Le phénomène prend de plus en plus d’ampleur
Alger malade de ses mendiants

Par Radia Hamouche

Tu les vois défiler partout dans les rues d’Alger et surtout à l’entrée des marchés ou dans des arrêts de bus.

Ils sont de tout âge et des deux sexes, tendant la main à la recherche d’une pièce de monnaie.

Ils sont généralement toujours dans les mêmes endroits sous les passerelles, sur les trottoirs, à travers les différentes ruelles et banlieues de la capitale.

Comme le fameux vieux qui jouent un double personnage, le premier sous une passerelle au carrefour du Chevalley, et le second à proximité de la station de bus de Tafourah, absolument méconnaissable sous un look différent, accroupi devant une ordonnance médicale sur laquelle se trouvent quelques pièces de monnaies.

Pas loin de ce dernier, une jeune fille âgée d’une vingtaine d’années, portant un pyjama noir en laine, et des claquettes, assisse par terre, tenant un bébé dans les bras et suppliant les passants de lui donner une pièce pour acheter un sachet de lait.

A sa droite, un sac contenant des sachets de lait et du pain, une sorte de réserve. On s’approchant d’elle afin de connaître la cause qui l’a poussée à tendre la main, elle nous a répondu :

« Mon mari m’a chassée de la maison, et n’ayant ni parents, ni papiers personnels, ni diplôme ni où aller, je vis dans la rue depuis plus de trois mois. Je change de place chaque jour, et le soir je le passe dans les cages d’escaliers des immeubles.

Elle n’a pas dix ans, elle porte un foulard sur la tète, dès qu’elle voit le feu rouge s’allumer, elle se précipite vers les voitures et tend sa petite main, elle court dune voiture à une autre et dès que le feu vert s’allume, elle se dirige vers le trottoir, retire l’argent de sa poche et commence à le compter.

« Mon père est mort et ma mère est gravement malade. Je dois faire cela pour la nourrir », nous a-t-elle expliqué.

Ils sont de plus en plus nombreux et leurs endroits préférés sont les marchés et les mosquées.

La journée, on les trouve généralement devant l’accès des marchés ou à l’intérieur en train de harceler les citoyens, jusqu’à ce qu’ils obtiennent un peu de viande, de fruits où de légumes.

Alors que d’autres n’acceptent que de l’argent.

Les week-ends, on les trouve également devant les portes des cimetières à harceler ceux qui viennent rendre visite à leur défunt.

Certes, beaucoup de familles n’arrivent plus à faire face à la cherté de la vie.

C’est le cas d’un bon nombre d’entre eux qui n’ont ni revenu ni domicile, parfois vivante d’une pension de retraite très maigre ou d’un salaire insuffisant.

Mais le phénomène de la mendicité s’est tellement propagé qu’aujourd’hui il faut carrément mettre fin à ces pratiques devenues courantes dans les rue d’Alger, car la plupart le font par vice et non par nécessité.

R.H.

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