Le sénateur démocrate américain Edward "Ted" Kennedy, frère du président John F. Kennedy assassiné en 1963 et ténor de la vie politique américaine, est décédé mardi soir. Il était atteint d'une tumeur au cerveau diagnostiquée en mai 2008.

"Edward M. Kennedy - le mari, le père, le grand-père, le frère et l'oncle que nous aimions tant - est mort tard mardi soir chez lui à Hyannis Port" dans l'État du Massachusetts, son fief, a déclaré dans un communiqué la famille Kennedy déjà endeuillée par la disparition le 11 août, d'un autre membre du clan Kennedy, Eunice Kennedy Shriver .

"Nous avons perdu le centre irremplaçable de notre famille et une lumière joyeuse dans nos vies, mais sa foi, son optimisme et sa persévérance resteront à jamais dans nos coeurs.

Il aimait son pays et a voué sa vie à le servir", a affirmé la famille en soulignant son "combat infatigable" pour la justice sociale et contre la pauvreté.

Né le 22 février 1932 à Boston, benjamin des neuf enfants de Joseph et de Rosa Kennedy, il a représenté le Massachusetts au Sénat des États-Unis sans interruption depuis son élection en 1962, dans les rangs démocrates, au siège laissé vacant par son frère John, devenu président.

Juriste, diplômé de l'université de Harvard et de l'École de droit de l'université de Virginie, Ted Kennedy était resté dans l'ombre politique de ses frères aînés jusqu'à l'assassinat de Robert, en juin 1968, durant la campagne présidentielle, pour devenir ensuite une icône de la gauche américaine.

Fervent supporteur de Barack Obama

Le 20 août dernier, Ted Kennedy avait, dans une lettre qui sonnait comme un testament, appelé à modifier les règles en vigueur pour pourvoir son siège, afin d'éviter qu'il ne soit laissé vacant trop longtemps.

Cette missive du sénateur âgé de 77 ans, qui a fait de la santé et de l'éducation ses deux grands chevaux de bataille, intervenait alors que le sort du vaste projet de réforme de la santé du président Barack Obama pourrait se jouer à une voix près au Congrès.

"Servir la population du Massachusetts au Sénat des États-Unis a été - et est toujours - le plus grand honneur de ma vie publique", avait écrit le sénateur dans sa lettre.

"Quand je regarde l'avenir, je suis convaincu que permettre au gouverneur de combler un vide au Sénat par une nomination intérimaire suivie d'une élection spéciale servirait au mieux les intérêts (...) du pays en cas de vacance", avait-il expliqué.

Fervent supporteur de Barack Obama dans la course à la candidature démocrate (regardez la vidéo ci-dessous), il est pris d'un malaise lors du déjeuner d'investiture en l'honneur du 44e président des États-Unis.

"Une partie de moi est avec lui. Et je pense que c'est vrai pour chacun d'entre nous", avait alors lancé le président américain lors de son discours d'investiture.
AFP