Les excuses du patron d'Air Algérie

Le PDG d'Air Algérie a fait savoir hier que 2.800 agents vont être formés pour l'accueil des passagers. «Pendant des années, nous avons malmené nos passagers, je leur fais mes excuses au nom de toute la compagnie», a-t-il dit.

C'était durant les années 90 notamment où la compagnie a perdu 50% de son marché au profit de compagnies françaises.

Bouabdellah reconnaît qu'« on avait ainsi l'impression de rendre service au client alors qu'il nous donne nos salaires.

Mais si nos pilotes ont manqué de motivation c'est parce qu'ils sont les moins payés au monde.»

Son optimisme lui fait dire que « d'ici 2014, on aura la possibilité de doubler le nombre de passagers de 3 à 6 millions.

Air Algérie est une compagnie modeste mais on peut !» Il compte pour cela beaucoup sur le tourisme même « si les infrastructures d'accueil manquent». Il fait savoir que « nous avons engagé 5 milliards DA pour refaire nos cabines, la 1re classe doit retrouver son niveau . Il y a la sécurité mais je veux qu'il y ait le confort aussi.»

L'attente des bagages, le PDG estime que « c'est surtout les scanners». La réservation «je ne suis pas content», a-t-il lâché en précisant « mais très rapidement les choses vont changer, vous allez voir, nous avons un système de réservation très performant nouvelle génération».

Le billet cher ? « C'est vrai mais ce n'est pas du ressort d'Air Algérie. Si vous regardez la structure du billet, vous allez être très surpris.»

Le PDG pense que l'Etat continuera à subventionner le réseau domestique sud mais le nord il faut la supprimer, « on va arriver à un prix raisonnable».

Même pour ce qui est de l'information, «on a décidé, a-t-il dit, de punir la non information et la mal information».

Il promet que le retard va diminuer dès l'arrivée de la prochaine flotte. « Je serais le premier responsable s'il y en aura.»

Le panaf est à ses yeux «une fierté mais aussi un défi, les Africains, il faut aller les chercher, on va faire des choses extraordinaires, mais je ne paie pas assez les pilotes pour ça».

Il rappelle que « certes, la compagnie a fait des bénéfices mais dans deux ou trois ans, je pourrais les augmenter».

Son appel: «Je vous demande de m'aider à faire un plan de développement et je vous paierais bien.»

Au passage, le PDG répondra à une question sur les pilotes «qui n'ont pas le bac.

Avant, c'est vrai, certains ne l'avaient pas mais le niveau c'est surtout la formation, le contrôle et le suivi.»

Le vol des bagages, Bouabdellah dit en avoir «honte». Il affirme que «même le DG des douanes s'est fait voler ses bagages.

On a trouvé 50 personnes en train de voler. Je vous assure que j'ai honte quand on me dit qu'on a volé des bagages,

c'est pire qu'un viol. » Le centre de formation est prévu pour «un label international avec les nouvelles acquisitions.

On négocie avec Boeing et Airbus pour faire la même chose.»

Il dit être prêt à prendre des parts dans des hôtels publics pour rentabiliser les investissements et assurer les meilleures prestations aux passagers.

Avec Tassili Airlines « on va se partager le ciel, mais il ne faut que eux prennent les passagers pétroliers juteux et nous les pauvres clients, les investissements doivent être faits ensemble.

On ne voudrait pas qu'on se marche sur les pieds». Autre rappel, «Air Algérie a refusé d'entrer dans le capital de Tassili, pour une question d'intérêt personnel, on s'en veut».

Seulement « aujourd'hui, il n'est pas question qu'Air Algérie avale Tassili, elle a beaucoup d'endettement, beaucoup de crédits.

On prendra peut-être des parts. On peut lui ouvrir le capital d'Air Algérie technique à Sonatrach pourvu que la maintenance reste avec un seul partenaire. Le PDG est très intéressé.»

Le PDG revendique à l'Etat «l'allégement des procédures de contrôle de change (...)

Par exemple, l'affrètement international c'est comme la bourse, dès qu'il y a un avion en vente à l'étranger, il faut tout de suite aller le prendre.»

Il affirme que « le gouvernement a été saisi, il a donné des instructions pour le faire».

La compagnie demande aussi à être remboursée (3,6 milliards de créances). «

Même si le 1er ministre qui voyage et qui n'a pas payé, il faut le bloquer», a-t-il dit pour reprendre des propos d'Ouyahia.

Le dossier remboursement est, dit-il, très bien engagé avec le Trésor public. Il fait savoir que « nous avons été obligés d'arrêter des avions qui peuvent voler, c'est très douloureux, on a gardé le même programme avec la même flotte».

Pour le Hadj, la compagnie a programmé de desservir à partir de Tébessa, Béjaïa, Chlef et Illizi.

La compagnie pourrait aussi ouvrir de nouvelles lignes notamment vers l'Afrique.

La ligne Alger - New York, dit-il, «on va l'ouvrir, c'est une ligne stratégique et de prestige.

Il y a eu déjà une rencontre avec notre ambassadeur à Washington avec le secrétaire d'Etat américain au Transport.

Ils vont engager incessamment notre aéroport, et auront les documents de voyage.

On a été homologué, on est intransigeant.

Le seul problème c'est le transport de colis postaux de 50 kg qui reste le monopole de la poste.» D'ailleurs, c'est à cause entre autres de ce monopole que l'Algérie n'a pas encore signé des open sky avec la France ou les Etats-Unis.

Une loi a déjà été présentée pour la levée de ce monopole.

Continental News