TRIBUNAL DE BLIDA

Trois policiers condamnés pour torture

Le tribunal criminel de la Cour de Blida a eu à statuer, samedi dernier, sur une affaire de torture dans laquelle étaient impliqués cinq policiers de la sûreté de daïra de Chéraga, Alger.

Les faits remontent au mois de mai dernier quand sept jeunes ont été convoqués par les services de la police de Ouled Fayet qui enquêtaient sur une affaire de vol d'une voiture de marque Hyundai Accent, vol commis il y avait déjà quelques jours dans cette commune.

Ils furent ensuite conduits séparément vers la sûreté de daïra de Cheraga où ils furent, d'après leurs déclarations, placés dans une chambre sombre.

Les policiers leur ont ensuite mis un chiffon dans la bouche et une cagoule sur la tête avant de les rouer de coups et de les torturer avec un pistolet électrique sur tout le corps. Après avoir été torturés, les sept jeunes auraient été obligés de signer des déclarations sans qu'ils les lisent.

Ils ont aussi été avertis afin qu'ils ne parlent pas de la torture devant le procureur.

Mais les sept accusés, dès leur présentation devant le procureur, racontèrent tout ce qui leur est arrivé au commissariat.

Le procureur les envoya vers le service de médecine légale de l'hôpital de Béni Messous où des certificats médicaux leur furent délivrés et qui faisaient ressortir des séquelles de brûlures sur l'ensemble du corps ainsi que des ecchymoses et des égratignures.

Interrogés, les policiers ainsi que leurs responsables nièrent en bloc toutes les accusations portées contre eux mais le procureur de même que le juge d'instruction prirent en compte les plaintes des victimes et transférèrent le dossier à la Chambre d'accusation.

Au cours de l'audience de samedi, les cinq accusés (les trois policiers et leurs deux responsables) continuèrent à nier les faits affirmant que les certificats médicaux ont été établis par la soeur d'un des jeunes qui travaille à l'hôpital.

En outre, l'un des policiers déclara que certains des plaignants sont ses voisins et qu'ils se vengent de lui en sortant cette histoire de torture car il n'a pas voulu les aider.

Après avoir écouté toutes les parties, le procureur général entama son réquisitoire en affirmant qu'il était vraiment désolant que des fonctionnaires travaillant dans une institution aussi importante que la police arrivent à se comporter de la sorte, avant de requérir entre sept et douze ans contre chacun des cinq accusés ainsi que le versement d'une amende collective de 50 millions de centimes.

Après la délibération, le tribunal revint avec la condamnation des trois agents à trois ans de prison ferme alors que le chef de service et l'inspecteur ont été acquittés.

Hadj Mansour

http://www.lecourrier-dalgerie.com/papiers/la24.html#4