Page 3 sur 4 PremièrePremière 1234 DernièreDernière
Affichage des résultats 21 à 30 sur 33

Discussion: Les sciences arabes

  1. #21
    Membre F.A.M. Avatar de dahmane1
    Date d'inscription
    mai 2011
    Localisation
    http://www.youtube.com/watch?v=XdADfL8bhEU
    Messages
    8 562

    Par défaut Les arabes ont-ils invente l’universite ?

    La civilisation arabe est à l’origine de deux au moins des grandes institutions modernes : l’hôpital et l'observatoire. Il est fort probable qu’on lui en doit aussi une troisième: l’Université.

    Telle est du moins la thèse qu’exposent ici deux enseignants de l’université de Leeds (Grande-Bretagne) : MM. R.Y. Ebied (études sémites) et M.J.L. Young (études arabes).

    Le Moyen Age a légué au monde moderne trois institutions très importantes : l’hôpital, l’observatoire et l’université. Nous savons depuis longtemps que les deux premières proviennent de la civilisation arabe.

    Quoiqu’un bon nombre d’instruments astronomiques aient été inventés par les Grecs, c’est sous les auspices des califes ou successeurs du prophète arabe Muhammad que l’observatoire devint une institution permanente. Selon les documents parvenus jusqu’à nous, le premier observatoire permanent fut celui qu’établit le calife Ma’mum (813/832 apr. J.-C.) à Bagdad, sa capitale, aux environs de l’année 830.

    La contribution la plus importante des Arabes à la médecine est l’établissement et l’entretien de nombreux hôpitaux. S’ils n’ont pas inventé l’hôpital comme institution, ils ont apporté tant de soins à l’organisation, au financement et à l’entretien des hôpitaux que beaucoup de leurs idées sont encore visibles dans les hôpitaux d’aujourd’hui.

    On peut également démontrer indirectement que la troisième institution médiévale, l’université, doit en grande partie son existence à la civilisation Islamique.
    Parmi les auteurs de manuels scientifiques, médicaux et philosophiques, des savants musulmans, comme Avicenne, Averroès, Albategnius, Avempace, Avenzoar, Albucasis, Arzachel et Alpetraguis, occupent le premier plan.

    Il y a une grande probabilité que les universités européennes aient utilisé ces manuels, en dépit de l’hostilité entre l’islam et le monde chrétien.

    Mais des preuves de plus en plus nombreuses indiquent que c’est dans l’islam médiéval que nous devons chercher l’origine de l’université elle-même. Les plus grands centres intellectuels musulmans fonctionnaient depuis bien plus d’un siècle quand les premières universités furent fondées en Europe. Le collège-mosquée d’Al-Qarawiyyin à Fez (Maroc) fut établi en 859, celui de Cordoba au début du dixième siècle, le collège-mosquée d’Al-Azhar au Caire en 972 et la Maison de la sagesse dans la même ville au onzième siècle. En Europe, les premiers centres d’éducation supérieure apparurent beaucoup plus tard. Les universités de Bologne, de Paris et de Montpellier n’existaient sûrement pas avant le douzième siècle.

    Lorsque ces universités apparurent en Europe chrétienne, elles possédaient bien des traits communs avec leurs équivalents islamiques. Les étudiants étaient pour la plupart organisés par « nations» - C’est-à-dire qu’ils étaient groupés pour leur logement selon leur lieux d’origine. A l’université d’Al-Azhar au Caire, il existait des logements distincts pour les étudiants du Maroc, de Haute Egypte, d’Irak... A l’université de Paris, les corps d’étudiants comprenaient la nation anglaise, la nation flamande, et bien d’autres. Il reste des traces de cette organisation géographique des étudiants dans quelques-uns des collèges d’Oxford, comme ceux de Lincoln, de Worcester et de Hereford.

    Un autre trait de ressemblance se trouvait dans le fait que les professeurs universitaires se mettaient en tenue particulière, la toge, pour les cours et les cérémonies officielles. La coutume de mettre des vêtements larges ressemblant à ceux qu’on mettait en Europe chrétienne existait depuis le début dans les centres intellectuels de l’islam.

    La terminologie en usage dans les premières institutions intellectuelles de l’Europe chrétienne montre elle aussi une analogie avec celle de l’islam le premier terme européen pour indiquer l’université - studium generale - semble être une traduction du terme académique arabe “majlis amm” signifiant « assemblée générale pour suivre des études ».

    Le «permis d’enseigner» Autre point commun : la coutume largement répandue d’offrir une instruction gratuite aux étudiants. De même, la tradition de l’étudiant itinérant était connue dans les pays islamiques longtemps avant de se révéler comme caractéristique de la vie scolaire dans les pays chrétiens.

    Les étudiants musulmans ne s’attendaient pas qu’un seul professeur sache tout sur une matière, et la coutume de voyager d’un centre d’études à un autre s’était installée dans la vie scolaire de ces étudiants. Ces migrations continuelles sont peut-être à l’origine d’un des traits les plus caractéristiques de l’éducation islamique: la « ijazah » ou “permis d’enseigner”.

    La « ijazah » était le diplôme délivré par un professeur à son étudiant au terme d’un programme d’études et donnant à l’élève le droit d’enseigner les matières qu’il avait étudiées. Ces permis existaient déjà au neuvième siècle. Pour les étudiants voyageant d’un centre académique à un autre à la recherche d’une plus grande instruction, ces « permis d’enseigner » avaient la valeur d’un passeport et d’un certificat de compétence dans des matières particulières. Il est Intéressant de noter que le terme « licence », qui sert aujourd’hui à désigner un degré universitaire, provient du latin « licentia docendi » - permis d’enseigner - terme qu’on donnait dès le début au diplôme conféré aux étudiants dans les universités chrétiennes.
    Dans les universités islamiques du Moyen Age, les professeurs étaient plus libres dans leur enseignement que dans les premières universités chrétiennes. Il n’est donc pas étonnant que chaque professeur ait eu le droit de conférer ses « permis d’enseigner », alors qu’en Europe ce droit était réservé au recteur. Mis à part cette différence, la « ijazah » et la «licentia docendi » étaient des instruments identiques de la vie universitaire. Ces ressemblances entre les pratiques universitaires de l’islam et celles du monde chrétien s’expliquent par le rôle joué pas l’Espagne dans l’établissement de contacts entre l’un et l’autre.

    L’Espagne Islamique était un des grands centres académiques du Moyen Age, et, après la prise de Tolède par les chrétiens (1085), ce pays devint la voie principale par laquelle les fruits de la science islamique passaient à l’Europe chrétienne. A Tolède, l’archevêque Raymond (mort en 1251) fonda une école pour traduire les oeuvres arabes en latin et les mettre ainsi à la disposition du monde savant chrétien. Les trésors de la littérature philosophique, scientifique et médicale arabe furent traduits en latin à l’usage des professeurs et des étudiants chrétiens. Il ne serait donc point surprenant qu’avec les livres, les étudiants chrétiens aient ramené de l’Espagne des idées sur l’organisation des universités.

    Le baccalauréat

    Une des personnalités éminentes dans le domaine des études orientales en Angleterre, le regretté professeur Alfred Guillaume, affirmait dans la première édition de The Legacy of Islam (Oxford 1931) que l’on aurait la preuve d’une liaison entre les universités islamiques et celles de l’Ouest, si l’on trouvait une explication satisfaisante du terme médiéval «baccalareus» ou « baccalaureus » - dont dérive le terme français « baccalauréat». Le professeur Guillaume fit remarquer que l’explication qui fait dériver ce terme du latin «vassa» (une vache) ne peut être prise au sérieux. Il suggère que « baccalaureus » pourrait bien être une défectueuse transposition en latin d’une expression arabe comme par exemple « bihaqq al-riwaya » signifiant le droit de transmettre une science.

    En effet, bien des termes arabes sont passés, déformés, dans le latin du Moyen Age, et dans les autres langues européennes, dans lesquelles ils sont encore en usage aujourd’hui.

    Parmi ces termes on trouve des mots familiers comme « chèque » (de l’arabe « sakk », « tarif » (ta’ref), et « amiral » (amir al’bahir) et bien d’autres. GuiIlaume n’a jamais trouvé l’expression, «bihaqq al-riwaya » dans aucun document arabe, et l’étymologie qu’il en propose ne peut-être considérée que comme une conjecture très intéressante. Mais les dernières recherches des écrivains de nos jours dans les différents exemples de « ijazah » médiéval ont démontré non seulement qu’une expression très similaire à celle que suggéra Guillaume était en usage dans des documents arabes de même type, mais aussi que cette expression était employée exactement dans le sens voulu pour son étymologie proposée. La première «ijazah» (conservée dans un manuscrit de l’université de Cambridge), dans laquelle on trouve l’expression « bihaqq al-riwaya », date de l’année 1147; or, on ne trouve pas le terme « baccalaureus » en Europe, employé dans le sens « licencié », avant 1231, année où le système des degrés universitaires fut établi par la bulle « Parens scientiarum » du pape Grégoire IX. Il paraît donc probable que le terme bachelier est dérivé de l’expression en usage dans les diplômes de l’université islamique.

    R.-Y. EBIED et M.-J.-L. YOUNG. (Le monde de l’éducation)


    ECOLES MUSULMANES ET UNIVERSITES EUROPEENNES

    J’ai lu avec intérêt l’article paru dans le Monde de l’éducation de septembre sous le litre : « Les Arabes ont-ils inventé l’Université ? » Cet article qui présente sans préjugé un aspect de la culture arabe musulmane s’insère dans la tradition d’un groupe de chercheurs occidentaux qui existent depuis le dix neuvième siècle, et dont le nombre ne cesse de croître. (...) A ce sujet ,excusez-moi de me référer à une étude que j’ai publiée en Angleterre en 1957, et où j’ai souligné qu’au Moyen Age les grandes écoles musulmanes et les Universités fondées en Europe à cette époque différaient sur les points suivants

    1. Pour la création des Universités musulmanes, il n’était nécessaire d’obtenir ni l’autorisation de gouvernement ni celle d’une autorité religieuse supérieure.
    2. Les disciplines enseignées dans les Universités musulmanes étaient beaucoup plus variées.
    3. Quoique l’enseignement coranique fût prépondérant, les Universités musulmanes n’établissaient pas une hiérarchie officielle entre les disciplines enseignées (1).

    A. R. KINANY, Directeur du Bureau de l’Organisation de la ligue islamique mondiale à Paris.

    (1) The Year Book of Education, 1957, Evans Brother», Londres. Extrait du Monde de l’Education n” 23.
    إذا مرت الأيام و لم تروني ، فأنا بينكم فتذكروني
    و إذا غبت عنكم و طال غيابي
    فاعلموا أني بحاجة للدعاء فادعوا لي

  2. #22
    Membre F.A.M. Avatar de dahmane1
    Date d'inscription
    mai 2011
    Localisation
    http://www.youtube.com/watch?v=XdADfL8bhEU
    Messages
    8 562

    Par défaut Science & Islam - L'empire de la raison

    إذا مرت الأيام و لم تروني ، فأنا بينكم فتذكروني
    و إذا غبت عنكم و طال غيابي
    فاعلموا أني بحاجة للدعاء فادعوا لي

  3. #23
    Membre F.A.M. Avatar de dahmane1
    Date d'inscription
    mai 2011
    Localisation
    http://www.youtube.com/watch?v=XdADfL8bhEU
    Messages
    8 562

    Par défaut L'histoire des savants musulmans volontairement occultée

    إذا مرت الأيام و لم تروني ، فأنا بينكم فتذكروني
    و إذا غبت عنكم و طال غيابي
    فاعلموا أني بحاجة للدعاء فادعوا لي

  4. #24
    Membre F.A.M. Avatar de dahmane1
    Date d'inscription
    mai 2011
    Localisation
    http://www.youtube.com/watch?v=XdADfL8bhEU
    Messages
    8 562

    Par défaut Histoire scientifique de l'Islam

    Ernest Renan (m. 1892), dans sa biographie d’Ibn Rushd (m. 1198), ou Averroès si affinité, et la présentation de sa pensée, nous l’explicite dans son avertissement : après cette dite philosophie qu’il va aborder et expliquer rigoureusement dans sa thèse qu’il présente en 1852, l’Islam finira comme étouffé par la surchauffe de production intellectuelle et « arrachera de son sein tout germe de culture rationnelle. »[1] En définitif, la belle histoire de la pensée rationnelle en Islam s’arrêta là. Il fallait que les musulmans, soit au xii ou au xiii siècle de l’ère chrétienne, arrêtent toute spéculation scientifique; ces mêmes musulmans, dont on nous dit, que leur legs ne consiste pas « en des découvertes surprenantes, ou de théories révolutionnaires; la science doit bien plus que cela aux Arabes, elle leur doit l’existence. »[2] Alors, est-il justement raisonnable que de postuler une telle défaillance aussi brusque, et dans un temps aussi court ? Serait-ce alors la chute la plus vertigineuse dont l’histoire a été témoin, au point que les portes de la réflexion soient scellées d’un jour à l’autre ?

    Certains disent que c’est la pensée du juriste et mystique al-Ghazalî (m. 1111) qui serait à l’origine de la « fermeture des portes du raisonnement indépendant »[3], et d’autres que la chute de Bagdad[4] en 1258, alors centre scientifique important, en serait à l’avènement; enfin, les derniers, ne disent ni l’un ni l’autre, et en fait omettent toute raison et vont quand même jusqu’à affirmer que le monde musulman n’a rien produit d’innovant depuis presque sept siècles[5]… mais les découvertes récentes, les études entreprises depuis la Seconde Guerre Mondiale, nous apprend Howard R. Turner, nous permettent maintenant de dire que ce pseudo déclin n’apparût qu’au xv ou xvi siècle,et qu’après même la mort du célèbre mystique, la civilisation islamique eût des Nasîr al-Dîn al-Tûsi (m. 1274) et des Ibn al-Shatîr (m. 1375) qui travaillèrent pertinemment en astronomie et mathématiques, des al Farîsi (m. 1320) en optique, ou des Ibn al-Nafîs en médecine… sans omettre de préciser que l’étude intensive des manuscrits après le xvi éme, n’a justement pas été entreprise et que même dans ce cas, sans plan global, il serait fastidieux de parler de « déclin ».[6] George Saliba, une autorité sur l’astronomie et surtout l’histoire de la science en terre musulmane, réfute aussi, de son côté, cette « histoire classique »[7] et nie que al-Ghazalî (m. 1111), à lui seul, aît pû être à l’origine du mouvement décadent qu’on lui prête; lui aussi s’en va alors dans des exemples, comme celui de l’ingénieur de génie ‘Izz al-Dîn al-Jazarî (m. 1206) qui mourût donc un siècle après le théologien. En fait, il nous remet aussi en mémoire que l’observatoire de Maragha fût construit en 1259, soit une année après la destruction de Bagdad[8] – mais quelles conséquences de la perte de ladite ville ? Comme l’a suggéré Akbar S. Ahmad, il serait en effet préférable de dire que 1258 marque la fin de la « domination mondiale des Arabes »[9], et non de l’histoire scientifique de l’Islam en soi, ou même de la civilisation tout entière comme de frivoles esprits ont pû le dire autrefois. C’est la sortie de l’entité arabe, et l’entrée du fait turc; celui-là même qui sera alors le nouvel étendard de l’Islam, et d’entre les reins duquel sortira Bâbur (m. 1530), ce fin lettré à l’origine de la dynastie mogol, qui elle, tirera sa révérence à l’entrée de l’acteur anglais, d’une révolution échouée, celle de la révolte des Cipayes en 1857, et les adieux de Bahadûr Shâh Zafar (m. 1862) au trône le 21 Septembre de cette même année…

    En fait, de nos jours, peu de savants Occidentaux tiennent ces thèses[10] mais elles persistent malgré le destin des sociétés musulmanes, mais non arabes, comme l’épanouissement culturel de l’Afrique musulmane, avec le Mali et surtout Tombouctou comme centres, qui loin de répudier la science et la raison, occupa une place d’une telle importance qu’entre le douzième (justement heure de « décadence ») et le seizième, c’était l’Afrique le centre scientifique du monde musulman avec l’université de Sankoré[11], et des millions de manuscrits (principalement en Arabe, alors lingua franca, mais nous retrouveront aussi des dialectes locaux) restent à étudier dans le continent, dont, nous dit-on, des centaines en mathématiques dans la ville de Tombouctou seulement.[12] Dans le sous-continent indien aussi, on fait état d’une formidable aventure scientifique[13] et des millions de manuscrits restent encore à étudier, d’après une lecture récente faite à l’université de Cambridge.[14] Comme le signale le penseur iranien Seyyed Hossein Nasr, dans une lecture à la MIT, il remarque très pertinemment que l’étude est loin d’être complète, et précise à son tour les milliers de manuscrits sans étude au Yémen et en Ethiopie, par exemple[15], et il a la meilleure position : au lieu de parler de décadence, d’un age d’or et de poser d’autres étiquettes, il serait préférable d’abord de dépoussiérer les centaines de milliers de manuscrits dans le monde; Jan Just Witkam nous décrit un assez intéressant catalogue de manuscrits tunisiens, tous récents, qui non seulement abordent la médecine, mais aussi les techniques de l’Occident moderne, comme des écrits de tunisiens sur la photographie, ou la logistique.[16] Du côté de l’Algérie, Djamil Aïssani ne nie pas une intense activité mathématique dans la contrée, et cite un savant qui dirait que le mathématicien d’Alger, feu ‘Ali Ibn Hamza al-Maghribî (m. 1614) auraît même découvert le logarithme quelques décennies avant celui qu’on enseigne dans nos manuels, l’écossais John Napier (m. 1617.) Mais on pourrait multiplier les exemples, comme l’histoire de Mohammed iv du Maroc, qui, nous dit-on, étudia les Eléments d’Euclide, fut lui-même un monarque éclairé et savant, et élabora même « un instrument pour calculer exactement les heures en fonction des différents astres, qui était en même temps baromètre, altimètre, horloge, afin de ne pas se tromper sur les heures de prières. »[17] Pas une seule société monde musulman n’échappe à ce petit jeu, et certainement on ne peut parler de décadence – surtout si celle-ci a la signification qu’on lui prête, et encore moins de la décadence de la civilisation islamique dans son entièreté – surtout si celle-ci est bien celle que l’on entend, à savoir, du Maroc à l’Indonésie. En fait, si on devait citer le savant musulman apte à être qualifié de scientifique majeur, ne serait autre que le théologien indien Ahmed Rîda Khan (m. 1921) qui écrira un millier de livres sur tout les domaines de connaissances possibles (on dit une cinquantaine), des mathématiques (topologie) à la médecine, en passant par la géographie, le chimie et des dizaines d’autres domaines.[18] Mais un homme n’est pas une civilisation, et celle-ci a bien déraillé un moment : mais quand ? Et comment ? Toujours prenant mot de Akbar S. Ahmed, différents contextes socio-économiques, qui réunis, provoquèrent une ineffable explosion sur les rails de l’aventure de la raison parmi les contrées d’obédience musulmane, et que quand ceux-ci avaient pris Delhî aux habitants de l’Inde en 1192, ceux-là perdaient Bagdad en 1258; quand certains musulmans prenaient ce qui allait être Istanbul en 1453, d’autres perdaient Cordoue en 1492. On ne peut englober tout ces mouvements et leur assigner un déclin, qui serait alors extrapolé et bien confus.[19]

    Par contre, il est dorénavant sûr que ce qui s’est arrêté au xii éme siècle du calendrier grégorien, ne fût pas l’épopée de l’Islam dans le domaine du rationnel, mais le mouvement de traduction de l’Arabe vers le Latin qui permit à l’Europe de vivre les techniques alors sophistiquées et de découvrir, grâce au travail du pape Sylvestre II, à l’arabisant Gérard de Crémone (m. 1187) et d’autres traducteurs, les trésors scientifiques de la civilisation de l’Islam à l’Europe chrétienne; et c’est pour cette raison que l’historien occidental ne parle plus de la destinée de l’intelligence arabo-musulmane plus tard : il ne s’intéresse tout simplement pas à ce qui ne ressort pas de son domaine. Mais il serait alors assez impertinent de parler de « déclin de la civilisation islamique à partir du xii éme siècle » et ce, à cause de al-Ghazalî (m. 1111) ou de la destruction de Baghdad (1258.) Surtout vu l’état des travaux actuels, on qualifiera même cet acte d’hardi, et son agent de présomptueux.


    NOTES :


    [1] RENAN E., Averroès et l’averroïsme, Ed. Michel Lévy frères (1866), p. iii.
    [2] BRIFFAULT R., The Making of Humanity, Ed. George Allen & Unwin (1919), p. 191
    [3] Pour plus de details sur la discussion, voir : KNUT S.V., The development of ijtihad and Islamic reform, 1750-1850, The third Nordic conference on Middle Eastern Studies:
    Ethnic encounter and culture change, Joensuu, Finland, 19-22 June 1995
    [4] Pour plus de details sur la discussion, voir : JANET L.A-L, Before European Hegemony, Oxford University Press, pp. 193-197
    [5] HOODBHOY P., Science and the Islamic world—The quest for rapprochement, Physics Today, Août 2007, p.49
    [6] TURNER H.R., Science in Medieval Islam, Ed. University of Texas Press (1997), pp. 203-204
    [7] SALIBA G., Islamic Science and the Making of the European Renaissance, Ed. The MIT Press (2007), p. 237
    [8] SALIBA G., Islamic Science and the Making of the European Renaissance, Ed. The MIT Press (2007), p. 244
    [9] AKBAR S.A., Discovering Islam, Ed. Routledge (2002), p. 31
    [10] TURNER H.R., Science in Medieval Islam, Ed. University of Texas Press (1997), pp. 203
    [11] Sankore University: Rediscover the Glory : http://www.muslimmuseum.org/SankoreUniversity.aspx
    [12] GERDES P., What Mathematics from Africa?, Polimetrica (2007), p. 83
    [13] RAFIABADI H.N., Saints and Saviours of Islam, Ed. Sarup and Sons (2005), pp. 208-234.
    [14] KHALIDI O., ISLAMIC MANUSCRIPTS IN INDIA : AN OVERVIEW, 4-6 Juillet 2005
    [15] NASR S.H., Islam and Modern Science : http://msa.mit.edu/archives/nasrspeech1.html
    [16] WITKAM J.J., Modern Arabic Manuscripts in the National Library of Tunis
    [17] BENJELLOUN-LAROUI L. & ARKOUN M., Les bibliothèques au Maroc, Maisonneuve & Larose (1990), p. 56
    [18] MALLIK M., Scientific Works of Imam Ahmad Raza
    [19] AKBAR S.A., Discovering Islam, Ed. Routledge (2002), pp. 31-32
    Dernière modification par dahmane1 ; 12/10/2014 à 09h40.
    إذا مرت الأيام و لم تروني ، فأنا بينكم فتذكروني
    و إذا غبت عنكم و طال غيابي
    فاعلموا أني بحاجة للدعاء فادعوا لي

  5. #25
    Membre F.A.M. Avatar de dahmane1
    Date d'inscription
    mai 2011
    Localisation
    http://www.youtube.com/watch?v=XdADfL8bhEU
    Messages
    8 562

    Par défaut L’ASTRONOMIE ARABE « Le chaînon manquant »

    Généralités
    Le moyen âge est une période de notre histoire occidentale qui ne laisse pas grand trace de découvertes
    scientifiques. L’obscurantisme aidé par les débuts d’un christianisme totalitaire et extrémiste a fait taire toutes
    les tentatives de progrès.
    C’est au contraire la religion islamique qui a poussé les arabes à une meilleure connaissance de l’astronomie.
    L’histoire de l’astronomie arabe renvoie aux travaux effectués par la civilisation islamique entre le 9ème et le 16ème
    siècle, travaux transcrits en langue arabe.
    Les arabes ne sont pas partis de zéro dans ce domaine, mais se sont inspirés, du moins au début, des grands
    philosophes grecs, et en particulier du dernier d’entre eux, Claude Ptolémée et de son ouvrage qui compilait,
    avec ses propres solutions aux problèmes en suspens, les connaissances occidentales en ce deuxième siècle
    après Jésus Christ : l’Almageste.
    Le nom original de cette oeuvre de Ptolémée est « La composition mathématique ». Les arabes, très
    impressionnés par cet ouvrage, le qualifièrent de « megiste », du grec signifiant « magistral, très grand »,
    auquel ils ajoutèrent l’article définit arabe al, pour donner al megiste qui devint almageste.
    Au début de cette histoire, l’astronomie stagnait donc depuis 7 siècles. Rien ne s’est passé en occident entre
    Ptolémée et le 9ème siècle, mis à part une légère différence sur l’origine du monde. Les anciens grecs
    considéraient en effet que l’univers n’avait pas de commencement, contrairement aux trois religions
    monothéistes, dont l’islam, qui proposent une genèse de l’univers.
    L’état des connaissances astronomiques de cette époque reposait sur les principes suivants :
    · La Terre est immobile au centre du monde (et elle est ronde).
    · Tous les autres corps tournent autour de la Terre.
    · Le cercle étant la seule forme parfaite, ces autres corps tournent selon des trajectoires circulaires.
    Mais certaines planètes ne suivent pas ces règles parfaites. Il fallait rendre compte par exemple de la
    rétrogradation apparente de Mars en introduisant d’autres figures parfaites secondaires, encore des cercles.
    Plus la précision des mesures s’améliorait, plus il fallait utiliser ces « épicycles » imbriqués. C’est vite devenu
    très compliqué et inextricable.
    1
    Sommaire :
    Généralités
    Du 9ème au 11ème siècle
    Du 11ème au 16ème siècle
    Les observatoires
    Les instruments
    Des étoiles
    Conclusion
    Ce sont donc les arabes, reprenant au 9ème siècle ces théories, qui ont compris la complexité du modèle, et ont
    cherché à revenir sur des bases plus saines et plus simples, n’étant pas influencés par les religieux occidentaux
    de ce temps.
    Les arabes, et en particulier les musulmans, se sont intéressés à l’astronomie pour des raisons très pratiques :
    · Se repérer dans le désert pour les populations nomades, ou en mer.
    Mais surtout pour motif religieux :
    · Déterminer les heures des cinq prières quotidiennes. Pas simple, avec des durées du jour qui varient
    avec les saisons !
    · Prévoir le début du Ramadan, mois lunaire qui débute avec l’apparition du premier fin croissant de
    Lune. Il fallu développer la géométrie sphérique pour résoudre ce problème.
    · Déterminer la direction de La Mecque, donc sa position géographique. Sans horloge fiable, la longitude
    ne l’est pas…
    Ces raisons très quotidiennes, de la vie de tous les jours, n’ont pas empêché certains savants arabes et/ou
    musulmans de spéculer plus théoriquement, et de remettre en cause certains acquis datant de Ptolémée.
    De plus, le Coran incite les musulmans à étudier les astres. Il énonce :
    « C'est lui (Dieu) qui a placé pour vous les étoiles dans le ciel afin que vous soyez dirigés dans les
    ténèbres sur la terre et sur les mers »
    Ils développèrent des outils mathématiques nécessaires à leurs travaux, en particulier les mathématiques
    héritées des indiens. Ils furent amenés, comme certains de leurs prédécesseurs grecs, à confronter
    l’observation avec les théories, ancêtre de la méthode scientifique moderne.
    On peut diviser cette période faste de l’astronomie arabe en deux grandes phases :
    · Du 9ème au 11ème siècle, phase préparatoire et critique des modèles anciens.
    · Du 11ème au 16ème siècle, avec les avancées les plus significatives, surtout en mathématiques, outil
    indispensable aux progrès futurs.
    Du 9 ème au 11 ème siècle
    Le travail des astronomes arabes s’effectue dans le cadre des schémas géométriques de Ptolémée. Ils
    l’amélioreront et le critiqueront, par l’observation, en faisant apparaître ses contradictions et sa complexité.
    Le début de l’astronomie arabe arrive avec le calife Al-Mamun qui régna sur Bagdad
    entre 813 et 833. Sa cour était formée de gens lettrés et de scientifiques.
    Al-Mamun fit construire à Bagdad la « Maison de la sagesse » qui regroupait les
    meilleurs esprits du royaume.
    C’est là que furent regroupés pour étude tous les manuscrits scientifiques connus de
    l’époque, en, particulier les écrits grecs. C’était la plus grande bibliothèque depuis celle
    d’Alexandrie.
    Ces ouvrages furent traduits en arabe, généralement par des érudits chrétiens ou des juifs, car ils étaient les
    seuls à maîtriser à la fois l’arabe, le grec et le latin.
    Ne se limitant pas aux anciens grecs ou romains, les arabes se tournèrent également vers les sciences perses
    et surtout indiennes, héritières des babyloniens.
    Ils se trouvèrent donc à la tête d’une bibliothèque énorme, d’une incroyable richesse, mais souvent
    contradictoire, ne représentant pas ou peu ce qu’ils pouvaient eux-mêmes observer.
    Néanmoins, ils empruntèrent aux grecs, et l’améliorèrent, un instrument de mesure de positions important :
    l’astrolabe. Ils lui donnèrent le nom de « joyau mathématique ». Ils utilisèrent également des sphères
    armillaires, des cadrans solaires …
    2
    L’astrolabe permet de mesurer la position des étoiles, des planètes, de connaître l’heure… Introduit plus tard en
    Europe par les arabes, l’astrolabe fut remplacé par des instruments plus précis, comme le quadrant, le sextant
    ou l’octant.
    Ils mettront en oeuvre la confrontation entre l’observation et les théories, comme l’avait esquissé Ptolémée, et
    en contradiction avec les thèses de Platon ou d’Aristote qui estimaient que la raison viendrait à bout de la
    compréhension de la nature.
    Pour cela, ils construisent des observatoires avec des programmes complets d’observation de la Lune et du
    Soleil, ce qui leur fournit des données fraîches, récentes. Cette confrontation a été le moteur des découvertes
    futures.
    Ils introduiront abondamment les mathématiques pour résoudre les problèmes, et en particulier la trigonométrie
    et l’algèbre.
    Al-Khwarizmi (783-850) dit Algorismus
    Mathématicien, géographe et astronome d’origine perse, il est membre de la « maison de la
    sagesse ». C’est l’un des fondateurs des mathématiques arabes, s’inspirant des
    connaissances indiennes, en particulier du système décimal, des fractions, des racines
    carrées…
    On lui doit le terme « algorithme ». Les algorithmes sont connus depuis l’antiquité, et le nom
    latin d’Al-Khwarizmi (algorismus) sera donné à ces suites d’opérations élémentaires répétées.
    Il est aussi l’auteur du terme « algèbre », qui est le titre de l’un de ses ouvrages traitant du
    sujet. Il est aussi le premier à utiliser la lettre x1 pour désigner une inconnue dans une
    équation. Il est surnommé « le père de l’algèbre ».
    Statue de Al-khwarizmi à Téhéran
    Il écrit le premier livre d’algèbre (al-jabr) dont la première page est représentée ci-contre, dans
    lequel il décrit une méthode systématique de résolution d’équations du second degré et propose
    un classement de ces équations. Elles sont énoncées avec des mots, pas en notation
    algébrique actuelle. La résolution est géométrique, du type euclidien.
    Les indiens utilisent des nombres négatifs, mais il ne les accepte pas comme solution des
    équations.
    Il introduit l’usage des chiffres que nous utilisons encore aujourd’hui. Ces chiffres « arabes » sont en fait
    d’origine indienne, mais furent utilisés mathématiquement par Al-Khwarzimi. Il adopte l’utilisation du zéro2,
    inventé par les indiens au 5ème siècle, et repris par les arabes par son intermédiaire.
    Il établit des tables astronomiques (position des 5 planètes, du Soleil et de la Lune) basées sur l’astronomie
    hindoue et grecque. Il étudie la position et la visibilité de la Lune et ses éclipses, du Soleil et des planètes. C’est
    le premier ouvrage astronomique 100% arabe.
    Un cratère de la Lune porte son nom.
    Al-Farghani (805-880)
    Né à Ferghana dans l’actuel Ouzbékistan, il écrit en 833 les « éléments d’astronomie »,
    basés sur les connaissances grecques de Ptolémée. Il est l’un des plus remarquables
    astronomes au service de Al-Mamun, et membre de la « maison de la sagesse ».
    Il introduit des idées nouvelles, comme le fait que la précession doit affecter la position
    des planètes, pas que des étoiles. Son ouvrage sera traduit en latin au 12ème siècle, et
    aura un grand retentissement dans les milieux très fermés des astronomes d’Europe
    occidentale.
    Il détermine le diamètre de la Terre qu’il estime à 10 500 km.
    On lui doit également un ouvrage sur les cadrans solaires et un autre sur l’astrolabe.
    1 L’inconnu est le mot « gezr » (racine) ou « Shay » (chose) qui fut traduit en espagnol ancien par « xay », qui est devenu x.
    2 2-2 égal sunya en indien. Traduit en arabe par as-sifr, qui devient ziffer et zephiro. Ziffer donnera « chiffre », et zephiro,
    « zéro ». C’est le dernier de tous les chiffres arabes.
    3
    Al-Battani (850-929) dit Albatenius
    Il observe le ciel depuis la Syrie. On le surnomme parfois « le Ptolémée des arabes ».
    Ses mesures sont remarquables de précision.
    Il détermine la durée de l’année solaire, la valeur de la précession des équinoxes,
    l’inclinaison de l’écliptique.
    Il découvre que la direction de l’excentricité du Soleil est variable, sans aller jusqu’à
    interpréter ce phénomène comme une trajectoire elliptique.
    Il rédige un catalogue de 489 étoiles. On lui doit la première utilisation de la
    trigonométrie dans l’étude du ciel. C’est une méthode beaucoup plus puissante que
    celle, géométrique, de Ptolémée.
    Son oeuvre principale est « Le livre des tables ». Il est composé de 57 chapitres. Traduit en latin au 12ème siècle
    par Platon de Tivoli (en 1116), il influencera beaucoup les astronomes européens de la renaissance.
    Al-Soufi (903-986) ou Azophi
    Astronome perse, il traduit des ouvrages grecs dont l’almageste et améliore les estimations des magnitudes
    d’étoiles.
    En 964, il publie « Le livre des étoiles fixes », où il dessine des constellations.
    Il semble avoir été le premier à rapporter une observation du grand nuage de Magellan, visible au Yémen, mais
    pas à Ispahan.
    De même, on lui doit une première représentation de la galaxie d’Andromède, probablement déjà observé avant
    lui. Il la décrit comme « un petit nuage » dans la bouche de la constellation arabe du Grand Poisson.
    Son nom (Azophi) a été donné à un cratère de la Lune.
    Al-Khujandi (»940-»1000)
    Il est astronome et mathématicien perse. Il construit un observatoire à Ray, près
    de Théhéran, comportant un énorme sextant, fabriqué en 994.
    C’est le premier instrument apte à mesurer des angles plus précis que la minute
    d’angle. Il mesure avec cet instrument l’obliquité de l’écliptique, en observant les
    passages au méridien du Soleil.
    Il trouve 23° 32’ 19’’. Ptolémée trouvait 23° 51’, et les indiens, bien plus tôt, 24°. Jamais l’idée de la variation
    naturelle de cet angle ne vint aux arabes. Ils dissertèrent longtemps sur la précision des mesures, ce qui fit
    avancer leur science.
    Ibn Al-Haytam (965-1039) dit Alhazen
    Mathématicien et opticien né à Bassorah dans l’Iran actuel, il est sollicité par les autorités
    égyptiennes pour résoudre le problème des crues du Nil. Sa solution était la construction d’un
    barrage vers Assouan. Il renonça devant l’énormité de la tâche (le barrage fut construit en
    1970 !). Devant cet échec, il feignit la folie jusqu’à la mort de son patron.
    Il fait un bilan critique des thèses de Ptolémée et de ses prédécesseurs, et écrit « Doutes sur
    Ptolémée ». Il dresse un catalogue des incohérences, sans toutefois proposer de solution
    alternative.
    Parmi les incohérences qu’il relève, on peut citer la variation du diamètre apparent de la Lune
    et du Soleil, la non uniformité des mouvements prétendument circulaires, la variation de la position des planètes
    en latitude, l’organisation des sphères grecques … et, observant que la Voie Lactée n’a pas de parallaxe, il
    place cette dernière très éloignée de la Terre, en tous cas plus loin que la sphère sublunaire d’Aristote.
    Malgré ses doutes, il conserve la place centrale de la Terre dans l’univers.
    Il reprend les travaux des savants grecs, d’Euclide à Ptolémée, pour lesquels la notion de lumière est
    étroitement liée à la notion de vision : la principale question étant de savoir si l’oeil a un rôle passif dans ce
    processus ou s’il envoie une sorte de fluide pour « interroger » l’objet.
    Par ses études du mécanisme de la vision, Ibn Al-Haytham montra que les deux yeux étaient un instrument
    d’optique, et qu’ils voyaient effectivement deux images séparées. Si l’oeil envoyait ce fluide, on pourrait voir la
    4
    nuit. Il comprit que la lumière du soleil se reflétait sur les objets et ensuite entrait dans l’oeil. Mais pour lui,
    l’image se forme sur le cristallin…
    Il reprend les idées de Ptolémée sur la propagation rectiligne de la lumière, accepte les lois de réflexion sur un
    miroir, et pressent que la lumière a une vitesse finie, mais très grande.
    Il étudie la réfraction, déviation d’un rayon lumineux au passage d’un milieu à un autre, et prévoit une
    modification de la vitesse de la lumière à ce passage. Mais il ne put jamais calculer l’angle de réfraction (c’est
    Descartes qui le fit).
    Il trouve que le phénomène du crépuscule est lié à la réfraction de la lumière solaire dans l’atmosphère, dont il
    tente de mesurer la hauteur, sans y parvenir.
    Déjà connue dans l’antiquité, on lui doit une description très précise et l’utilisation à des
    fins d’expériences, de la chambre noire (caméra obscura), pièce noire qui projette une
    image sur un mur en passant par un petit trou percé sur le mur d’en face.
    Le résultat de toutes ces recherches optiques est consigné dans son « traité
    d’optique » qu’il mit 6 ans à écrire et qui fut traduit en latin en 1270.
    En mécanique, il affirme qu’un objet en mouvement continue de bouger aussi longtemps qu’aucune force ne
    l’arrête. C’est le principe d’inertie avant la lettre.
    Un astéroïde porte son nom : 59239 Alhazen.
    Al-Biruni (973-1048)
    Certainement l’un des plus grands savants de l’islam médiéval, originaire de Perse, il
    s’intéresse à l’astronomie, à la géographie, à l’histoire, à la médecine et aux mathématiques,
    bref, à la philosophie en général. Il rédigea plus de 100 ouvrages.
    Il sera aussi percepteur des impôts, et un grand voyageur, en particulier en Inde, où il étudia
    leur langue, leur religion et leur science.
    A l’âge de 17 ans, il calcule la latitude de sa ville natale de Kath (en Perse, actuellement en
    Ouzbékistan).
    A 22 ans, il a déjà écrit plusieurs ouvrages courts, dont un sur la projection des cartes.
    En astronomie, il observe les éclipses de Lune et de Soleil. Il est l’un des premiers à évaluer les erreurs sur ses
    mesures et celles de ses prédécesseurs. Il constate une différence entre la vitesse moyenne et la vitesse
    apparente d’un astre.
    Il mesure le rayon de la Terre à 6 339,6 km (le bon chiffre est 6 378 km), résultat utilisé en Europe au 16ème
    siècle.
    Lors de ses voyages, il rencontre des astronomes indiens partisans de l’héliocentrisme et de la rotation de la
    Terre sur son axe. Il sera toujours sceptique, car cette théorie implique le mouvement de la Terre. Mais il se
    posera la question : « voilà un problème difficile à résoudre et à réfuter ». Il estime que cette théorie n’entraîne
    aucun problème sur le plan mathématique.
    Il réfute l’astrologie, arguant que cette discipline est plus conjecturale qu’expérimentale.
    En mathématiques, il développe le calcul des proportions (règle de trois), démontre que le rapport de la
    circonférence d’un cercle à son diamètre est irrationnel (futur nombre pi), calcule des tables trigonométriques, et
    met au point des méthodes de triangulations géodésiques.
    Ali Ibn Ridwan (988-1061)
    Astronome et astrologue égyptien, il écrit plusieurs ouvrages astronomiques et astrologiques, dont un
    commentaire d’un autre livre de Claude Ptolémée, la « Tetrabible ».
    Il observe et commente une supernova (SN 1006), sans doute la plus brillante de
    l’histoire. On estime aujourd’hui sa magnitude, d’après les témoignages qui nous sont
    parvenus, à -7,5 ! Elle est restée visible plus d’un an. Son rémanent n’est visible qu’en
    rayons X, gamma ou radio, comme sur cette vue X de Chandra en fausses couleurs.
    5
    .......
    Dernière modification par dahmane1 ; 18/10/2014 à 23h20.
    إذا مرت الأيام و لم تروني ، فأنا بينكم فتذكروني
    و إذا غبت عنكم و طال غيابي
    فاعلموا أني بحاجة للدعاء فادعوا لي

  6. #26
    Membre F.A.M. Avatar de dahmane1
    Date d'inscription
    mai 2011
    Localisation
    http://www.youtube.com/watch?v=XdADfL8bhEU
    Messages
    8 562

    Par défaut

    ........

    Il explique que cette nouvelle étoile avait deux à trois fois le diamètre apparent de Vénus, un quart de la
    luminosité de la Lune, et qu’elle se trouvait bas sur l’horizon sud.
    D’autres observations occidentales corroborent cette description, et la place dans la constellation du Loup.
    Du 11 ème au 16 ème siècle
    Sur les bases de la première phase, des observatoires plus importants sont construits. Le premier d’entre eux,
    modèle des suivants, est celui de Marâgha, dans l’Iran actuel. Leur but est d’établir des modèles planétaires, de
    comprendre leur mouvement. Les architectes de ce premier observatoire sont Nasïr Al-Tûsî (1201-1274) et Al-
    Urdi ( ?-1266). L’école ainsi constituée aura son apogée avec Ibn Al-Shâtir (1304-1375).
    D’autres observatoires suivront, comme Samarkand au 15ème siècle, Istanbul au début du 16ème siècle, et celui
    de Tycho Brahé en occident à la fin du 16ème siècle.
    Les nouveaux modèles ne sont plus d’inspiration Ptoléméenne, mais restent géocentriques. La physique de
    l’époque refuse toujours de mettre la Terre en mouvement et de l’enlever du centre du monde.
    Ces modèles s’inspirent des épicycles grecs, en conservant les cercles, mais en les
    simplifiant.
    Par exemple, Al-Tûsî propose un système comprenant un cercle roulant à l’intérieur
    d’un autre cercle de rayon double. Ce système transforme deux mouvements
    circulaires en un mouvement rectiligne alternatif, et explique les variations de la
    latitude des planètes. En outre, il rend compte des variations des diamètres apparents
    des astres.
    Mais pour aller plus loin, il faudra changer de philosophie, ce que les arabes se sont refusés de faire. Ce
    changement interviendra avec la révolution copernicienne, à la renaissance, dans laquelle la Terre perd son
    statut de centre du monde.
    Al-Zarqali (1029-1087) dit Arzachel
    Mathématicien, astronome et géographe né à Tolède en Espagne, il discute la possibilité du mouvement de la
    Terre. Comme d’autres, ses écrits seront connus des européens du 16 et 17ème siècle.
    Il conçoit des astrolabes, et établit les « Tables de Tolède », qui furent utilisées par les grands navigateurs
    occidentaux comme Christophe Colomb, et serviront de base aux « tables alphonsines ».
    Il établit que l’excentricité du Soleil varie, plus exactement que le centre du cercle sur lequel tourne le Soleil
    s’éloigne ou se rapproche périodiquement de la Terre, en se mouvant sur un cercle, bien sûr.
    Un cratère de la Lune porte son nom, ainsi qu’un pont de Tolède sur le Tage.
    Omar Khayyam (1048-1131)
    Connu pour sa poésie, il s’intéresse aussi à l’astronomie et aux mathématiques. Il devient
    directeur de l’observatoire d’Ispahan en 1074.
    Il crée de nouvelles tables astronomiques encore plus précises, et détermine la durée de
    l’année solaire avec une grande précision, au vu des instruments utilisés. Elle est plus exacte
    que l’année grégorienne, créée 5 siècles plus tard en Europe.
    Il réforme le calendrier persan en y introduisant une année bissextile (réforme Djelaléenne).
    En mathématiques, il s’intéresse aux équations du troisième degré en démontrant qu’elles peuvent avoir
    plusieurs solutions (il en trouve certaines géométriquement).
    Il écrit plusieurs textes sur l’extraction des racines cubiques, et un traité d’algèbre.
    6
    Al-Tûsî (1201-1274)
    Astronome et mathématicien, né à Tus dans l’Iran actuel, il fit construire et dirigea l’observatoire
    de Maragha.
    Il étudie les travaux de Al-Khayyam sur les proportions, s’intéresse à la géométrie.
    Côté astronomie, il commente l’almageste et le complète, comme plusieurs astronomes (Al-
    Battani…) avant lui. Il estime l’obliquité de l’écliptique à 23°30’.
    Al-Kashi (1380-1439)
    Mathématicien et astronome perse, il assiste à une éclipse de Lune en 1406 et rédige
    plusieurs ouvrages astronomiques par la suite.
    C’est à Samarkand qu’il passe le reste de sa vie, sous la protection du prince Ulugh Beg
    (1394-1449) qui y a fondé une université. Il devient le premier directeur du nouvel
    observatoire de Samarkand.
    Ses tables astronomiques proposent des valeurs à 4 (5 selon les sources) chiffres en
    notation sexagésimale de la fonction sinus. Il donne la manière de passer d’un système
    de coordonnées à un autre.
    Son catalogue contient 1018 étoiles.
    Il améliore les tables des éclipses et de visibilité de la Lune.
    Dans son traité sur le cercle, il obtient une valeur approchée de Pi avec 9 positions exactes en notation
    sexagésimale, soit 16 décimales exactes ! Un record, puisque la prochaine amélioration de l’estimation de Pi
    date du 16ème siècle avec 20 décimales.
    Il laisse son nom à une généralisation du théorème de Pythagore aux triangles quelconques. C’est le théorème
    d’Al-Kashi.
    Il introduit les fractions décimales, et acquiert une grande renommée qui fait qu’il restera le dernier grand
    mathématicien astronome arabe, avant que l’occident ne prenne le relai.
    Ulugh Beg (1394-1449)
    Petit fils de Tamerlan, prince des Timourides (descendants de Tamerlan), il accède au trône
    en 1447. C’est un remarquable savant et un piètre politicien, charge qu’il délègue pour
    s’adonner à la science. Son professeur est Qadi-zadeh Roumi (1364-1436) qui développe
    chez lui le goût pour les mathématiques et l’astronomie.
    Il fait bâtir plusieurs écoles dont une à Samarkand en 1420 où il enseigne, et un
    observatoire en 1429.
    Il y travaille avec quelque 70 mathématiciens et astronomes (dont Al-Kashi) pour rédiger les
    « tables sultaniennes » parues en 1437 et améliorées par Ulugh Beg lui-même peu avant
    sa mort en 1449.
    La précision de ces tables restera inégalée pendant plus de 200 ans, et furent utilisées en occident.
    Elles contiennent les positions de plus de 1 000 étoiles. Leur première traduction date d’environ l’an 1500, et fut
    réalisée à Venise.
    Taqi Al-Din (1526-1585)
    Après une période où il est théologien, il devient astronome officiel du sultan à Istanbul. Il y
    construit un observatoire dont le but est de concurrencer ceux des pays européens, dont celui
    de Tycho Brahé. L’observatoire est ouvert en 1577.
    Il dresse les tables « Zij » (La perle intacte). Il est le premier à utiliser la notation à virgule,
    plutôt que les traditionnelles fractions sexagésimales en usage.
    Il observe et décrit une comète, et prévoit qu’elle est le signe de la victoire de
    l’armée ottomane. Cette vision se révèle fausse, et l’observatoire est détruit en 1580…
    Il se consacre ensuite à la mécanique, et décrit le fonctionnement d’un moteur à vapeur
    rudimentaire, invente une pompe à eau, et se passionne pour les horloges et l’optique.
    7
    La destruction de l’observatoire d’Istanbul marque la fin de l’activité astronomique arabe du moyen-âge. Il
    faudra attendre la révolution copernicienne pour voir de nouveaux progrès, et quels progrès !
    Copernic et ses successeurs se sont certainement fortement inspirés des résultats des arabes par l’entremise
    de leurs ouvrages.
    Les voyages et les contacts directs entre scientifiques de l’époque étaient rares. Les occidentaux ne
    comprenant pas l’arabe, ce sont les traductions en latin qui ont probablement influencés l’occident, avec, il faut
    le reconnaître, les ouvrages de certains philosophes grecs qui avaient remis en cause la position centrale de la
    Terre, comme Aristarque de Samos l’avait proposé vers -280.
    Les observatoires arabes
    L’observatoire moderne, dans sa conception, est un digne successeur des observatoires arabes de la fin du
    moyen-âge.
    A l’inverse de l’observatoire privé des philosophes grecs, l’observatoire islamique est une institution
    astronomique spécialisée, avec ses propres locaux, du personnel scientifique, un travail d’équipes avec
    observateurs et théoriciens, un directeur et des programmes d’études. Ils ont recours, comme aujourd’hui, à
    des instruments de plus en plus grands, afin d’améliorer constamment la précision des mesures.
    Le premier de ces observatoires est construit sous le règne d’Al-Mamoun (la maison de la sagesse) en Irak
    actuel au 9ème siècle.
    Nous avons déjà parlé de l’observatoire de Ray, proche de Théhéran, avec son monumental sextant mural en
    994. Il faut y ajouter ceux de Tolède et Cordoue en Espagne, de Bagdad, d’Ispahan.
    Les plus réputés ne furent établis qu’à partir du 13ème siècle avec Marâgha au nord de l’Iran actuel, construit en
    1259 avec les fonds prélevés pour entretenir les hôpitaux et les mosquées. Al-Tusi y travailla.
    Vint ensuite l’ère de Samarkand, construit en 1420 par Ulugh-Beg, dont les vestiges ont été
    retrouvés en 1908 par une équipe russe.
    Observatoire de Samarkand (réconstitution)
    Le plus grand sextant du monde
    Terminons ce tour d’horizon des grands observatoires arabes par celui d’Istanbul, édifié dans sa partie
    européenne en 1577 par Al-Din pour concurrencer les observatoires occidentaux.
    Observatoire d’Istanbul
    8
    Les instruments
    Notre connaissance des instruments d’astronomie arabes nous vient d’une part de collections privées et des
    musées, d’autre part des descriptions faites dans des manuscrits sauvegardés ou transmis jusqu’à aujourd’hui.
    Les musulmans ont perfectionné les instruments des grecs, chaldéens ou indiens déjà existants, en ajoutant de
    nouvelles échelles nécessaires aux prédictions religieuses comme la direction de la Mecque ou les heures des
    prières.
    Les astrolabes
    L’astrolabe est sans doute l’instrument le plus répandu dans le monde arabe de cette
    époque. Il est construit en laiton. Le plus ancien spécimen arabe date de 927.
    Au 10ème siècle, on recensait un millier d’utilisations de l’astrolabe, en astronomie bien
    sûr, mais aussi en astrologie, en navigation, en topographie, dans la mesure du temps
    ou l’établissement des multiples données religieuses.
    Un astronome nommé Ibn Yunus releva plus de 10 000 positions du Soleil pendant des
    années en se servant d’un astrolabe d’un diamètre de 1,40 m.
    Les premiers astrolabes avec engrenages sont apparus au tournant de l’an 1000. Al-
    Biruni en conçut un comportant 8 roues dentées. Ce sont les ancêtres des horloges
    astronomiques mises au point ultérieurement par les ingénieurs arabes.
    Les premiers astrolabes donnaient les positions des levers et couchers du Soleil et des étoiles fixes. Arzachel
    construisit au 11ème siècle le premier astrolabe universel ne dépendant plus de la latitude du lieu d’observation,
    utilisable partout sur Terre. Il se répandit rapidement en Europe sous le nom de « Scaphée ».
    Enfin, Al-Sijzi proposa un astrolabe héliocentrique dans lequel la Terre est mobile. C’est le « Zouraqi ».
    Les « calculateurs »
    Des « calculateurs » analogiques firent leur apparition, comme celui d’Arzachel en 1015, ainsi que les premiers
    planisphères du ciel, proposés par Al-Biruni au 11ème siècle.
    C’est ce même Al-Biruni qui inventera le calendrier luni-solaire perpétuel à engrenages.
    Gerber, vers 1000-1150, inventa le « Torquetum » (ou turquet), instrument d’observation et
    calculateur analogique. Il permettait de relever la position des astres, et de les convertir en
    coordonnées horizontales, écliptiques et équatoriales.
    Al-Kashi inventa au 15ème siècle la « Plaque des conjonctions », calculateur des dates des
    conjonctions planétaires.
    Le torquetum
    Les cadrans solaires
    Les musulmans apportèrent une importante contribution à la théorie des cadrans solaires venue de leurs
    prédécesseurs indiens et grecs. C’est Al-Kwarizmi qui rédigea les premières tables permettant leur fabrication
    et leur lecture simple.
    Ils donnaient les heures de prières lorsqu’ils étaient placés au fronton des mosquées.
    Leur gros défaut était de marquer des heures inégales, variables selon la saison. Sur le cadran, le jour était
    divisé en 12 segments égaux, ce qui impliquait des jours plus courts en hiver, et plus longs en été.
    Al-Shâtir innova en 1371 en remarquant que si le style du cadran est parallèle à l’axe des pôles, les heures sont
    égales tout au long de l’année.
    Ce concept sera exporté en occident en 1446.
    9
    Les horloges
    Les observatoires étaient équipés d’horloges astronomiques très performantes.
    Al-Djazari (1135-1206) construisit une horloge à eau monumentale, qui animait les effigies des étoiles, de la
    Lune et du Soleil.
    Al-Din inventa la première horloge à ressort et le premier carillon qui sonnait les heures fixes.
    Il inventa aussi l’« horloge d’observation », qu'il décrit comme « une horloge mécanique à trois cadrans donnant
    les heures, les minutes, et les secondes. »
    C'était la première horloge à mesurer le temps en secondes, et il l'utilisa spécifiquement pour mesurer
    l’ascension droite des étoiles. On considère que c'est l’une des plus importantes innovations d'astronomie
    pratique du 16ème siècle, dans la mesure où les horloges précédentes n'étaient pas assez précises pour
    l'astronomie. Il améliora encore cette horloge en n'utilisant plus qu'un cadran pour indiquer les heures, minutes
    et secondes. Il décrit cette horloge d’observation comme « une horloge mécanique à cadran unique affichant
    les heures, minutes et secondes où nous avons divisé chaque minute en cinq secondes ».
    Les globes
    Il ne subsiste pas d’exemple arabe de la sphère armillaire des grecs. Par contre, ils ont
    fabriqué des astrolabes sphériques, comme celui représenté ci-contre.
    Mais les globes les plus spectaculaires sont les globes célestes d’une seule pièce, sans soudure, par la
    méthode de la « cire perdue ». Ils sont l’oeuvre au 16ème siècle, des artisans Moghols, sous le règne d’Akbar-le-
    Grand.
    La fabrication de tels instruments est une prouesse et un haut fait de cette époque. Le plus ancien remonte à
    1589 et est l’oeuvre de l’orfèvre du Cachemire Ibn Luqman. Il en subsiste une vingtaine dans le monde.
    Les quadrants
    Les arabes mirent au point d’innombrables quadrants dont le spécialiste et précurseur était Al-
    Khwarizmi. Il imagina le quadrant à sinus qui servait aux calculs astronomiques, le quadrant
    horaire qui donnait l’heure par l’observation des astres à une latitude déterminée, le quadrant
    Vetus qui servait à trouver les heures des prières à toutes les latitudes.
    Quadrant inventé par Al-Khwarizmi, peint par Tycho Brahé
    Les instruments d’optique
    Al-Biruni utilisa un « tube d’observation », vide, sans optique, pour concentrer son observation sur une région
    précise.
    La première description de l’usage d’une lentille, une loupe, est due à Alhazen en 1021 dans son traité
    d’optique.
    Mais c’est Al-Din qui imagina un « appareil à voir à longue distance ». Dans son « livre de la lumière et de la
    pupille et de la vérité des images » de 1574, il écrit que « cet instrument fait apparaître des objets éloignés plus
    près qu’ils ne sont ». Il aurait écrit un autre livre, perdu aujourd’hui, dans lequel il décrirait la fabrication de cette
    lunette primitive. Il n’est nulle part précisé une quelconque utilisation vers le ciel.
    10
    Les autres instruments
    La boussole à aiguille aimantée aurait fait son apparition en 1282 dans un traité
    d’astronomie du sultan Al-Ashraf.
    L’alidade est un instrument servant à mesurer des angles.
    Le compendium était une fusion d’une alidade et d’un cadran solaire.
    Une alidade
    Et bien d’autres…
    Des étoiles
    Plusieurs noms d’étoiles, utilisés encore de nos jours, nous viennent des arabes, comme par exemple :
    · Algol : l’ogre
    · Aldébaran : le serviteur, la suivante
    · Algenib : l’aile (de Pegase), le flanc
    · Alioth : la queue grasse
    · Alnitak : la ceinture
    · Altaïr : le vautour ou l’aigle volant
    · Albireo : l’oiseau
    · Alcor : le golfe, le cheval noir, le taureau
    · Bételgeuse : l’épaule du géant
    · Dubhe : l’ours
    · Dénébola : la queue du lion
    · El Nath : le coup de corne
    · Enif : le naseau (de Pégase)
    · Caph : la main
    · Déneb : la queue
    · Formalhaut : la bouche du poisson
    · Megrez : la racine de la queue
    · Merak : le bas ventre
    · Mirfak : le coude
    · Mizar : la robe
    · Phecda : la cuisse
    · Rigel : le pied
    · Saïf : l’épée
    · Véga : le vol de l’aigle, le vautour qui s’abat
    D’autres mots du domaine de l’astronomie sont également d’origine arabe :
    Algebre : du nom de l’ouvrage de Al-Khwarizmi.
    Algorithme : déformation du nom de Al-Khwarizmi.
    Azimut et zénith ont la même racine arabe signifiant direction.
    Nadir : vient de nazir, signifiant opposé.
    Mais la plupart des mots du langage astronomique est d’origine grecque ou latine.
    En conclusion
    Les arabes sont le chaînon manquant (occidental) entre les grecs et la renaissance. Ils ont appris beaucoup
    des anciens grecs, puis ont critiqué certains de leurs acquis, les ont améliorés.
    Mais, pour des raisons religieuses, ils n’ont jamais vraiment admis que le centre du monde pouvait ne pas être
    la Terre, ce qui a limité leurs progrès.
    Copernic, Galilée et les autres, en occident, se sont à leur tour inspiré des arabes pour conduire cette révolution
    de l’esprit qu’est l’adoption du mouvement de la Terre.
    11
    إذا مرت الأيام و لم تروني ، فأنا بينكم فتذكروني
    و إذا غبت عنكم و طال غيابي
    فاعلموا أني بحاجة للدعاء فادعوا لي

  7. #27
    Membre F.A.M. Avatar de dahmane1
    Date d'inscription
    mai 2011
    Localisation
    http://www.youtube.com/watch?v=XdADfL8bhEU
    Messages
    8 562

    Par défaut Les Sciences arabes, une Histoire occultée !

    إذا مرت الأيام و لم تروني ، فأنا بينكم فتذكروني
    و إذا غبت عنكم و طال غيابي
    فاعلموا أني بحاجة للدعاء فادعوا لي

  8. #28
    Membre F.A.M. Avatar de dahmane1
    Date d'inscription
    mai 2011
    Localisation
    http://www.youtube.com/watch?v=XdADfL8bhEU
    Messages
    8 562

    Par défaut La loi des cosinus ou théorème d'al-Kashi

    En mathématiques, la loi des cosinus est un théorème de géométrie couramment utilisé en trigonométrie, qui relie dans un triangle la longueur d'un côté à celles des deux autres et au cosinus de l'angle formé par ces deux côtés. Cette loi s'exprime de façon analogue en géométrie plane, sphérique ou hyperbolique.

    En ce qui concerne la géométrie plane, elle est également connue sous les noms de théorème d'Al-Kashi, en France, ou encore théorème de Pythagore généralisé. Il généralise en effet le théorème de Pythagore aux triangles non rectangles. Bien qu'un résultat similaire (avec des longueurs seulement) était déjà connu d'Euclide, le nom francisé du mathématicien Arabe d'origine perse Ghiyath al-Kashi (1380 - 1429) apparut dans les manuels scolaires édités en France dans les années 1990, les appellations théorème de Pythagore généralisé ou loi des cosinus étant utilisées jusque-là.

    إذا مرت الأيام و لم تروني ، فأنا بينكم فتذكروني
    و إذا غبت عنكم و طال غيابي
    فاعلموا أني بحاجة للدعاء فادعوا لي

  9. #29
    Membre F.A.M. Avatar de dahmane1
    Date d'inscription
    mai 2011
    Localisation
    http://www.youtube.com/watch?v=XdADfL8bhEU
    Messages
    8 562

    Par défaut Les sciences arabes en Afrique : Mathématiques et astronomie

    Dans les bibliothèques du désert, des manuscrits traitent de thèmes
    scientifiques qui font intervenir les mathématiques et l astronomie
    sous diverses formes.
    Ce livre va nous faire découvrir leurs richesses et diversités, tout en contextualisant cette tradition scientifique née au nord de l Afrique au début du IX e siècle.

    Biographie de l'auteur

    Ahmed DJEBBAR est professeur émérite à l Université des Sciences et Technologies de Lille (France).
    Mathématicien de renom, il a en outre été ancien ministre de l Education nationale en Algérie.
    Marc MOYON, docteur en Histoire des mathématique, est maître de Conférences à l Université de
    Limoges.


    إذا مرت الأيام و لم تروني ، فأنا بينكم فتذكروني
    و إذا غبت عنكم و طال غيابي
    فاعلموا أني بحاجة للدعاء فادعوا لي

  10. #30
    Membre F.A.M. Avatar de dahmane1
    Date d'inscription
    mai 2011
    Localisation
    http://www.youtube.com/watch?v=XdADfL8bhEU
    Messages
    8 562

    Par défaut C’est un musulman qui aurait en premier découvert l’Amérique

    Ce n’est pas Christophe Colomb qui aurait découvert l’Amérique, mais un autre homme, dont le nom n’apparaîtrait à aucun endroit dans les livres d’histoire. Il s’agirait d’Abu Rhan al-Biruni, un astrologue, voyageur et physicien, nous apprend le magazine mensuel britannique History Today.

    Né en 973 dans un faubourg de Kath (actuel Ouzbékistan) Al-Bīrūnī, Afzal Muḥammad ibn Aḥmad Abū al-Reḥān, qui était à la fois un mathématicien, un astronome, un physicien, un érudit, un encyclopédiste, un philosophe, un astrologue, un voyageur, un historien ainsi qu’un pharmacologue, a énormément contribué aux domaines des mathématiques, philosophie, médecine et des sciences. Il est notamment connu pour avoir étudié la thèse de la rotation de la Terre autour de son axe et autour du Soleil.
    Cet homme de science aurait donc découvert l’Amérique, quatre siècles avant Christophe Colomb, à qui les livres d’histoires attribue habituellement la découverte du nouveau continent en 1492.

    Le magazine britannique History Today a tenté d’expliquer que ce scientifique, passé aux oubliettes, a réussi à devancer Christophe Colomb grâce à la seule puissance de ses savants calculs.


    A l’âge de 30 ans, il arrive à la conclusion que la Terre est ronde et décide donc de placer une sphère sur la nouvelle carte du monde. Ce jeune musulman s’aperçoit que le continent eurasien représente selon ses calculs, que deux cinquièmes de la surface totale du globe.

    Selon les géographes de son époque, le continent eurasiatique était entouré d’un vaste “océan mondial” ; théorie que Abu Rhan al-Biruni considère comme peu satisfaisante, avant d’en arriver à la conclusion qu’au moins deux autres continents existent sur Terre.

    En 1037, après une trentaine d’année de recherches, Al-Biruni est persuadé qu’un autre continent existe. Il n’est pas un explorateur, comme l’ont été les Vikings, qui en l’an 100 ont posé le pied en Amérique sans se rendre compte de leur découverte. Il n’a jamais quitté son laboratoire et vu de ses propres yeux les fameux territoires, dont il parle dans l’ensemble ses livres. Al-Biruni est un tout simplement un chercheur, qui, par une très habile et méticuleuse utilisation des observations et des données quantitatives, est tout de même parvenu à prouver l’existence du Nouveau monde.

    Il mérite donc à ce titre, autant que les autres, l’honneur d’être considéré comme un découvreur de l’Amérique, conclut le History Today.
    إذا مرت الأيام و لم تروني ، فأنا بينكم فتذكروني
    و إذا غبت عنكم و طال غيابي
    فاعلموا أني بحاجة للدعاء فادعوا لي

Discussions similaires

  1. une diplomée des sciences musulmanes délaisse la religion, enleve son voile en direct
    Par Sabrina dans le forum Islam : Questions et Réponses
    Réponses: 12
    Dernier message: 02/01/2012, 22h07
  2. Les nationalistes Arabes.
    Par cimode dans le forum Actualité Internationale
    Réponses: 3
    Dernier message: 04/09/2011, 18h04
  3. Ladies & Sciences:)
    Par au_gré_du_vent dans le forum Sciences
    Réponses: 12
    Dernier message: 30/06/2011, 21h10
  4. La sorcellerie et sciences occultes juifs dévoilés
    Par zimbalist dans le forum Sciences
    Réponses: 1
    Dernier message: 21/12/2010, 16h45
  5. les milliardaires Arabes
    Par Sabrina dans le forum Le Café
    Réponses: 1
    Dernier message: 26/11/2009, 22h20

Règles de messages

  • Vous ne pouvez pas créer de nouvelles discussions
  • Vous ne pouvez pas envoyer des réponses
  • Vous ne pouvez pas envoyer des pièces jointes
  • Vous ne pouvez pas modifier vos messages
  •