Après la victoire de l’Algérie face à la Zambie

Les Algériens gardent la tête froide et les Egyptiens font profil bas

La victoire de l’Algérie (1-0) face à la Zambie, le 6 septembre à Blida, survenue un jour après celle de l’Egypte au Rwanda, sur le même score, était le principal sujet de discussion des dirigeants de la Confédération africaine de football (CAF), rassemblés au Caire la semaine dernière.

Pour nombre d’entre-eux, « l’Algérie a posé un pied et demi à la Coupe du monde 2010 », a lancé le journaliste sud-africain Mark Glisson, tout content de la « performance des Verts dans un groupe difficile », souligne ce grand spécialiste du football continental et mondial.

Mohamed Raouraoua, président de la FAF, membre du comité exécutif de la CAF, président de deux commissions permanentes (affaires juridiques - statut des joueurs, commission des médias) a fait l’objet d’une attention particulière de la part de ses collègues du comité exécutif.

Tous l’ont félicité pour « l’excellent parcours accompli par les Verts dans les éliminatoires de la CAN et la Coupe du monde 2010 », lui a dit un membre du comité d’accueil (CAF) à son arrivée au terminal 3 de la nouvelle aérogare du Caire.

L’équipage de l’avion égyptien que Mohamed Raouraoua a emprunté pour rejoindre la capitale égyptienne a été aussi très attentionné avec lui au moment du débarquement qui coïncidait avec la rupture du jeûne.

Le f’tour, il l’a partagé avec des membres de l’exécutif, Mohamed Mecherara (président de la LNF) et le confrère tunisien, Amor Gouila et votre serviteur.

Au lendemain du précieux succès devant la Zambie, les convives du Marriott n’avaient à la bouche qu’un seul mot : l’Algérie.

Le président de la FAF s’est abstenu de « plonger » dans ce climat ambiant teinté d’une forte dose d’optimisme.

L’Algérien n’a eu cesse de répliquer en direction de ses interlocuteurs : «

C’est loin d’être joué. Il reste deux matches et six points en jeu. Ce qui est pris est pris, mais le plus difficile est à venir.

Le match face au Rwanda (11 octobre) n’est pas encore gagné. Le Rwanda ne nous fera pas de cadeau. »

Il allait être conforté dans sa thèse par le président de la fédération rwandaise, Celestin Musabyimana, membre du comité exécutif de la CAF qui lui lança, en présence d’autres membres de la CAF : « Président, on viendra à Blida pour vous battre et arracher notre qualification à la CAN2010. Ne vous fiez pas à notre dernière sortie contre l’Egypte (0-1) à Kigali. Nos joueurs s’expriment mieux à l’extérieur, comme l’attestent nos résultats chez l’adversaire. »

Mohamed Raouraoua prit à témoin les personnes qui partagaient avec lui le thé à la menthe : « Vous avez entendu comme moi ce que comptent faire les Rwandais en octobre ! Je maintiens que ce sera un match très difficile, probablement le plus important depuis le début des éliminatoires. »

Le président de la FAF et celui de la LNF croisent le regard. Ils laissent glisser les compliments et gardent la tête froide et les pieds sur terre.

Saïd Belkhiat (ancien président de la fédération royale marocaine) leur dit : « J’envie ce que votre sélection est en train d’accomplir. Je regrette ce qui se passe chez nous. Le président est un type bien, malheureusement il s’est mal entouré. Le match nul face au Togo (1-1) ne change rien à notre malheureuse situation. »

Les propos de Celestin Musabyimana renforcent la conviction des Algériens que la partie n’est pas pliée. Kalusha Bwalya (président de la fédération zambienne) accoste Mohamed Raouraoua pour lui exprimer (en anglais) ses remerciements pour le bon séjour qu’il a passé à Alger avant de s’eclipser dans l’un des nombreux salons de l’établissement.

Amadou Diakité (président de la commission des arbitres) fait un détour dans le grand jardin du Marriott pour saluer ses « frères algériens » dans un grand éclat de rire : « Des gens ont critiqué l’arbitrage lors de cette journée. Ils oublient qu’on ne gagne pas à tous les coups. Mon pays (Mali) lui aussi n’a pas gagné contre le Bénin (1-1). Dois-je pour cela accuser les arbitres ? », le tout balancé sur un ton joyeux.

Au rayon des prononstics, l’ex-coach du MC Oran, Al-bakri, et le journaliste de la télévision égyptienne, Alaa Sedik, voient l’Algérie au mondial sud-africain.

Dans une émission à grande écoute, le premier souligne : « L’Algérie a plus de chances que l’Egypte d’aller au mondial. Je pense qu’elle a fait le plus dur ». Docteur Alaâ Sedik, journaliste-vedette du petit écran est plus « engagé » : « Les Fennecs sont les meilleurs et ce sont eux qui iront à la Coupe du monde 2010.

Le Rwanda sera une simple formalité pour eux. Je prie pour que les Pharaons se rattrapent en 2014 au Brésil. »

Mahieddine Khalef, sollicité par Masria pour donner son avis, a quelque peu tempéré l’ardeur de notre confrère égyptien en prônant « la prudence et le respect vis-à-vis du Rwanda. Je concède que l’Algérie est bien partie pour se qualifier à la Coupe du monde, mais la qualification n’est pas encore acquise.

Il reste six points en jeu. » Au Caire, les citoyens de la (grande) cité parlent peu des chances de qualification des Pharaons.

Le cœur n’y est pas et surtout ils ne sentent plus leur équipe. Alors, ils préférent se retourner sur le championnat national qui a repris ses droits cette semaine.

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