Aids va distribuer 45 000 préservatifs à la jeunesse constantinoise

Les ulémas contre l'opération

L’association des ulémas musulmans algériens souligne que distribuer des préservatifs aux jeunes gens et aux jeunes filles est une manière directe d’inciter «notre jeunesse à la fornication (ezzina, en arabe, NDLR)».

«Nous condamnons fermement cette pratique qui tend à se généraliser ces dernières années dans notre chère Algérie.

Les associations derrière cette action et qui prétendent lutter contre le sida ne font qu’encourager en fait l’acte sexuel chez nos enfants», a déclaré le professeur Aït Salem Benyounès, vice-président de l’Association des ulémas musulmans algériens.

L’intervention de l’adjoint de cheikh Abderrahmane Chibane, contacté hier par le Jeune Indépendant, a été faite à la veille d’une rencontre d’«information et de sensibilisation» des jeunes sur le sida que compte organiser Aids à Constantine. Cette ONG algérienne, appuyée par l’Union européenne et l’organisation onusienne Onusida, se propose de distribuer 45 000 préservatifs aux jeunes Constantinois.

«L’Algérie n’est pas l’Occident, où de telles pratiques sont permises et ne choquent presque plus personne. Dieu nous a gratifié de la religion islamique qui reste éternellement le meilleur rempart contre les maladies, y compris le sida», ajoute le professeur Aït Salem. Et d’ajouter : «Le sida est une maladie dangereuse.

C’est bien de prévenir et de sensibiliser mais offrir un préservatif à un adolescent et à une jeune fille c’est, immanquablement, dire à ces jeunes gens : «Allez faire ce que Dieu n’a pas permis !»

Aids organise sa campagne à partir du 17 avril, soit le lendemain de Yom El-Ilm, et ce dans la ville même qui a vu naître l’illustre savant et réformiste Abdelhamid Benbadis.

Signalons que l’association Aids, qui active depuis plus de dix ans dans la «lutte contre le sida», organise chaque été une opération intitulée «Plages d’Algérie», à l’exemple de l’été 2008 où pas moins de 60 000 préservatifs avaient été distribués.

Perçue comme une «agression contre les valeurs du peuple algérien», cette opération a été vivement condamnée par la société algérienne.

En effet, des voix se sont élevées contre ce qui est qualifié de pratique inconnue dans les coutumes du pays.

«On n’a plus l’impression d’être en Algérie», avait-on commenté.

L’opération «Eté 2008» a été soutenue par Onusida et l’ambassade des Pays-Bas à Alger.

Djamel Zerrouk
http://www.jeune-independant.net/pages/Actualite4.htm