07 Juillet 2009

Je ne comprends pas très bien la mentalité de certains de nos concitoyens:

ils ont commencé à partir en vacances à la veille du Panaf

(l’inspecteur Tahar disait avec humour en «facances» à ceux qui partaient pour l’ancienne métropole ou qui en venaient).

Ils ont bouclé leurs valises pour se rendre en Tunisie ou de l’autre côté de la Méditerranée alors qu’un événement historique allait se dérouler dans leur propre pays, sous leurs yeux.

Un événement d’une portée internationale qui relèguera les Jeux méditerranéens de Pescara à la rubrique des faits divers, en un mot un événement qui va mobiliser l’attention de tout un continent.

Ils ne savent pas ce qu’ils perdent.

Un spectacle unique!

La preuve est que les noms des participants actuels ne coïncident guère avec ceux de 69: la faucheuse a fait son oeuvre et de nouveaux talents succèdent aux anciens.

Il y a bien quelques fossiles qui sévissent encore.

Mais touchons du bois pour leur éviter le mauvais oeil! Il faut se rendre compte que la capitale, embellie pour la circonstance avec un schéma de circulation amélioré, connaîtra des effets bénéfiques certains, qui donneront un coup de fouet à son économie: les importantes sommes débloquées pour financer le prestigieux événement, vont renflouer d’abord les artistes dans toutes les disciplines: cela va de ceux qui vont confectionner les décors somptueux jusqu’aux cinéastes qui ont préparé les films présentés au festival ou qui seront tournés durant le festival, sur les spectacles et sur l’environnement immédiat.

Il faut aussi se mettre dans la tête, qu’outre les milliers d’artistes qui ont été conviés à faire la fête durant quinze jours, il faut compter avec, les travailleurs de la presse, tous supports confondus, qui assureront la couverture d’un événement aussi capital.

Il va de soi que tout ce personnel nécessitera une logistique considérable en matière de logement, de transport et d’alimentation.

Et les équipements mis en oeuvre seront financés par une manne qui agira comme un sang nouveau pour l’économie.

Elle induira une dynamique bénéfique sur tous les produits de consommation sans omettre que, bien avant le début du festival, des salles de spectacles ont été rénovées et que certains lieux ont subi un lifting conséquent.

Mais en dehors des effets économiques certains, il y a lieu de mesurer (si cela peut se mesurer) l’impact psychologique: un pays que beaucoup fuient, devient le temps d’une fête le lieu géométrique de la culture, Alger redevient le carrefour qu’elle était jadis, des idées et des hommes de trois continents.

Et enfin, une population longtemps sevrée de spectacles de qualité (soit parce que les salles ont été fermées, ou trop éloignées) va goûter au plaisir des chants, des danses, des projections de films ou des conférences.

Ce sont surtout ces conférences qui seront bénéfiques et qui traduiront bien l’opinion qui dit que la diversité est source de richesse et non de conflit.

Le festival sera un facteur de tolérance et un moment de convivialité.

Cependant, on peut se demander, si le festival n’a pas eu comme effet, d’agir sur les prix de certaines denrées, comme la pomme de terre par exemple qui est passée de 22 à 40 DA.

Selim M’SILI

http://www.lexpressiondz.com/chron/2...7/15/2575.html