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Discussion: Le coins des interviews

  1. #1
    Membre F.A.M.
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    Par défaut Le coins des interviews

    Philippe de Villiers : « Pour Sarkozy, l’islamisation de l’Europe est inéluctable »


    Alors que la campagne des européennes, particulièrement atone, cherche toujours ses thèmes, Philippe de Villiers pousse un coup de gueule sur la Turquie.

    Pour lui, les élites politiques connaissent bien le phénomène de l’affaiblissement démographique européen et de « l’inéluctable » progression des populations musulmanes sur le continent.

    Propos recueillis par Jean-Claude Bésida.

    Pourquoi êtes-vous autant focalisé sur le thème de la Turquie et de l’islamisation ?

    Tout simplement parce que nous verrons les premières transformations d’églises en mosquées dans les trois ans qui viennent. En tout cas, c’est ce que m’a dit Nicolas Sarkozy.

    Quand ?

    J’ai eu une discussion de fond avec lui à l’Elysée à la fin de l’année dernière ; il m’a dit : « Toi tu as les intuitions, moi j’ai les chiffres. Et tes intuitions sont confirmées par mes chiffres. L’islamisation de l’Europe est inéluctable. » Attention : c’est un processus qui ne se fera pas instantanément, mais qui prendra quelques décennies.

    Pourquoi cette question vous paraît-elle centrale ?

    La plupart des hommes politiques ont une douce ignorance de ce qu’est l’islam et se proposent de transformer l’Europe en supermarché des religions concurrentes.

    Sans prendre conscience que l’islam n’est pas seulement une religion, mais que, confondant le temporel et le spirituel, il impose un droit.

    Mais derrière cette douce ignorance des hommes politiques, il y a ceux qui savent.

    Et ceux qui savent ont rédigé le livre vert paru en 2000, qui est un outil stratégique de la Commission de Bruxelles. Il fait le constat suivant : dans les années qui viennent se prépare un effondrement démographique qui porte sur des dizaines de millions de bras manquants.

    Pour y faire face, l’Union européenne propose un apport de peuplement nouveau – c’est dit en toutes lettres. La réalité c’est que nous allons vers un chassé-croisé avec, d’un côté en Europe l’avortement de masse et la promotion du mariage homosexuel et, de l’autre, l’immigration de masse qu’on appelle maintenant l’immigration choisie et qui ajoute à l’absurdité du déracinement un élément moralement scandaleux qui consiste à piller les élites des pays pauvres.

    Vous n’exagérez pas les dimensions du phénomène ?

    Non. Le fond de la question est simple :

    l’Europe refuse son propre avenir démographique. Pour cela, elle a une arme redoutable, présente dans la charte des droits fondamentaux annexée au Traité de Lisbonne :

    la promotion du mariage homosexuel. Ce qui se fait par le principe de non-discrimination et la dissociation du mariage et du sexe des époux (qui figure dans l’article 7 de la Charte des droits fondamentaux).

    En réalité, il y a deux armes utilisées par les dirigeants européens pour tuer l’Europe démographiquement :

    la promotion du mariage homosexuel et l’avortement de masse.

    Et une troisième : le recours à une immigration à 80% islamique pour remplacer le peuplement manquant.

    Enfin, la Turquie va entrer dans l’Europe :

    la France dit qu’elle n’y est pas favorable mais il n’empêche.

    Nous étions à deux chapitres (sur les trente-cinq que compte le processus d’adhésion) il y a deux ans, à dix actuellement et à douze juste après les élections européennes.

    C’est sous la présidence française que les deux chapitres les plus importants ont été ouverts.

    On est en train de tromper les Français en leur expliquant que l’UMP est hostile à l’entrée de la Turquie.

    En réalité, l’UMP accélère le processus.

    On voit bien qu’il y a un double langage.

    D’un côté, on vous dit à titre privé « je suis contre l’entrée de la Turquie », de l’autre, la négociation continue sur l’adhésion, et pas sur le partenariat privilégié.

    famillechretienne.fr

  2. #2
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    Par défaut Cohen Bendit et Francois Bayrou s'insultent

    Clash entre Daniel Cohn Bendit François Bayrou EU09

    http://www.youtube.com/watch?v=Q6sZe...layer_embedded

  3. #3
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    Par défaut Azize KABOUCHE - TV au Canada


  4. #4
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    Meddeb contre Ramadan.

    A relever que Ramadan est plus convaincant que Meddeb...un comble!!

    http://www.dailymotion.com/related/7...madan_politics

  5. #5
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    Oui,j'ai vu le debat en 6 partie,Ramadan est plus a l'aise,plus raisonnable,que Meddeb,qui se la joue francais "laique" mais qui est inconsistant a travers ses arguments,surtout sa meconnaissance de l'Islam.

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    Citation Envoyé par kifaya Voir le message
    Meddeb contre Ramadan.

    A relever que Ramadan est plus convaincant que Meddeb...un comble!!

    http://www.dailymotion.com/related/7...madan_politics

  6. #6
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    Citation Envoyé par kredence Voir le message
    Oui,j'ai vu le debat en 6 partie,Ramadan est plus a l'aise,plus raisonnable,que Meddeb,qui se la joue francais "laique" mais qui est inconsistant a travers ses arguments,surtout sa meconnaissance de l'Islam.

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    Effectivement. Toutefois, il faut faire attention à Ramadan car c'est un brillant orateur et il sait soigner sa dialectique en public.

    Quant à Meddeb, encensé par la presse occidentale, il est simplement décevant lors de ce débat. Ne serait-ce qu'un préconisant être admiratif envers les USA, il ne craint pas le ridicule. Voilà une nation totalement paranoïaque qui a participé à presque toutes les guerres et renversement de gouvernements élus démocratiquement (le Chili d'Allende par exemple) et reçoit les éloges d'un philosophe (Meddeb), cela est pour le moins contradictoire!

  7. #7
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    Par défaut Air Algérie n’a pas les moyens d’être partout dans le monde

    Air Algérie n’a pas les moyens d’être partout dans le monde

    Abdelwahid Bouabdallah, P-DG d’Air Algérie : «Maintenir deux compagnies aériennes publiques de petite taille est une mauvaise solution»

    Le programme de filialisation des services d’Air Algérie connaît un ralentissement. Quelles en sont les raisons ? Existe-il un plan de restructuration ?

    Le projet de filialisation que j’ai découvert à mon arrivée à la tête de la compagnie ne m’a pas paru fondé sur une stratégie claire pour le développement de nos activités. Les réflexions que nous avons menées depuis nous ont permis d’avancer des propositions de restructuration qu devaient assurer plus solidement la compétitivité de nos différentes activités. Nous allons, ainsi, filialiser les activités fret et catering en nous associant avec des partenaires internationaux, leaders dans leurs métiers. Nous allons, aussi, autonomiser les activités maintenance et handling pour les transformer en centres de profit de façon à rentabiliser les infrastructures disponibles. Ce programme devrait être lancé dès la fin de l’année en cours.

    L’ouverture du ciel algérien est programmée pour cette année. Quelle stratégie Air Algérie compte-t-elle adopter pour faire face à une concurrence qui s’annonce rude ?

    En réalité, sur cette question d’ouverture du ciel algérien, il faut distinguer deux choses. S’agissant du marché international, le ciel algérien a toujours été ouvert et la compétition a toujours été la règle, dans la limite des accords intergouvernementaux qui décident de l’entrée sur le marché des compagnies qui desservent les pays concernés. A ce qu’on appelle aujourd’hui les accords Open Sky, il s’agit tout simplement d’une ouverture plus large du marché international à un plus grand nombre de compagnies. Concernant Air Algérie, nous avons toujours été en concurrence avec les compagnies étrangères qui desservent l’Algérie. Dans la situation actuelle, nous ne pensons pas que beaucoup d’autres compagnies aériennes vont venir en masse sur ce marché. Du moins pas dans l’avenir proche. En revanche, lorsque le tourisme vers l’Algérie aura décollé, il est probable que cela incite d’autres compagnie à venir prendre des parts du marché.

    S’agissant du marché domestique, vous savez sûrement que la politique nationale de soutien des tarifs ne permet pas d’opérer les lignes intérieurs de façon rentable. Et je ne pense pas que demain le gouvernement soit prêt à compenser les pertes de compagnies privées pour opérer sur le marché intérieur, comme il fait aujourd’hui avec Air Algérie.

    Comme vous le voyez, sur l’international, Air Algérie a toujours été en compétition avec les compagnies étrangères. Elle continuera à faire des efforts pour augmenter ses parts de marché. Et pour cela, il n’y a pas de secret : il faut améliorer sans cesse notre rentabilité, augmenter notre qualité de service et être plus agressifs en termes de marketing et d’utilisation des nouvelles technologies. C’est là le sens des efforts sur lesquels j’axe mes principales actions à la tête de la compagnie.

    A ce propos, vous avez dénoncé les mauvais choix stratégiques de Tassili Airlines depuis sa création et suggérer l’intégration de cette dernière au sein du pavillon national. Acheminons-nous vers la récupération de cette entité dans le giron d’Air Algérie ?

    Je vous remercie de m’interroger sur ce sujet car les propos que l’on m’a attribués concernant ce que j’ai pu dire à propos de Tassili Airlines ont été gravement déformés. Vous me donnez donc l’occasion de rectifier les choses à travers La Nouvelle République. En premier lieu, je veux affirmer avec force que je n’ai jamais voulu attaquer le management de Tassili Airlines. Du reste, je connais bien l’actuel P-DG de Tassili Airlines. Comme je connais ses compétences de gestionnaire expérimenté et talentueux.

    Mon propos visait le fait qu’un pays comme l’Algérie n’a pas les moyens de se payer deux compagnies aériennes publiques. Déjà dans des pays nettement plus développés économiquement, la tendance est nette vers la concentration des opérateurs publics. On l’a vu, en Angleterre, la fusion de la BOAC et de la BEA rejointes par la suite par British Caledonian, pour former aujourd’hui British Airways.

    On a, aussi, le cas de la France qui a d’abord vu fusionner Air France et Air Inter rejointes par la suite par la Poste Aérienne pour créer le groupe Air France. Cela résulte d’une logique économique simple : pour être rentable, il faut être gros. Il faut, en effet, mieux rentabiliser les infrastructures fixes pour pouvoir être compétitif. C’est pour cela que dans la situation actuelle dans notre pays, j’ai pu parler de gaspillage de moyens et non pas de «dilapidation des deniers publics» comme certains journalistes l’ont malencontreusement rapporté.

    Ceux parmi vos lecteurs qui s’intéressent au transport aérien devraient savoir qu’aussi bien Tassili Airlines qu’Air Algérie sont des naines comparées à la plupart des compagnies aériennes présentes dans notre zone géographique. Si nous voulons - et nous devons - améliorer chacun notre compétitivité, nous devons augmenter notre périmètre. Dès lors, pour notre actionnaire commun - l’Etat algérien - il devient évident que maintenir dans son portefeuille deux compagnies aériennes de petite taille est la plus mauvaise des solutions.

    Au contraire, les regrouper au sein d’une même entité présente des avantages évidents et immédiats : meilleure rentabilité des infrastructures au sol (maintenance, handling…) accroissement du pouvoir de négociation auprès des fournisseurs dans l’acquisition de nouveaux appareils, rationalisation de la flotte, etc. Je suis sûr que les pouvoirs publics sont sensibles à la question et qu’ils pourront, le moment venu, prendre les décisions utiles aussi bien pour Tassili Airlines que pour Air Algérie, pour nos clients et pour l’économie algérienne en général.

    Tassili Airlines s’est développée sur les bases de l’ex-Direction du travail aérien d’Air Algérie (DTA). Air Algérie compte-t-elle relancer cette activité d’autant que le marché est demandeur de tels services ?

    Comme cette activité a échappé à Air Algérie pendant plusieurs années, la compagnie n’a pas d’évaluation précise de ce marché particulier. Ce n’est donc qu’après une appréciation suffisante des potentialités du marché des services aériens et de l’évolution de la compétition qui existe déjà qu’Air Algérie pourra élaborer une stratégie pour développer cette activité.

  8. #8
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    Par défaut 2eme et derniere partie

    Air Algérie a toujours inclus dans sa stratégie de faire de l’aéroport international Houari-Boumediene un hub régional. Où en est-on ?

    La mise en place de hubs est une tendance naturelle dans le transport aérien aujourd’hui. Ses avantages sont évidents. Pour Air Algérie qui pourra réduire considérablement ses coûts en concentrant à Alger une grande partie de ses vols internationaux, pour les clients qui auront plus de possibilités de vols vers les destinations internationales, pour les services aéroportuaires et aéronautiques qui n’auront pas à disperser leurs moyens techniques et humains sur un grand nombre d’aéroports.

    Toutefois, la décision d’ériger l’aéroport Houari-Boumediene en hub n’incombe pas seulement à Air Algérie. Cela suppose, en effet, qu’on assure une efficacité et une fluidité acceptable dans les diverses facilités au sol : contrôles douanes et sécurité, salles de transit, hôtels à proximité et, par-dessus tout, des liaisons rapides et sûres entre l’aéroport et la ville d’Alger. Vous comprendrez, ainsi, que l’intervention des pouvoirs publics est essentielle pour que l’aéroport Houari-Boumediene puisse être érigé en véritable hub.

    Air Algérie multiple les nouvelles dessertes et paraît vouloir s’étendre à toutes les parties du monde. Quels sont les objectifs que la compagnie compte atteindre à long terme ?

    Rassurez-vous, Air Algérie n’a ni la volonté ni les moyens d’aller partout dans le monde! Comparé à la plupart des compagnies nationales, nous avons le réseau long courrier le moins étendu. Pour l’instant, nous n’avons que la liaison Alger-Montréal, ouverte en 2007, et celle d’Alger-Pékin que nous avons inaugurée au mois de février dernier. Ces deux liaisons fonctionnent aujourd’hui selon nos prévisions, ce qui justifie les évaluations de rentabilité que nous avions faites avant de les lancer. Et ce sera toujours le cas pour l’ouverture de nouvelles lignes : nous le ferons que si nous estimons avoir des possibilités réelles de les opérer dans des conditions économiques suffisantes. A cet égard, nous comptons ouvrir d’ici 2010 la liaison Alger-New York et par la suite Alger-Shanghai.

    Certaines compagnies étrangères pratiquent des baisses de tarifs sur certaines destinations à forte affluence. Cela obéit-il aux lois sur la concurrence en vigueur dans notre pays ?

    Je le rappelais à l’instant en abordant l’international : c’est la loi du marché libre qui régit les tarifs. Du reste, Air Algérie, aussi, offre régulièrement des tarifs avantageux sur certaines destinations et pendant des périodes particulières de l’année. Et les offres d’Air Algérie sont souvent très compétitives par r apport à ce que donnent les compagnies étrangères auxquelles vous faites allusion. Par exemple, nous venons de décider de tarifs et autres avantages extrêmement intéressants au bénéfice des Algériens émigrés qui empruntent nos lignes internationales.

    Pensez-vous que la mise en place d’une autorité de régulation est nécessaires, à l’instar du secteur des télécommunications entre autres, pour garantir un environnement économique sain et éviter des pratiques anticoncurrentielles comme le dumping?

    Dans la plupart des pays, cette autorité existe depuis pratiquement le début du transport aérien commercial. En Algérie, c’est la Direction générale de l’aviation civile au niveau du ministère des Transports, la DGAC, aux Etats-Unis d’Amérique, c’est la FAA. Ce sont ces institutions qui sont chargées de réguler le marché des transports aériens ainsi que sa sécurité ; ce sont elles qui négocient et concluent les accords aériens intergouvernementaux que j’évoquais tout à l’heure. Il est donc inutile de créer d’autres organes pour cela.

    Air Algérie a annoncé une prise de participation dans des compagnies aériennes africaines. Cela signifie-t-il que la compagnie aspire à devenir un pôle régional majeur dans le domaine du transport aérien et de l’aéronautique ?

    Alors que, dans les années 1970, Air Algérie était fortement présente dans les pays de l’Afrique de l’Ouest, sa place, aujourd’hui, sur ce marché s’est beaucoup réduite. Pour diverses raisons, nous avons abandonné ce marché à d’autres compagnies, comme Royal Air Maroc, par exemple. Or, autant l’histoire de la compagnie que la situation géostratégique de l’Algérie devaient au contraire nous inciter à avoir une vraie politique de développement du marché d’Air Algérie dans le continent africain. Pour cela, plusieurs stratégies peuvent être considérées, parmi lesquelles, la prise de participation dans des compagnies africaines existantes. Air Algérie reste donc très attentive aux possibilités qui peuvent s’offrir sur ce marché en termes d’alliances diverses avec les compagnies locales.

    Par Mohamed-Cherif Drifi, la nouvelle republique

  9. #9
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    Par défaut «Hakim Traidia: "Les croyances fondamentalistes envahissent le monde"

    Hakim Traïdia, humoriste algérien établi aux Pays-Bas

    «Les croyances fondamentalistes envahissent le monde»

    Rencontré à la veille des élections européennes, l'humoriste algérien installé en Hollande, Hakim Traïdia a bien voulu aborder, pour nos lecteurs, cette question sensible et d'actualité qu'est la montée de l'extrême droite aux Pays-Bas.

    Cette figure médiatique d'origine maghrébine nous raconte ici notamment sa rencontre avec le leader populiste néerlandais, Geert de Wilders .

    Le Temps d'Algérie : Vous effectuez actuellement un reportage sur l'islam et la réconciliation en Algérie pour le compte d'une télé néerlandaise. Est-ce la montée en puissance du populisme en Hollande qui est à la base de votre travail ?

    Hakim Traïdia : non, pas du tout ! Je dois dire que je fais ce reportage d'abord dans le cadre d'une série pour une télévision communautaire et multiculturelle néerlandaise.

    J'ai déjà eu, ainsi, à mener le même travail au Surinam, (une ancienne colonie néerlandaise en Amérique du Sud. ndlr) où j'avais rencontré notamment des musulmans d'origine indienne. L'escale d'Alger sera retranscrite et diffusée prochainement dans un documentaire d'une durée de 17 minutes…

    Ce ne serait pas, par hasard, une réponse à Fitna, le film de propagande et pamphlet anti- islam de Geert de Wilders ?

    En partie seulement. Puisque dans mon reportage, interviennent d'éminents professeurs d'universités, des élus, des imams, des intellectuels pour qui, la plupart, le mot islam signifie d'abord et avant tout, «paix». Indirectement, mes interlocuteurs portent en effet l'estocade à de Wilders puisqu'ils démontrent, tous et chacun à sa manière, que l'islamophobie n'est qu'une agression fondée sur l'incapacité à comprendre l'autre et sur l'échec à accepter la différence.

    Il ne s'agissait pas pour moi de donner, outre mesure, du crédit aux élucubrations de Wilders.

    D'ailleurs, tous les pays musulmans ont superbement ignoré son court métrage diffusé uniquement sur le site de son parti et sur Youtube.

    Le contenu grossier de ce film sur l'islam n'aura suscité qu'indifférence dans le monde musulman.

    Il semblerait que les appels à la raison du gouvernement néerlandais aient été entendus.

    Vous êtes souvent présenté comme un exemple de l'intégration «à la néerlandaise». Avez-vous été interpellé à ce sujet ?

    Oui, bien sûr ! A sa sortie, on me demandait souvent : «Hakim, t'as vu le film ?». Je répondais laconiquement : «Non, j'ai lu le livre, il est plus intéressant !» en faisant allusion au Coran pour lequel De Wilders exige l'interdiction.

    Avez-vous déjà rencontré personnellement Geert de Wilders ?

    Oui, tout à fait !

    Parlez-nous-en, s'il vous plaît.

    J'animais, il y a deux ans, pour le compte d'une rubrique culturelle d'une télé une série d'émissions où l'on faisait essentiellement des portraits de personnalités néerlandaises.

    Mon rôle consistait à mettre un zeste de fantaisie et un grain d'humour dans cette émission de divertissement très suivie en Hollande.

    Lors d'une campagne électorale locale, nous avions sollicité pour un entretien Geert de Wilders.

    La production avait pris attache, à cet effet, avec son porte parole dont la réponse négative fut plutôt cinglante. Jugez-en : «Ah oui, Hakim Traïdia ?

    C'est le clown de la télé multiculturelle. Non, désolé, on n'en veut pas !».

    Quelque temps après, nous étions en tournage à Groningen au nord de la Hollande à côté de la frontière allemande.

    Et là nous avons croisé de Wilders, en personne. Il est grand de taille et il a les cheveux peroxydés, c'est-à-dire plus blonds que blonds.

    En homme politique avisé, il semblait vouloir flirter avec la caméra.

    C'est pourquoi nous l'avons abordé sans ambages : «Bonjour, Monsieur de Wilders. Si vous permettez, nous avons une question à vous poser :

    "Avez-vous quelque chose contre les clowns ?".»

    «Non» a-t-il répondu un peu surpris. Je lui alors asséné : «Moi si ! Je suis contre les clowns quand ils font de la politique !»

    Il se fendit d'un rire gras en me déclarant : «Rassurez-vous, je vous respecte !».

    Je lui ai répondu, «Oui, c'est réciproque : je me respecte moi-même». (rires)

    Concernant les propos de son «porte-parole», il les démentira aussi sec :

    «Ce ne sont pas mes paroles !».

    Il faut savoir, par ailleurs, que son parti, le PVV n'est pas un parti politique comme les autres car on ne peut pas en devenir membre sans son accord personnel.

    Je lui ai alors demandé si je pouvais, moi, en tant qu'étranger d'origine musulmane adhérer à son parti.

    Il m'a répondu tout de go : «Oui, bien sûr !» avant de me présenter un alibi qu'il avait sous la main :

    une jolie Chinoise, une militante de son parti qui tente alors de m'expliquer vainement le bien fondé des thèses de son parti que je trouve foncièrement racistes et résolument islamophobes.


    A en croire, la forte médiatisation de de Wilders, on a l'impression que la Hollande n'est plus le havre de paix et de tolérance qu'on connaissait jadis. Quel est votre sentiment à ce sujet ?

    Non, la Hollande n'est pas la France ! Mais, cela dit, il est indéniable que les musulmans connaissent aux Pays-Bas aussi différents niveaux de discrimination sur les plans de l'emploi, de l'éducation et du logement, et qu'ils sont victimes, eux aussi, de clichés et de préjugés négatifs et réducteurs.

    Et s'il n'y a pas eu, jusqu'ici d'incidents notoires dirigés contre les musulmans en Hollande, la majorité des étrangers qui y vivent sont eux, disons-le franchement, plutôt bien intégrés.

    Il y a certes une petite délinquance mais celle-ci ne prête pas à de grandes conséquences sur l'ordre public.

    Cela dit, cette hostilité présumée à l'encontre des musulmans en Hollande doit être toujours perçu dans le contexte d'un climat général qui, on l'aura noté, est très peu favorable aux musulmans depuis un certain 11 septembre. D'ailleurs, depuis quelques années, les croyances fondamentalistes de toutes sortes envahissent le monde entier…

    Ne pensez-vous pas que le terrorisme islamiste exacerbe largement les sentiments islamophobes ?

    Absolument !

    Récemment encore, on a eu une peur bleue d'apprendre que l'auteur de l'attentat, le chauffeur fou des cérémonies nationales en présence de la reine Béatrix ait été musulman.

    Heureusement, ce ne fut pas le cas. On avait déjà eu la même frayeur lors de l'assassinat du leader populiste, Pim Fortuyn…

    Pourquoi ?

    Sinon ça aurait ravivé le «bûcher» de De Wilders qui brûle, notez-le, avec intensité depuis notamment l'assassinat
    par un islamiste radical du réalisateur Théo Van Gogh, en novembre 2004.

    Dites-nous, franchement : avez-vous peur personnellement de cette montée en puissance de l'extrême droite en Hollande ?

    Non, à vrai dire, je n'ai aucune crainte à ce sujet. Je ne pense pas, que je puisse constituer en tant qu'Algérien une proie facile pour l'extrême droite. J'ai, aujourd'hui, un statut tel qu’il m'évite de nombreux désagréments.

    Mais, il ne faut pas être dupe aussi. Je sais très bien que si je ne m'appelais pas Hakim Traïdia, je serais probablement discriminé autant que les autres. Il faut savoir, cela dit, que la cible favorite de De Wilders reste les Marocains qui constituent le plus fort contingent d'allochtones aux Pays-bas. Et je dois dire que je me sens entièrement solidaires avec mes frères marocains !

    On dit que l'avènement du populisme banalise le phénomène de l'islamophobie en Hollande. Qu'en pensez-vous ?

    Hélas, c'est vrai ! J'en suis venu moi-même à le caricaturer dans un personnage qui s'appelle Ahmed d'Orange, une sorte de «néo harki», un étranger assimilé hollandais et qui est devenu à la longue, plus royaliste que la «reine» (rires). Il est surtout xénophobe et raciste.

    Quel est son programme ?

    Eh ben… S'il est élu, Ahmed d'Orange refoulera tous les étrangers. C'est bien simple, il n'y aura plus d'étrangers en Hollande. Il n'y aura même plus de ministre des Affaires étrangères (rire).

    Pour forcer le trait, j'en rajoute un peu : Ahmed d'Orange ne part jamais en vacances. Car quand il retourne dans son pays d'origine, il se sent, là-bas, comme un véritable étranger. Il en arrive à se détester lui-même ! (rires).

    M-C. L.

    http://www.letempsdz.com//index.php?...17623&Itemid=1

  10. #10
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    Par défaut (vidéo) La féminisation du métier de journaliste en Algérie.

    (vidéo) La féminisation du métier de journaliste en Algérie.

    Entretien avec Salah Ziad,journaliste independant

    http://www.youtube.com/watch?v=JB-jr...layer_embedded

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