Insalubrité n Alger, la façade du pays, souffre d’un manque flagrant d’hygiène, ce qui lui vaut d’être classée parmi les dernières villes au monde en la matière.

Alger est la plus importante et la plus grande ville d’Algérie.

Elle s’étend sur 1 190 km2 et abrite près de trois millions d’âmes.

Cette vaste superficie et ce nombre important d’habitants posent un grand problème d’hygiène pour les collectivités locales qui ne disposent pas toutes de moyens humains et matériels suffisants pour bien accomplir la rude tâche de collecte d’ordures ménagères et de veiller à la propreté de la capitale.

Les citoyens, de leur côté, ne facilitent pas la tâche aux éboueurs, comme l’atteste un des agents de la société de nettoyage et d’hygiène Netcom qui souligne que les citoyens ne les aident pas, pis encore, ils rendent leur mission plus difficile.

Pour illustrer ces affirmations, il montre du doigt des épluchures de pommes de terre éparpillées sur le trottoir.

Selon cet éboueur, certains habitants d’Alger jettent leurs ordures à tout moment de la journée, mais aussi la nuit.

Il y en même qui les jettent directement par les fenêtres, s’indigne-t-il.

En effet, beaucoup de citoyens se débarrassent de leurs ordures à toute heure et ne se donnent même pas la peine de les mettre dans des sacs poubelle fermés pour faciliter la tâche aux éboueurs qui ne peuvent pas, à eux seuls, faire face à ces montagnes d’ordures.

Alors que 30 000 bacs ont été mis à chaque coin de rue et à chaque entrée d’immeuble, et des endroits spéciaux ont été aménagés pour le dépôt des déchets domestiques, un grand nombre de citoyens continue de jeter de grandes quantités de déchets sur les trottoirs, aux entrées des immeubles et devant les murs.

«Ce laisser-aller peut créer de sérieux problèmes de santé, car les conditions favorables pour la reproduction des insectes sont réunies», regrette un habitant de Bab El Oued.

Ces tas d’ordures attirent aussi les rats, les chats et les chiens errants.

«Parfois, les chiens et les chats éparpillent ces ordures sur des dizaines de mètres carrés», déplore, de son côté, un citoyen rencontré à Meissonnier, au centre d’Alger.

Pour faire face à cette situation désolante, l’entreprise Netcom a décidé de renforcer ses effectifs ainsi que son matériel.

En outre, elle a décidé d’élaborer un programme adapté pour la saison estivale.

Par ailleurs, de nombreuses opérations de collectes d’ordures sont menées tout au long de la journée, mais aussi durant la nuit pour maîtriser, un tant soit peu, la situation qui se dégrade en cette période de l’année.

Cependant, malgré les efforts fournis par les différents services concernés par l’hygiène, des tas d’ordures continuent d’enlaidir l’image de la capitale.

Des odeurs nauséabondes proviennent des cages d’escaliers et des déchets sont jetés partout.

«Si nos concitoyens respectaient les horaires de sortie de leurs déchets, nous ne serions pas obligés d’instaurer un régime de trois équipes», indique un agent de Netcom.

Où est la blancheur d’antan ?

Alger est classée parmi les trois dernières capitales au monde en matière de qualité de vie.

En effet, elle vient à la 138e position sur 140 villes à travers le monde.

C’est ce qui ressort d’un récent classement effectué par la revue britannique The Economist.

Notre capitale a progressé d’une place, mais elle est classée à la même position que Dakka, la capitale du Bangladesh.

Pis encore, Alger est parmi les dernières villes même en Afrique.

En effet, elle arrive derrière Le Caire, Abidjan et Lagos.

La seule ville qui a fait pire qu’Alger est Harare, la capitale du Zimbabwe.

Espérons que ce classement humiliant donnera matière à réfléchir à nos dirigeants afin de sauver ce qui reste de nos villes.

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