CLÔTURE DU FESTIVAL DU RAÏ À SIDI BEL ABBÈS

Le king et les chebs font un tabac


Ils déterrent, ainsi, leurs anciens et nouveaux répertoires. Une nuit pleine d’aveux et de complicité, les chebs, ne se sont pas démenés pour subjuguer les Belabésiens, venus en force.

La 3e édition du Festival du raï a pris fin hier soir au complexe du 24 Février de Sidi Bel Abbès par l’organisation d’une soirée non-stop animée, tour à tour, par les stars de la chanson raï, en l’occurrence, cheb Khaled, chaba Zahouania, Raïna Raï, Houari Dauphin, Mohamed Lamine, Djamel Laroussi. La soirée de clôture qui a été ponctuée par une animation artistique, à la fois exceptionnelle et spéciale a été rehaussée par la présence, jusqu’à l’aube, de Khalida Toumi, ministre de la Culture. Une heure avant le début de la soirée finale, une des rares informations à la fois, percutante et spéculatrice a fait le tour de la capitale de la Mekerra, Khaled aurait annulé sa participation au grand show. Pour cause, son ingénieur a souligné que la sonorisation ne répond pas à la stature de cheb Khaled.

L’information a, en un laps de temps, fait le tour. Les éléments de l’Office Riadh El Feth (Oref) ont confirmé les remarques qui ont été relevées par le technicien de Khaled. Aussi, dans une déclaration exclusive à notre rédaction, les techniciens de l’Oref, ont été catégoriques, Khaled pourra, aisément et sans ambiguïté, donner son show malgré les remarques qui ont été soulevées. Aussi, la participation de Khaled n’a pas été confirmée avant le déplacement des techniciens, sinon le matériel aurait été au grand complet, ont-ils ajouté. Le suspense a plané à Sidi Bel Abbès et Khaled a finalement tranché comme pour répondre de manière rigoureuse et directe aux folles rumeurs. Khaled a, ainsi, mis devant le fait accompli ses détracteurs et a stoppé net «l’intox» en ouvrant le bal de la soirée de clôture. Toujours égal à lui-même, le King n’a pas fait dans le détail. D’autant que ce dernier ne s’est pas produit à Sidi Bel Abbès depuis plus de 20 ans. Il déterre, ainsi les titres, ses anciens et nouveaux répertoires.

Une nuit pleine d’aveux et de complicité, cheb Khaled ne s’est pas trop démené pour subjuguer les Belabésiens, venus en force. En fin connaisseur des goûts de ses fans, Khaled a haussé le ton et mis de la pression sur un public exigeant. Ainsi, de bout en bout, et pendant plus d’une heure et demie, le raï de Khaled a primé et eu raison des langues qui se sont déliées quelque temps avant l’apparition du King sur la scène. Faisant ainsi une apparition triomphale, il ira droit au but. Plus de 90 minutes ont été suffisantes pour le King pour immortaliser Lilah ya Djazaïr, La Camel, Welli li, Didi, Bakhta, Aïcha,...12 chansons, anciennes et nouvelles ont été reprises.
Le public qui était en force n’a pas lésiné, un seul instant, à répondre à l’unisson. Des moments de folie ont accompagné la fin du show de Khaled, notamment du côté des spectateurs, qui étaient au nombre de 20.000 personnes, selon les organisateurs.

Alors que la prestation de Khaled tirait à sa fin, ce même public ne cessait d’exiger du King de regagner le podium. De bonheur en bonheur, les Belabésien ne s’y sont pas opposés. Emboîtant le pas à Khaled, la célèbre troupe Raïna Raï, allume davantage la scène. Cette troupe qui est renouvelée à 80% garde toujours son aura et ses oeuvres sont toujours vivantes et intactes. La tradition chez cette troupe est de faire chanter la guitare accompagnée du verbe belabésien. Lotfi Raïna Raï, a, de sa touche guitariste, dépoussiéré Ya zina, zghaïda til taïla.

Trois chansons ont été suffisantes pour que le public soit livré à la voix délectable de Houari Dauphin, qui a bercé les spectateurs dans son style sentimental. A une heure tardive, chaba Zahouania est annoncée, en grande pompe. Sa voie rauque, enchante les présents. Prêchant son éternelle revendication, la liberté, la cheikha, ou la Hadja, ou encore l’interprète de Werri li werrak tergoud, qui veut dire «montre moi où tu as créché» la chaba met la pression, enflamme les présents en interprétant Ana Hbibi nebghih, Oran-Marseille, et en fin Manetzawaztchi, «je ne me marie pas». Après les moments d’extase, l’heure de devoir quitter l’estrade est arrivée. Zahouania s’est dirigée vers ses fans, ces derniers continuant de la revendiquer. Ainsi, la Hadja a été obligée de revenir réconforter et consoler, face-à-face, ses admirateurs. Ce furent des moments de retrouvailles. Alors que les jeunes et familles qui ne cessaient d’afficher leur «amour» à la Hadja, larmes aux yeux, cette dernière a laissé libre cours à ses sentiments.

De nouveauté en nouveauté, le plateau offert, a été varié. En effet, après que la raison eut gain de cause des exigences du public, Laroussi, venu spécialement d’Allemagne, ancre, davantage son gnawi et son style avec des touches algériennes modernisées. Il est 3h du matin, Mohamed Lamine, n’a pas dissimulé son inquiétude, le trac le tient. A cela s’ajoute la crainte d’être boudé qui a taraudé son esprit. La pression était à son maximum.
En fin savoureux des musiques algériennes, les Belabésiens ont répondu par leur présence, Mohamed Lamine a été aussitôt adopté. Et il a eu son mot en rentrant illico dans le bain.

De notre envoyé spécial Aït Ouakli WAHIB - L'Expression