Par samir allam , le 25/06/2009

Contrairement aux apparences, l'affaire Aigle Azur constitue une bonne nouvelle pour l'économie nationale.

Pour la première fois depuis plusieurs années, le gouvernement algérien a pris une décision favorable à Air Algérie.

Cette dernière est une compagnie publique, avec toutes les difficultés liées à ce statut.

Elle emploie des milliers d'Algériens qu'elle ne peut pas licencier en temps de crise, contrairement à un groupe privé.

Elle assure aussi des dessertes qui ne sont pas rentables aussi bien à l'intérieur du pays que vers l'international.

Elle doit également affronter un environnement économique difficile, avec la chute du trafic passager et les difficultés d'accéder à certaines dessertes.

Mais Aigle Azur, contrairement à son slogan « la plus algérienne des compagnies françaises », n'est pas une entreprise algérienne.

Elle n'est pas différente d'Air France, British Airways ou Tunis Air.

En Algérie, ses investissements sont très limités - ouvertures d'agences- et elle emploie quelques dizaines de personnes.

En résumé : Aigle Azur n'est ni un investisseur étranger important ni une entreprise nationale.

Pourquoi alors chercher à le favoriser au détriment d'Air Algérie dans un contexte où le secteur aérien est en pleine crise?

Au-delà des considérations économiques, il y a des raisons encore plus symboliques.

Dans tous les pays du monde, à quelques exceptions près, le pavillon national est leader sur ses terres.

On imagine en effet mal Air France concurrencé par une petite compagnie privée algérienne à Paris.

Tous les pays du monde protègent leurs compagnies nationales. L'Algérie se doit de faire de même.

La décision de Amar Tou concernant Aigle Azur est intervenue après les propos du PDG d'Air Algérie Abdelwahid Bouabdallah sur la situation de sa compagnie par rapport à la concurrence. M. Bouabdallah a montré qu'il était un manager soucieux de l'avenir de son entreprise.

Le gouvernement a le devoir de l'aider dans sa mission. De même qu'il a le devoir de favoriser désormais toutes les entreprises nationales dans leurs secteurs.

Quant aux voyageurs victimes des annulations de vols, les lois internationales de l'aviation civile sont claires.

TSA