la chercheuse principale de l’étude, Leonie Heilbronn.
Une telle restriction alimentaire ne convient pas à tous et ne devrait être suivie que sous supervision médicale, selon les auteurs de l’étude.