Dégradation des terres agricoles en Algérie

Les pertes estimées à 1% du PIB

Les pertes dues à la dégradation des terres agricoles en Algérie représentent annuellement 1% du PIB (Produit intérieur brut).

C’est le constat que vient de faire le Centre international des hautes études agronomiques méditerranéennes (Ciheam) dans sa dernière lettre de veille.

Aucun des pays de la rive sud de la Méditerranée n’échappe à cette problématique puisque les pertes en Egypte sont de 1,2% du PIB et 0,5% respectivement pour le Maroc et la Tunisie.

Dans une analyse qu’il a livrée sur l’état des lieux du foncier dans la région, Sébastien Abis, un des spécialistes du Ciheam, estime qu’« au sud de la Méditerranée, la situation des ressources foncières, déjà vulnérable (90% des sols aptes à l’agriculture sont exploités), se complexifie avec le développement de la désertification, qui toucherait environ 80% des terres arides ou sèches.

Les pays de la zone sont parmi les plus frappés au monde par les conséquences de l’aridité climatique et la désertification gagne du terrain dans les régions steppiques situées au nord du Sahara (…) ».
En conséquence, S. Abis met en garde contre les retombées de l’exacerbation du processus de désertification, non seulement sur les plans écologique, sanitaire ou économique, mais aussi sur le plan géopolitique. Car, selon cet analyste, les difficultés engendrées par la désertification contribuent « à accroître la faim et la pauvreté tout en accentuant les migrations et les conflits » ainsi que d’autres « défis stratégiques gravitant autour des espaces ruraux et des questions agricoles ».

En outre, le Ciheam vient de mettre en évidence une autre réalité sur la situation du secteur de l’agriculture en Algérie et qui est loin d’être réjouissante.

En effet, selon l’office des statistiques de l’Union européenne (Eurostat), l’Algérie ne figure pas au classement des grands producteurs oléicoles de la rive sud de la Méditerranée.

« Concernant les olives, produit phare en Méditerranée destiné à la préparation d’huile d’olive, si en moyenne annuelle les récoltes s’élèvent à 3,1 millions de tonnes, les disparités interannuelles demeurent fortes et la production est majoritairement localisée en Syrie (26%), en Tunisie (24%) et au Maroc (18%). »

En revanche, le même classement fait savoir que l’Algérie produit 25% des 1,8 million de tonnes de dattes récoltées annuellement en moyenne dans la région, tandis que l’Egypte en produit 64%.

Dans l’ensemble, les experts du Ciheam viennent de mettre l’accent sur les défis de la désertification en Méditerranée dans cette dernière édition qui met l’accent sur la « gestion de la sécheresse et de la désertification en Méditerranée ».

Par Mohamed Naïli ( el watan)