Enfants


Que Dieu bénisse ces jours-là
Où nous étions d’innocents enfants
Gambadant par-ci, par-là
Ne se souciant guère du temps

On jouait, se vautrait n’importe où
Dénués de toute rancune et manières
Heureux sans avoir un seul sou
Loin de toutes pensées délétères

On rentrait le soir, insouciants
Joyeux, folâtres et imprudents
Bien que fatigués, le visage souriant
Cherchant quoi mettre sous la dent

Allongés, nonchalants, on épiait
Le repas de ma mère clémente
Le soir arrivant sur la pointe des pieds
D’où émane cette quiétude qui enchante

On se jetait, le regard aimant
Sur le dos incliné de mon père
Et on s’oublie dans son giron
Devant le regard amusé de ma mère
(Réminiscences)
Essai : T.M