Témoignages égyptiens et israéliens

«Ils assassinaient de sang-froid et d’une manière humiliante. C’était comme un jeu pour eux. Tout d’abord, les officiers, ensuite, les sous-officiers, et enfin, les soldats qui savaient lire et écrire. Les officiers étaient fusillés ou bien écrasés par les chars. Plus tard, nous avons remarqué que plusieurs soldats d’entre nous étaient emmenés hors des camps. Ils retournaient après avoir subi des opérations chirurgicales. Nous avons appris que les Israéliens les utilisaient pour le trafic d’organes».

Le sergent Amin Ramadan, ancien prisonnier de la guerre de 1967.

«Nous avons été retenus dans un camp pendant 45 jours. On nous privait d’eau et de nourriture. On avait juste ce qui pouvait permettre à un gamin, voire un chat de subsister. Chaque jour, un officier israélien venait prendre 10 d’entre nous. Ils étaient tous tués et jetés hors du camp. Au bout de ces 45 jours, 450 officiers et soldats ont été tués de sang-froid avant que la Croix-Rouge n’arrive pour sauver les 250 restants».

Le sergent Mohamad Sayed Faramawi, ancien prisonnier de la guerre de 1967.

«Les Israéliens transportaient les prisonniers dans des camions près d’Abou-Saql (non loin du Canal de Suez). Ils leur demandaient de se diriger vers le Canal sous prétexte qu’ils seraient transportés à domicile et ensuite, ils les fusillaient dans le dos. Les cadavres sont restés ainsi sur le sable pendant 10 jours avant que les habitants de la région, les Bédouins, ne les enterrent».

Hag Hassan Hussein Al-Maleh, habitant de la région.

«Les Israéliens ont attaqué les camps des soldats égyptiens. Ils les ont forcés à se coucher sur le sol et ils les ont écrasés avec leurs chars».

Cheikh Saleh Abou-Holi, habitant de Rafah.

«J’ai vu un homme creuser un trou pendant environ 15 minutes. Puis, des militaires israéliens lui demandaient de jeter la pelle. Ensuite, un d’entre eux a pointé une mitraillette Uzi sur lui, tirant deux charges chacune avec trois ou quatre balles».

L’historien israélien Gabby Born, dans Yediot Aharonot.

«On était suffisamment proches pour pouvoir voir la mosquée de la ville à l’œil nu. Le matin du 8 juin 1967, dans le Sinaï, dans la ville d’Arich, des troupes israéliennes ont systématiquement exécuté 1 000 et plus de prisonniers de guerre égyptiens (...) Les Israéliens demandaient à ces prisonniers de creuser leur propre tombe avant, ensuite, de les achever».

James Ennes, ancien militaire américain de l’USS Liberty, le bateau d’espionnage américain bombardé en 1967.

«Une soixantaine de prisonniers étaient alignés en rang, les mains liées derrière leur dos, puis les soldats israéliens ont tiré jusqu’à ce que le sable pâle du désert se transformât en rouge. Ensuite, ils obligeaient d’autres prisonniers à les enterrer dans des fosses communes».

James Bamford, dans son livre Body of Secrets.

«Ils n’ont pas pleuré. Ils étaient sous le choc. Tout était fini en quelques minutes».

Le général israélien à la retraite Arieh Biro, parlant des 49 soldats égyptiens pris prisonniers en 1956, avant d’être tués de sang-froid par les Israéliens.

«Il y a eu beaucoup d’incidents durant la guerre de 1967, où des soldats égyptiens ont été tués par les troupes israéliennes, après avoir levé les bras en signe de reddition. Ce n’était pas une politique officielle, mais il y avait une atmosphère comme quoi c’était OK d’agir de la sorte. Certains commandants ont décidé de le faire, d’autres non. Mais tout le monde en était au courant».

L’historien israélien Uri Milstein
Sources: nalencontre