Affichage des résultats 1 à 10 sur 10

Discussion: Saints du maghreb

  1. #1
    Membre F.A.M. Avatar de ahmeddamien
    Date d'inscription
    février 2010
    Localisation
    pas loin
    Messages
    14 025

    Par défaut Saints du maghreb

    Sidi al buzidi
    CONNU POUR SES QASIDAS CHANTEES JUSQU AU CHAM SHARRIF

    Son comportement et ses éthiques morales

    - Cheikh al-Bûzîdi était très connu pour son penchant à l'ascétisme, Un jour, un de ses disciple (Ahmad Ben Ismail) lui dit : "le préfet demande à vous voir", Cheikh al-Bûzîdi lui répondit : "qu'avons nous à faire avec le préfet français, que me veut-il ?" Il lui répondit : "une rencontre amicale, il voudrait savoir comment vous allez seulement." Cheikh al-Bûzîdi recueillies ses forces et son souffle et alla non sans difficulté. Une fois devant le bâtiment de l'administration, il trouva un fonctionnaire qui l'attendait et l'invita à entrer dans le bureau du préfet. Après une courte discussion, le préfet lui présenta un cadeau comportant deux Burnûs. Lorsqu'il sorti du bâtiment, il aperçût un homme déshérité, presque nu, il prit l’un des deux Burnûs et le posa sur ses épaules, puis avança quelques pas et vit un autre homme qui était dans le même état que le premier, il prit le deuxième Burnûs et le posa aussi sur ses épaules puis retourna à sa zawiya. Quelques jours plus tard, le fonctionnaire est venu voir ce que le cheikh a fait des Burnûs et s'est aperçu qu'il était habillé comme à ses habitudes. Il demanda des explications aux fuqaras, qui lui racontèrent ce qu'il a fait avec les deux hommes et ce qu'il a dit à ce sujet : "les deux Burnûs nous sont venus de la part de Dieu et Lui sont retournés, et Dieu ne néglige pas de récompenser les bienfaiteurs !"


    - Cheikh al-Bûzîdi, marchait une fois dans une rue, où la plupart des magasins appartenaient à des Juifs. Un des leur, assez avancé dans l'âge, tomba par terre, Cheikh al-Bûzîdi couru à lui et l'aida à se relever tout en le débarrassant de la poussière qui s’est posée sur ses vêtements et lui remis son chapeau, en lui disant : "Pas de mal, Pas de mal". Les commerçants Juifs étaient surpris du bon traitement par un porte-étendard de la Sharî'a Muhammadiyya, et depuis ce jour-là, quand Cheikh Al-Bûzîdi passait devant eux, ils le saluèrent avec vénération et grand respect.

    - Mustafa Ben Krîtlî, un des disciples du Cheikh al-Bûzîdi, qui était membre du Conseil national de l'époque coloniale française, se mit un jour dans son uniforme officiel à l’occasion d’une réception du gouverneur général français en visite à Mostaganem. Cheikh al-Bûzîdi alla le voir et lui dit : "porte pour moi ceci !" il lui donne à porter les intestins et les entrailles de mouton avec du sang qui en coulait, attirant les mouches qui grésillaient autour d'eux. Mustafa Ben Krîtlî, avec toute son élégance et son privilège et le confort de son statut social, se laissa faire et suivi son maitre qui le faisait marcher dans les grandes rues de Mostaganem. Lorsqu’ils sont arrivés à "al-Matmar" ou la " porte d’al-Majâhir " qui sépare la zone européenne des quartiers populaires arabes, le Cheikh l’arrêta et lui dit : "cela suffit mon fils, je te remercie et je t’apporte la bonne nouvelle que Dieu t’a guéri de la vanité et de l'égoïsme, de l’arrogance, de toute fierté et de la notoriété. Qu'est-ce qu'un grand serviteur de Dieu es-tu ! Dieu Tout-Puissant, a rassemblé pour certains prophètes la prophétie et le pouvoir et à certains de ses saints-alliés " l'élite " (Awliyâ) le statut de sainteté et le pouvoir et cela les a rendu aussi humbles devant Dieu qu’ils ne l’étaient, par leur dépouillement, demandant ainsi le flux de Sa miséricorde et Sa protection dans le reste de leurs jours, jusqu’à ce qu’ils reviennent à Lui, en étant réellement les plus méritants à la miséricorde et la grâce du Glorieux et Majestueux. Ce grand don donné par Dieu mon fils, est réservé à l’élite de l’Amour Divin qui n’accepte pas l’arrogant et l'égoïste. Tu as satisfais ton Seigneur mon fils, que Sa Majesté soit Glorifié, heureux sois-tu d'avoir obtenu la félicité dans les deux demeures, ce monde ici-bas et celui de l’au-delà, que Dieu te préserve et prend grand soin de toi de ce qui reste de ta vie."

    - Un événement très douloureux est arrivé au Cheikh al-Bûzîdi lors de la célébration de la naissance du prophète Mohammad, qu'Allah lui adresse ses prières et salutations. Son fils a été tué par erreur lors des tirs de feu de carabines. Lorsque Cheikh al-Bûzîdi arriva sur les lieux du drame, et vit son fils gisant sur le sol saignant abondamment, un des participants lui dit : "Sidi, venez, je vais vous montrer le meurtrier de votre fils." Le Cheikh lui répond : "va t'en aberrant ! Le meurtrier de mon fils, je le connais, c’est Celui qui a condamné à mort toute âme !" Il emmena le cadavre de son fils et l’enterra et ne déposa pas plainte contre le responsable, se soumettant à la parole de Dieu Tout-Puissant : "Et fais la bonne annonce aux endurants, qui disent, quand un malheur les atteint : Certes nous sommes à Allah, et c'est à Lui que nous retournerons." (Âyah [156, 157] de la Sourate [2] (Al-Baqara).
    "Les folies sont les seules choses qu'on ne regrette jamais." Oscar Wilde

  2. #2
    Membre F.A.M. Avatar de ahmeddamien
    Date d'inscription
    février 2010
    Localisation
    pas loin
    Messages
    14 025

    Par défaut

    SIDI ABOU MADIAN

    "Les folies sont les seules choses qu'on ne regrette jamais." Oscar Wilde

  3. #3
    Membre F.A.M. Avatar de select
    Date d'inscription
    avril 2012
    Messages
    1 621

    Par défaut

    merci pour ce reportage Ahmed, très intéressant

  4. #4
    Membre F.A.M. Avatar de yasmi
    Date d'inscription
    août 2011
    Localisation
    ICI
    Messages
    11 815

    Par défaut

    Merci Ahmed, je connaissais pas Bouzidi.
    NOT IN MY NAME.

  5. #5
    Membre F.A.M. Avatar de romance
    Date d'inscription
    octobre 2008
    Messages
    4 765

    Par défaut

    merci ahmed
    ma contribution est modique mais mon soutien est sincere


    laha rijaalouha wa nissaouha wachababiha, Notre pays est libre, indépendant,


    bismi allah bdit wa3la nâabi sallit :

    أرفت أبريقـي وترضيــت وربـي أعطــانـي ماتمنــيت

    Arfet abriki wa atwaddit ou rabbi aâtanni ma atmanit

    J'ai fais ma prière et le bon dieu m’a donné tout ce dont j’ai espéré

  6. #6
    Membre F.A.M. Avatar de ahmeddamien
    Date d'inscription
    février 2010
    Localisation
    pas loin
    Messages
    14 025

    Par défaut

    il est enterré a mostaganem pas loin du shaykh el alawi
    "Les folies sont les seules choses qu'on ne regrette jamais." Oscar Wilde

  7. #7
    Membre F.A.M.
    Date d'inscription
    octobre 2012
    Localisation
    My world
    Messages
    498

    Par défaut

    Merci Ahmed pour le partage !
    PEACE

  8. #8
    Membre F.A.M. Avatar de ahmeddamien
    Date d'inscription
    février 2010
    Localisation
    pas loin
    Messages
    14 025

    Par défaut

    "Les folies sont les seules choses qu'on ne regrette jamais." Oscar Wilde

  9. #9
    Membre F.A.M. Avatar de djelloul
    Date d'inscription
    janvier 2005
    Localisation
    derriere toi
    Âge
    34
    Messages
    2 112

    Par défaut

    Citation Envoyé par yasmi Voir le message
    Merci Ahmed, je connaissais pas Bouzidi.
    moi je connais bouzguender
    welcome to chkoupi

  10. #10
    Membre F.A.M. Avatar de ahmeddamien
    Date d'inscription
    février 2010
    Localisation
    pas loin
    Messages
    14 025

    Par défaut

    Cheikh al-’Alâwî

    C’est à Tijditt, faubourg de Mostaganem en 1869 que naquit Ahmed ben ‘Aliwa, plus connu sous le nom d’al-’Alawi, il avait deux sœurs, sa mère Fatima était une femme pieuse, son père Mustapha par fierté ne laissait lire ou deviner sur ses traits les moindres séquelles du besoins dans lesquelles se débattait sa famille. N’ayant jamais envoyé son fils unique au Kûttab (ne fut-ce qu’un seul jour), il s’occupa lui-même de son instruction, à la maison, il lui apprit à lire et surtout le Coran jusqu’à la Sourate ar-Rahman.

    Mais le père mourut en 1886, alors que son fils consommait ses dix septième années. La nécessité se fit plus urgente au sein de l’humble famille, le jeune Ahmed vibrant de tout son être au malheur des siens, dut remplacer le père disparu et exercer divers métiers, ce fut surtout celui de cordonnier qu’il maîtrisa le mieux et qu’il lui permit d’assurer une certaine aisance matérielle.

    Plusieurs années durant, la maroquinerie l’occupa, puis il s’adonna au commerce, déjà une soif ardente de connaissances spirituelles s’était irrésistiblement emparé de lui. Elle était loin d’être assouvie, en raison de ses occupations profanes;

    « Si je n’avais eu un certain don et une certaine intelligence native, je n’aurai probablement rien appris qui vaille la peine d’en parler… ».

    Il se rattrapait surtout la nuit, aidé en cela par quelques Cheikhs qu’il invitait chez lui, s’adonnant à l’étude avec frénésie, il dévorait livre sur livre et cela l’absorbait des nuits entières, à tel enseigne que son épouse en prit ombrage et finit par demander le divorce, trouvant qu’il n’accomplissait pas ses devoirs conjugaux; « elle avait en vérité, quelques raison de se plaindre de moi… ».

    Cette assiduité aux enseignements (sous les chapelets) des Cheikhs de fortune, permit au jeune Ahmed de cultiver une certaine ascèse mentale, d’appréhender quelques subtilités de doctrine et d’élargir progressivement les horizons de ses connaissances, d’autant plus facilement qu’il était porté sur la science des soufis (‘ilm al-Qawm), à qui désormais il ne faussa presque plus compagnie.

    La nécessité de travailler de jour ne faisait que rendre cette soif de connaissances encore plus lancinante, c’était donc de nuit que, quittant son logis, il allait assistait aux enseignements et participer aux séances de remémorations (Dhikr), sa mère se tourmentait d’autant plus pour lui, que la maison familiale, située hors de la ville, était isolée et périlleux le chemin, aussi se dressait-elle contre son fils, employant tous les moyens pour le détourner, mais en vain.

    Le ‘Issawi virtuose et inspiré (1886 – 1894)

    De 1886 à 1894, il fut incontestablement marqué par la confrérie ‘Issawi, dont l’un des Maîtres, par sa pureté, sa droiture, sa piété sans équivoque, l’avait conquit. S’étant scrupuleusement conformé aux préceptes de la confrérie en question, il acquit très vite une telle adresse dans l’accomplissement des pratiques ‘Issawi, que tous ses confrères en devinrent à l’admirer, une auréole de prestige l’enveloppait, il acquit la réputation d’un ‘Issawi accompli, capable d’exécuter sans défaillir tous les actes prodigieux dont s’en orgueillisaient les membres de la confrérie, « dans mon ignorance, je pensais que les prouesses, les exhibitions, les prodiges (qu’on cherchait à accomplir), était réellement des modes de me rapprocher d’Allah. »

    Ayant vu un jour, une feuille de papier accrochée à mur, il lu une formule qui y était imprimée et qu’on attribuait au prophète, il ne lui en fallut pas d’avantage pour le détourner des pratiques (hétérodoxes), se contentant désormais de s’adonner au prières libres, aux invocations et aux litanies. Non seulement il se retira de la confrérie, mais il en arriva à pouvoir provoquer la défection des frères et à détourner même toute la confrérie, peine perdue. Il rompit donc, de ces contacts, il ne réussit pas encore à désapprendre la pratique de charmer les serpents et les vipères, seul ou en présence de quelques amis.

    Le premier tournant, ou la connaissance du Cheikh Mohammed al-Bûzaydi (1894)

    Désorienté, parce que désormais sans guide spirituel, Ahmed al-’Alawi s’en était ouvert à son ami et associé en matière de commerce, Ben sliman ibn ‘awda, celui-ci lui parla longuement et avec une emphase sincère d’un certain Cheikh, homme pieux, rentré du Maroc, Hammû al Cheikh al-Bûzaydi. Celui-ci vivait certes effacé, mais sa droiture d’âme, ses vastes connaissances sur le plan soufique, sa douceur malgré les adversités, tout semblait le désigner comme seul guide spirituel valable dans Mostaganem, c’est du moins ce que pensait Ben sliman ibn ‘awda, l’ami de Ahmed al-’Alawi.

    Ces propos laissèrent un profond échos chez ce dernier avide d’idéal spirituel, aussi décida-il de faire sa connaissance. Le destin s’en chargea, quelques temps après l’arrêt de cette décision, alors que les deux amis et associés étaient dans leurs boutique, voilà que Hammû Cheikh al-Bûzaydi passait, Ben sliman ibn ‘awda s’avança vers lui, l’invita à entrer dans la boutique et à s’asseoir, le Cheikh ayant accepté l’invitation, ils s’entretinrent un moment, tandis qu’al-’Alawi était absorbé par son travail.

    Al Cheikh al-Bûzaydi, ayant manifesté le désir de prendre congé, fut prié de retourner auprès des deux amis et de ne plus interrompre ses visites. « Ses propos sont d’une teneur plus élevées que ce qu’on lit dans les livres », fit remarquer Ben sliman ibn ‘awda.

    Le Cheikh revint voir les deux amis assez fréquemment, il avait tout naturellement fini par savoir qu’Ahmed al-’Alawi était passé maître dans l’art de charmer les serpents. « Peux-tu m’apporter une vipère et la charmer ici devant nous ? » lui demanda al-Bûzaydi. Hors des murs de la ville, le jeune charmeur, n’en ayant trouvé qu’une assez petite, longue seulement d’un demi bras, la rapporta et se mit à la charmer, comme il l’avait apprit au contact des ‘Issawi.

    « Mais peux-tu en charmer une autre plus grande que celle-ci ? » demanda le Cheikh, « elles sont toutes pareilles pour moi » répondit al-’Alawi, « eh bien! Je vais t’en montrer une plus grande, plus dangereuse, si tu arrive à la dompter, alors tu seras vraiment un sage! », « mais ou donc est-elle ? » demanda al-’Alawi, « c’est ton âme (nafsûk) logée entre tes côtes, son venin est plus puissant que celui de la vipère, tu seras réellement un sage, si tu peux faire d’elle ce que tu fais de la gent vipérine…ne répète plus ces expériences… ».

    L’âme pouvait-elle être plus mortelle que le venin d’une vipère ? Cette question de l’âme venimeuse obsédait le jeune homme, très vite, le Cheikh décela chez lui les qualités requises non seulement pour recevoir l’enseignement, mais aussi le diffuser à grande échelle, et il n’hésita pas à lui promettre un rang spirituel très élevé, « s’il vivait assez longtemps et si Allah le voulait ». Peu de temps après, Ahmed al-’Alawi ayant prit le Cheikh al-Bûzaydi pour guide spirituel, fut affilié à la confrérie Darqawi.

    La reprise de l’éducation spirituelle sous le chapelet Darqawi du Cheikh Mohammed al-Bûzaydi (1994 – 1909).

    Deux mois auparavant, Ben sliman ibn ‘awda était déjà reçu dans la confrérie, il n’en souffla pas un mot à son ami, lequel n’apprit la chose qu’après avoir été initié à son tour. Le Cheikh al-Bûzaydi lui révéla alors les types de litanies (al-Awrad) propres à la Darqawiya et lui recommanda de les réciter après la prière du matin et après celle du soir.

    Une semaine s’écoula et voilà que le Cheikh s’entretint avec son disciple du Nom Suprême (Al Ism Al ‘Azam) et de la manière dont il fallait le prononcer, le cultiver, il lui ordonna, à cette fin, de s’y consacrer, mais faute de retraite spirituelle (khalwa), il était malaisé au disciple de pratique l’invocation du Nom Suprême, il chercha vainement un local ou il put s’adonner à cette initiation spéciale, il s’en plaignit à son Cheikh qui jugeât que le meilleur endroit pour s’isoler était assurément le cimetière. Mais dans la cité funéraire inquiétante le disciple malgré toute sa bonne volonté, ne put pratiquer son (Dhikr khass), s’en étant de nouveau ouvert au Maître, celui-ci lui fit remarquer qu’il ne l’avait aucunement obligé à se rendre au cimetière de nuit, comme il avait tenté de le faire, il lui ordonna de se contenter, pour le Dhikr, du dernier tiers de la nuit.

    « Ainsi je pus pratiquer le Dhikr de nuit et rencontrer mon Maître de jour, tantôt chez moi, tantôt chez lui…parallèlement, je continuais à assister à des cours de sciences religieuses qui se donnaient au milieu de la journée et que j’avais déjà suivi auparavant…un jour, il m’interrogea pour connaître la nature des cours auxquels je tenais beaucoup…je lui appris qu’ils portaient sur l’unicité (at-Tawhid). « Sidi un tel , dit-il, avait baptisé ces cours (at-Tawhil) l’enlisement… le mieux pour toi, poursuivit-il, serait que tu te préoccupes maintenant de la purification de ton for interne (batinika) jusqu’à ce qu’il soit irradié de la lumière de ton seigneur, c’est alors seulement que tu connaîtras le sens de l’unicité…

    Quant à la théologie (‘ilmou-l-kalam), seuls en profiteraient en vérité, les doutes et illusions accumulées…tu ferais mieux d’interrompre provisoirement ces cours, jusqu’à ce que tu finisses avec ton initiation du moment, car c’est un devoir que de privilégier l’important par rapport aux choses secondaires »…il m’était très pénible de me dispenser de ces enseignements, j’en fus très attristé, mais ma tristesse se dissipa aussitôt que j’eus troqué mes heures de lectures contre le Dhikr, d’autant plus que les résultats de celui-ci ne tardèrent pas à se manifester… »

    Durant cette période d’approfondissement de son expérience soufique, Ahmed al-’Alawi, sous l’emprise de puissantes charges spirituelles, « pour endiguer les offensives de ce courant », écrivit (al-Minah al-qûddûssiya) et (Miftah ach-chûhûd fi madhahir al-wûjûd).

    Quand il fut libéré du devoir de s’absorber dans le Nom Suprême, le Cheikh al-Bûzaydi lui permit de guider les hommes vers la voie Darqawiya. Effrayé, Ahmed al-’Alawi demanda au Maître : « mais, m’écouteront-ils ? » il lui répondit : « tu seras semblable à un lion, pour peu que tu mettes la main sur quelques chose, tu le maîtriseras et il sera entièrement à toi » « et il en fut ainsi toute les fois que je parlais avec quelqu’un et que je décidais de le guider vers la voie, je le trouvais docile, obéissant, malléable…de sorte que la confrérie étendit son audience, louange à Allah… ».

    Il est très vraisemblable qu’Ahmed al-’Alawi ne resta pas longtemps effacé, nous pensons en effet qu’en moins d’une année, il s’attira la confiance totale de son Maître, en raison de son aptitude foncière à appréhender les subtilités du soufisme, de la sincérité de ses sentiments, de la solidité de sa foi, de sa réalisation spirituelle précoce « tahaqqaqa ».

    Il ne serait donc pas étonnant de le voir désigner comme Mûqaddam (délégué) du Cheikh al-Bûzaydi à l’age de 25 ans (1894). Ce qui nous confirme dans cette idée, c’est cette phrase du même fragment autobiographique, citée juste après qu’il eut parlé de sa réalisation spirituelle. « Puis je suis resté 15 ans en sa compagnie, faisant tout ce qui était en mon pouvoir, afin que la voie Darqawiya triomphât… ».

    La boutique des deux amis revêtait plus le cachet d’une zawiya que celui d’un lieu de commerce, de nuit le Cheikh al-Bûzaydi prodiguait des enseignements aux disciples qui affluaient de plus en plus nombreux. De jour, on s’y adonnait au dhikr, « durant cette période, je négligeais mes intérêts tant et si bien que, n’eût été mon frère sidi Ben sliman ibn ‘awda, qui en avait prit grand soin, j’eusse à coup sûr fais faillite, le contraire se produisit et notre capital ne diminua guère… »................................................. ...


    Cheikh al-
    "Les folies sont les seules choses qu'on ne regrette jamais." Oscar Wilde

Discussions similaires

  1. Le maghreb
    Par la terre dans le forum Communauté Algérie Monde
    Réponses: 16
    Dernier message: 16/10/2012, 22h41
  2. Maghreb boutique
    Par dznet dans le forum Le Café
    Réponses: 0
    Dernier message: 07/05/2010, 14h49
  3. Maghréb
    Par karim marocain dans le forum Littérature, Histoire et Poésie
    Réponses: 5
    Dernier message: 30/03/2010, 04h21
  4. Un rabbin americain appelle a la destruction des lieux saints musulmans et a la liqui
    Par kredence dans le forum Islam : Questions et Réponses
    Réponses: 0
    Dernier message: 10/06/2009, 04h22
  5. Le Maghreb des analphabètes?
    Par kredence dans le forum Actualité Internationale
    Réponses: 0
    Dernier message: 14/12/2008, 00h36

Règles de messages

  • Vous ne pouvez pas créer de nouvelles discussions
  • Vous ne pouvez pas envoyer des réponses
  • Vous ne pouvez pas envoyer des pièces jointes
  • Vous ne pouvez pas modifier vos messages
  •