Près de 150 personnes ont trouvé la mort mercredi à l'aéroport Barajas de Madrid lorsqu'un appareil de la compagnie espagnole Spanair transportant 166 passagers et neuf membres d'équipage s'est écrasé au décollage, font savoir les services de secours. "Seule la queue était reconnaissable, il y avait des débris éparpillés partout et des corps dans une large zone. Il y avait beaucoup d'enfants", a déclaré Herbigio Corral, qui a dirigé les opérations de secours.

Il a fait état de 28 rescapés. Selon un porte-parole des services d'urgence, huit d'entre eux seraient grièvement blessés après avoir été éjecté de l'avion au moment du choc. Le bilan reste cependant provisoire, puisqu'un haut membre du gouvernement régional a déclaré que seules vingt personnes avaient été transportées à l'hôpital.

La compagnie allemande Lufthansa, qui co-affrétait l'appareil, a annoncé que sept de ses passagers, dont quatre Allemands, étaient à bord. Un responsable aux Îles Canaries, destination du vol, a précisé qu'il y avait des passagers suédois et néerlandais. Jusqu'à présent, le gouvernement espagnol a confirmé la mort de 45 personnes, ajoutant que 19 autres avaient été blessées dans cet accident qui s'est produit à 14h45 locales (12h45 GMT).

L'appareil, un MD-82 de la filiale espagnole de la compagnie scandinave SAS, devait se rendre à Las Palmas, la principale ville des îles Canaries, une destination touristique prisée au large des côtes marocaines. Pour des raisons encore inconnues, l'appareil s'est écrasé au décollage et a pris feu non loin du terminal 4 de l'aéroport madrilène.

RÉACTEUR EN FEU

Selon le site internet du quotidien espagnol El Mundo, le réacteur gauche de l'appareil aurait pris feu au moment de l'envol. La ministre du Développement Magdalena Alvarez a dit pour sa part que la cause de l'accident semblait être "une erreur au décollage".
Le décollage était prévu à 13h00 locales, mais un problème technique a été constaté alors que l'avion approchait de la piste, a dit à Reuters une source informée.

A Las Palmas, des dizaines de parents et proches des passagers de l'avion se sont rués à l'aéroport en état de choc. Ils ont été rassemblés dans un hall fermé à la presse et pris en charge par une cellule psychologique de la Croix-Rouge. Le président du gouvernement espagnol José Luis Rogriguez Zapatero a interrompu ses vacances.

Le Comité olympique espagnol a fait savoir que le drapeau national serait mis en berne au village olympique à Pékin alors que l'équipe nationale de football devait porter un brassard noir pendant son match amical contre le Danemark. Le Premier ministre français François Fillon a envoyé un message à son homologue espagnol pour lui adresser en son nom personnel et au nom du gouvernement ses "condoléances attristées".

"Je vous remercie de bien vouloir faire part aux familles des victimes, ainsi qu'aux blessés, de ma sympathie dans cette tragique épreuve", écrit François Fillon. La compagnie Spanair, confrontée à une concurrence rude et à la hausse des prix du kérosène, a enregistré une perte de 81 millions de dollars au premier semestre et annoncé le licenciement d'un millier de ses employés.
Quelques heures avant l'accident de Madrid, ses pilotes menaçaient de faire grève. SAS tente de vendre sa filiale depuis l'an dernier.

Version française Marc Delteil et Grégory Blachier