Loi de finances : des patrons saluent la mesure sur le crédit documentaire

Par ali idir , le 18/08/2009

La loi de finances 2009 complémentaire n'a pas fait que des mécontents parmi les patrons. Des chefs d'entreprises soutiennent plusieurs mesures contenues dans cette loi, entrée en vigueur fin juillet et visant à réduire les importations et à renforcer le contrôle de l'État sur le commerce extérieur.

Parmi ces mesures figure notamment l'instauration du crédit documentaire comme unique mode de paiement des importations.

Le transfert libre, moyen préféré des importateurs, n'est plus autorisé. Plus de 90% des importations de marchandises et 50% de services étaient payés via le transfert libre, un mode qui n'oblige pas les importateurs de disposer d'une importante trésorerie.

La mesure, décriée par plusieurs patrons, est saluée par d'autres chefs d'entreprises. « L'Algérie est devenue un véritable dépotoir pour les produits usagés et contrefaits.

Les importateurs importent des engins et des camions qui ne roulent plus ou des produits de contrefaçon dangereux pour la santé publique. Il était temps que le gouvernement prenne des mesures pour réguler les importations », affirme à TSA, le directeur algérien de la filiale algérienne d'un grand groupe français.

« Nous importons des produits dont nous n'avons pas besoin », ajoute un autre chef d'entreprise.

L'Algérie, dont les importations ont atteint les 40 milliards de dollars en 2008, en augmentation de 300% par rapport à 2002, est devenue un grand bazar pour les produits chinois et européens.

De nombreux importateurs utilisent des registres de commerce établis avec de fausses identités pour importer et ne pas payer les impôts et les taxes. Résultat : le marché algérien est inondé de produits en provenance du monde entier à des prix imbattables qui concurrencent fortement les producteurs locaux qui travaillent dans la transparence.

« Beaucoup d'entreprises publiques connaissent des difficultés à cause de cette situation », reconnaît le même chef d'entreprise.

En plus des importateurs de produits de large consommation, la suppression du transfert libre pénalise aussi les constructeurs de véhicules qui font de la dépôt-vente en Algérie, en fournissant à leurs filiales et représentants locaux les véhicules sans aucune contrepartie financière.

Les filiales et les représentants revendent tranquillement les voitures avant de payer leurs maisons mères.

Les concessionnaires automobiles n'ont pas tenu leurs engagements en Algérie. Ils ont fait du lobbying pour interdire l'importation des véhicules de moins de trois ans, sans investir dans le montage, ni dans la production de véhicules.

Ils se sont contentés de vendre des voitures, sans assurer même un service après-vente de qualité aux clients.

Ils n'apportent aucune valeur ajoutée au pays. En instaurant les nouvelles mesures, le gouvernement se met aussi en position de force pour négocier une éventuelle implantation d'un constructeur automobile en Algérie.

TSA