La situation actuelle de Detroit ne doit rien au hasard. C’est la conclusion d’une étude réalisée au début du mois de juillet par deux analystes américains. Le plan draconien de restructuration de la dette de la ville, présenté en juin dernier par un administrateur nommé pour enrayer cette crise, ne prévoyait pourtant pas d’intervention directe de l’ état, et n’était donc qu’un prélude vers une banqueroute certaine , d’après les experts. Plusieurs raisons, à rechercher dans sa construction et son passé, expliquent aujourd’hui la faillite de la symbolique « Motor City ».

> La population en chute libre. La ville a perdu 63 % de ses habitants depuis 1950. Autrefois 4ème ville la plus peuplée des Etats-Unis, sa population est passée de 1,8 million d’habitants en 1950 à 685 000 actuellement.

> Un chômage record. En baisse constante depuis des années, le chômage a atteint son plus haut niveau en juillet 2009, s’élevant à 27,8 %. En baisse depuis, il s’élève tout de même à 16,3 % actuellement.

> Désertification et crise immobilière. Les deux phénomènes exprimés plus haut ont, sans surprise, entraîné une forte désertification. Conséquence : crise immobilière et diminution des recettes de l’immobilier ont contribué, en partie, à vider les caisses de la municipalité.

> Des dépenses élevées. Les dépenses demeurent élevées pour la municipalité, qui doit assurer le versement des salaires aux travailleurs et le paiement des pensions aux retraités. Les syndicats sont nombreux à défendre les intérêts des travailleurs.

> Défaillance des services publics. De nombreux équipements publics sont abandonnés et mal entretenus, voire en état de délabrement total. A titre d’exemple, 40 % des équipements d’éclairage sont en panne.

> Détroit, ville du crime. L’insécurité gangrène la ville, dont la réputation est catastrophique. Le nombre de crimes est cinq fois plus élevé que la moyenne nationale, et il est plus haut que dans n’importe quelle autre grande ville du pays.

> Gestion interne. Kevyn Orr, l’expert nommé par le gouverneur de l’état du Michigan pour gérer les problèmes de la ville, invoquait la mauvaise gestion financière réalisée en interne, ainsi que les luttes politiques au sein de gouvernement de l’état, ayant conduit à la situation actuelle.
Les Echos