A Dakar, la mise en place de l'éclairage public, projet co-financé par la France, a dopé l'activité économique de la ville. Personne ne s'attendait à un tel retour sur investissement.

Lorsque Pape Diop, l'ancien maire de Dakar, demande à l'Agence Française de Développement (AFD), chargée de financer et accompagner des projets de développement dans les pays du Sud, un important prêt pour la ville, les responsables locaux de l'agence ont été pour le moins surpris et sceptiques.

La priorité du maire: la modernisation et l'extension de l'éclairage public.

Au premier abord, pour l'AFD, l'éclairage semblait être une dépense de pays riche.

Les économistes de l'agence qui veillent à allouer l'argent du contribuable français dans des projets de développement efficaces, penchaient plutôt pour des travaux d'assainissement des eaux, de modernisation du réseau d'électricité ou encore de modernisation du système des soins mais certainement pas à l'éclairage public.

Retour sur investissement

Mais la réalité des besoins des pays en développement réserve bien des surprises.

"Après nos enquêtes et nos calculs de rentabilité économique, nous avons réalisé qu'il s'agissait d'une excellente dépense, sans doute la plus productive pour la ville", rapporte Jean-Michel Severino, directeur général de l'AFD, lors de la présentation du bilan 2008 de l'Agence.

Les dakarois qui ont élu en partie leur ancien maire sur cet engagement de campagne, sont ravis par le nouvel éclairage public fonctionnant à l'énergie solaire.

"A Dakar, où la journée se partage entre 12h de jour et 12h de nuit, la plupart des habitants devaient s'éclairer à la lampe à pétrole.

Avec l'arrivée de l'éclairage public dans les quartiers, les artisans et les commerçants ont installé leurs étales sous les luminaires, les enfants ont pu faire leurs devoirs, et la criminalité a fortement baissé", rapporte le directeur de l'Agence.

Conclusion: les recettes fiscales de la ville ont été dopées tout comme l'activité économique. Personne ne s'attendait à un tel retour sur investissement.

Aide Publique au Développement

Dans sa nouvelle stratégie, l'agence compte notamment accroître ce type d'aide directe aux collectivités locales afin de responsabiliser les acteurs locaux de la municipalité.

L'AFD qui gère en partie l'aide publique au développement de la France a vu ses engagements portés à "un niveau historique" de 4,5 milliards d'euros en 2008, en hausse de 25%. 2009 devrait connaître une hausse similaire.

Le gouvernement français s’est engagé à hisser l’Aide publique au développement (APD) à hauteur de 0,51% du revenu national brut en 2010, étape vers l’objectif de 0,7% en 2015. En 2008, l’aide française s’élève à 11 milliards de dollars soit 0,39% du PNB selon l'OCDE.

Thibaud Vadjoux

http://www.e24.fr/economie/article90...-de-Dakar.html