Bonjour a tous
J'ai trouvé sur un forum d'histoire ceci,
de notre ami:


La Guerre de la hottée de pommes (1428-1429).


Au cours des XIVe et XVe siècles, la Lorraine était devenue le théâtre régulier d’affrontements entre les seigneurs des Etats de Lorraine et Metz ville libre d’Empire. Les conflits étaient généralement générés par des querelles juridiques dues à l’enchevêtrement des terres et par les bourgeois messins peu enclins à respecter leurs obligations de vassaux sur certaines d’entre elles.

Déjà en 1324 la Guerre des quatre seigneurs avait embrasée le Pays messin. Après deux années de troubles, le Pape Jean XXII avait imposé la paix. Conclue le 3 mars 1326, ce traité de paix est aussi appelé « Paix des harengs », poisson très prisé à l’époque servi par les messins lors des négociations. Paix imposée, paix précaire appelée à être rapidement rompue tant l’antagonisme entre voisins était profond. Metz ville libre qui s’était peu à peu affranchie de la tutelle du Saint-Empire romain germanique dérangeait par son statut dans une Lorraine emprunte d’une profonde féodalité. L’affrontement couvait mais fallait-il encore une raison pour entrer en conflit. Le motif ou plutôt le prétexte vint d’un panier de pommes. L’affaire semblerait ubuesque si « La Guerre de la hottée de pommes » n’avait pas ravagé les campagnes environnantes durant plus d’un an opposant près de 40.000 combattants composés de mercenaires, cavaliers et fantassins des deux camps.


La Guerre de la hottée de pommes commence en 1428 ; comme bien souvent à cette époque c’est surtout la population des campagnes qui va subir de plein fouet le cortège d’horreurs provoqué par ce conflit absurde. Le village de Corny est saccagé par les Lorrains puis c’est au tour du village de Belrain à être pillé en représailles par les Messins, vol de bétail réciproque, enlèvements et emprisonnements d’otages de part et d’autre complètent la panoplie des forfaits commis au début du conflit. Puis c’est l’escalade ; par le jeu des alliances, on rassemble beaucoup d’hommes de chaque côté. Pour la circonstance, Charles II s’allie avec ses gendres, le duc de Bar René Ier d’Anjou et lemarquis Bernard de Bade, puis avec le duc de Bavière. Ces forces réunies composent une armée d’environ 10 000 cavaliers et 20 000 fantassins. De son côté, la ville de Metz n’est pas en reste, elle signe un pacte avec Guillaume, seigneur de Château Villain qui lui fournit 1 200 combattants, et avec d’autres capitaines qui s’étaient mis à la solde de la ville avec leurs compagnies de mercenaires. On arme les murailles de la ville de bombardes et on se prépare à repousser l’assaut.

Charles II défie alors la cité en défilant sous ses remparts, flanqué de ses chevaliers puis il part ravager le pays messin avec 1500 cavaliers et 5000 fantassins. Désireux d’isoler Metz avant d’en faire le siège, il coupe les voies de communication pour ne pas être pris à revers. Après moult escarmouches et sanglants pillages dans la campagne environnante, les troupes de Charles II arrivent enfin sous les murs de Metz en face desquels ils dressent des bombardes. L’affrontement commence par un déluge de boulets de pierre ; à ce petit jeu ceux de Metz sont plus efficaces, ils sèment la panique dans les rangs des Lorrains qui se débandent. Profitant du désordre des archers et arbalétriers messins font une sortie et infligent de lourdes pertes supplémentaires à l’ennemi faisant au passage de nombreux prisonniers. Surpris par tant de résistance, le duc de Lorraine décide d’abandonner un siège aussi difficile pour retourner piller les campagnes !

La paix fut donc signée le 1er janvier 1430
mais bien qu’ayant renoncé à ses prétentions Charles II, mécontent de l’insuccès de son entreprise, apporta dans l’exécution du traité beaucoup de mauvaise volonté. Les Messins quant à eux démolirent la Basilique Saint-Martin et la cité interdit à ses habitants de bâtir ou de reconstruire dans le bourg du Ban-Saint-Martin. De même que les banquiers de la ville ne furent pas autorisés à financer ce genre de projet. Les relations entre les Etats Lorrains et la République Messine retrouvèrent totalement leur normalité au décès de Charles II en janvier 1431. Son épouse Marguerite de Bavière s’empressa de finaliser les accords du traité de paix en libérant les deniers prisonniers. Marguerite « la Mystique » fut invitée à Metz où elle fut reçue en grande pompe et couverte de prestigieux présents.

Confortée par l’arrivée au pouvoir du nouveau duc de Lorraine, René 1er d’Anjou, la paix mit un terme définitif aux misères des deux peuples. Les campagnes pouvaient penser leurs plaies et reprendre une vie normale après avoir subi tous ces malheurs pour des… prunes.


(1) L’ouvrage dans son édition de 1840 peut être consulté sur Google Books.



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