Malgré les objectifs affichés par le gouvernement, les importations algériennes continuent de monter.

Au premier semestre 2009, elles ont enregistré une nouvelle hausse de 4,04% par rapport à la même période de 2008.

Durant les six premiers mois de l'année, l'Algérie a importé pour 19,70 milliards de dollars, selon les chiffres publiés, lundi 20 juillet, par le Centre national de l'informatique et des statistiques (CNIS) des Douanes.

A ce rythme, les importations devraient dépasser le seuil psychologique des 40 milliards de dollars. Une première depuis l'indépendance.

Pourtant, il y a un an le gouvernement Ouyahia avait déclaré la guerre aux importations.

Mais il peine à atteindre ses objectifs en matière de réduction des importations et des transferts de devises?

Des spécialistes interrogés par tsa-algerie.com pointent en premier lieu du doigt les méthodes de la Banque d'Algérie.

Selon eux, la Banque d'Algérie, dans sa traque aux importations, s'intéresse à la forme et oublie le fond du problème.

Explication : depuis l'annonce de la nouvelle politique en matière de transferts de devises, la Banque d'Algérie s'intéresse essentiellement à la nature des documents fournis par le client algérien.

« La Banque d'Algérie vérifie par exemple les signatures, les originaux des documents fournis.

Ce sont des détails qui ne font qu'alourdir les opérations commerciales avec l'étranger, sans avoir un impact sur les importations », explique le Directeur financier d'une entreprise publique qui effectue de nombreuses opérations avec des partenaires étrangers.

Ces vérifications retardent certes les opérations mais elles ne les empêchent pas.

Pour cet ancien cadre d'un cabinet international de Conseil en stratégie, pour être efficace, la Banque d'Algérie devrait commencer par définir une liste de prestations et de services qui seront exclus de fait d'une facturation en devises.

Les exemples sont nombreux. «Est-il normal que des Salons comme celui de l'emploi ou des technologies soient organisés en Algérie par des sociétés étrangères qui transfèrent ensuite les sommes récoltées auprès d'entreprises algériennes?

Est-il normal que les films publicitaires soient réalisés en France ou en Italie par des agences de communication étrangères?

Comment tolérer que des entreprises algériennes transfèrent des devises pour payer la conception d'un logo pour leur produits »...

Autre exemple : l'homologation des différents logiciels professionnels utilisés par les entreprises pour leur gestion.

Actuellement, chaque entreprise paye les frais d'homologation à chaque nouvelle version du logiciel.

L'homologation d'un nouveau logiciel de comptabilité auprès d'un fournisseur réputé peut atteindre plusieurs dizaines de milliers d'euros.

Un chiffre à multiplier par le nombre d'entreprises utilisant ce type de produits.

Dans les autres pays, c'est le fabriquant du logiciel qui paye pour obtenir l'homologation de son produit auprès d'un organisme unique chargé de cette mission.

« Pour les logiciels, c'est un vrai scandale et un grande arnaque.

On se demande ce que fait le gouvernement algérien pour intervenir et mettre fin à cette anarchie », explique le même Directeur financier.

Selon l'expert du cabinet de Conseil, les exemples de ce type sont nombreux.

Ces dépenses, réunies, représentent des sommes colossales.

« Quand les gens entendent parler d'importations, ils pensent uniquement aux produits alimentaires et aux voitures.

Or, les services représentent une bonne partie de ces dépenses en devises qui menacent les équilibres financiers de l'Algérie ».

Certaines décisions du gouvernement ont aussi contribué à alourdir la facture des importations.

Parmi elles : l'interdiction d'importer des voitures de moins de trois ans.

Elle a eu au moins deux effets négatifs : inonder le marché algérien de voiture de mauvaise qualité importé d'Inde et de Chine et alourdir la facture des importations.

« Les voitures de moins de trois ans étaient importées par des particuliers vivant à l'étranger.

L'Algérie ne dépensait pas un seul centime en devises dans ces opérations.

Maintenant, c'est l'Etat qui prend en charge la totalité des importations de véhicules », souligne le même expert.

Au premier semestre 2009, l'Algérie a importé pour 1,4 milliards d'euros de voitures.

http://www.tsa-algerie.com/Hausse-de...quoi_7503.html