Interdiction d'importation des médicaments produits en Algérie

200 millions d'euros d'économies en quatre mois

L'interdiction d'importation des médicaments produits localement, décidée il y a à peine quatre mois par le gouvernement, commence à porter ses fruits.

Ce sont, en effet, pas moins de 200 millions d'euros d'économie faite par l'Etat grâce à cette mesure.

Cette information émane du ministre de la Santé, Said Barkat, lors de sa visite, hier, à l'hôpital Mustapha-Pacha.

L'occasion pour ce dernier, de revenir sur cette mesure qui, non seulement permet de mettre un terme à l'anarchie qui caractérise le marché du médicament et à encourager la production nationale, mais aussi à réduire les dépenses phénoménales de la sécurité sociale qui menacent même de compromettre son avenir.

Pour Said Barkat, les hôpitaux, notamment les médecins jouent un rôle très importants dans les dépenses de la Cnas.

C'est, d'ailleurs, la raison de sa présence, hier, à cet établissement hospitalier, pour encourager et sensibiliser les médecins, à prescrire à terme au moins 50% de médicaments génériques.

Selon le ministre de la Santé, la production nationale de médicaments permet de couvrir 30% des besoins du pays, tandis que les 70% restant sont fournis par le biais des importations, pour un montant annuel de 2 milliards de dollars.

"Nous voulons réduire la facture d'importation, promouvoir la production locale, créer des emplois et assurer un transfert de technologie pour certains produits spécifiques" a déclaré Barkat.

Aussi, l'Algérie s'attache à promouvoir l'industrie pharmaceutique.

S'appuyant sur le processus de réforme actuellement en cours, le gouvernement s'applique à améliorer la qualité des services de santé et à promouvoir le secteur pharmaceutique national afin de réduire la dépendance du pays en produits importés.

D'autant plus que les dépenses de la Cnas ont triplé depuis 2001 (de 23 milliards de dinars, elles sont passées à 70 milliards). 50 millions d'ordonnances médicales ont été remboursées en 2007, ce qui représente 64,56 milliards de dinars.

La facture sera donc plus lourde pour l'exercice en cours, tenant compte du volume des remboursements durant le 1er semestre 2008 (39,55 milliards de dinars).

C'est dans ce contexte que le gouvernement a élargi la liste des médicaments soumis au tarif référentiel afin de généraliser l'utilisation des médicaments génériques.

Malgré toutes ces mesures la facture des importations des médicaments demeure en hausse.

Celle-ci s'est chiffrée à 1,85 milliard de dollars en 2008, contre 1,44 milliard de dollars en 2007, en hausse de 27,86%, selon les chiffres du Centre national de l'informatique et des statistiques (Cnis) relevant des Douanes nationales.

Les quantités de médicaments importées ont été évaluées à presque 58.000 tonnes en 2008, contre 29.262 tonnes en 2007.

Les médicaments ont représenté 28,87 % des importations du groupe "biens de consommation non alimentaires" en 2008, contre 27,7% en 2007, selon la même source.

Adnane Cherih

http://www.lemaghrebdz.com/lire.php?id=15969