La question des irradiés du Sahara bloque le dossier nucléaire entre Alger et Paris

Par sonia lyes , le 09/06/2009

INFO tsa-algerie.com.

Les discussions entre l'Algérie et la France sur le dossier du nucléaire civil sont actuellement bloquées, a-t-on appris de source proche du gouvernement français.
Les Algériens conditionnent la reprise des discussions sur ce dossier stratégique au règlement définitif de la question des victimes des essais nucléaires français dans le Sahara algérien.

« Les Algériens ont mis la question sur la table des négociations. Les discussions sont bloquées en attendant le règlement de ce dossier », affirme notre source.

A la demande de l'Elysée, le gouvernement français devrait accélérer dans les prochaines semaines la mise en place des procédures d'indemnisation des victimes algériennes des essais nucléaires effectués dans le Sahara.

Un projet de loi sur l'indemnisation des victimes de ces tests a été présenté en Conseil des ministres le 27 mai dernier par le ministre français de la Défense, Hervé Morin.

Le texte pourrait être débattu au parlement en juillet pour une entrée en vigueur avant la fin de l'année. « Il n'y aucun doute que les victimes algériennes seront indemnisées », affirme notre source.

L'accord sur le nucléaire civil entre l'Algérie et la France a été signé le 21 juin 2008, lors de la visite à Alger du Premier ministre français François Fillon.

Depuis, les deux pays travaillent pour définir un cadre à cette coopération. Les Algériens veulent notamment se doter de centrales nucléaires pour préparer l'après-pétrole.

Les Français, en échange d'une assistance dans ce domaine où ils possèdent un vrai savoir-faire, veulent notamment obtenir un accord particulier sur le gaz pour garantir leurs approvisionnements et leur sécurité énergétique.

En 2007, une alliance entre Sonatrach et Gaz de France avait été évoquée. Mais cette piste n'avait pas séduit les Algériens. D'autres formules pourraient arranger les deux parties.

Mais, sur ce dossier, les Français sont sérieusement concurrencés par plusieurs autres pays. Les Etats-Unis, la Russie, la Chine ou encore l'Argentine souhaitent également faire des propositions aux Algériens sur le nucléaire civil.