Les décisions qui fâchent
17 Septembre 2009 -

Des importateurs, des concessionnaires, des chefs d’entreprise et enfin des parents d’élèves sont en colère contre le gouvernement.

Interdiction des crédits à la consommation.
Interdiction de déchargement des véhicules au port d’Alger.
Obligation du port du tablier rose ou bleu.

Le gouvernement décrète, le citoyen encaisse.

Ces décisions ne cessent de provoquer une avalanche de réactions provenant de toute part.

Des importateurs, des concessionnaires, des chefs d’entreprise et enfin des parents d’élèves sont en colère contre le gouvernement.

L’instruction draconienne de Benbouzid défraie l’actualité ces jours-ci.

Les parents d’élèves ne savent plus à quel saint se vouer.

Face à la pénurie des tabliers de couleur rose et bleue et devant le risque de voir leurs enfants refoulés de l’école, les parents vivent le calvaire.

Le délai d’une semaine accordé par le ministre est loin de résoudre le problème.

Les parents prennent d’assaut les points de vente à la recherche des tabliers, même à un prix exorbitant.

Que ce soit dans les magasins ou dans les marchés, les blouses version Benbouzid se font désirer.

«Des centaines de personnes sont passées ce matin à la recherche des tabliers», nous répond un vendeur de vêtements au marché de Ben Omar.

«Il n’y a pas eu beaucoup de marchandise», ajoute-t-il en guise de précision.

Il affirme avoir fait la commande depuis plusieurs jours mais, en vain.

De fait, les centaines d’élèves risquent de se faire renvoyer des établissements la semaine prochaine pour non-respect du règlement.

A l’instar de l’éducation, le commerce ne fait pas de cadeau lui aussi.

La décision du ministère des Transports portant sur l’interdiction de déchargement de la marchandise non- conteneurisée au port d’Alger, à partir du 1er octobre a soulevé un tollé.

Plusieurs importateurs et concessionnaires crient et menacent de congédier des centaines d’employés.

Le ministre des Transports a refusé dernièrement d’accorder un délai ou de reporter cette décision mettant les opérateurs économiques devant le fait accompli.

«Il n’y a pas de prolongation ni de report, la décision sera appliquée à partir du 1er octobre prochain», a martelé Amar Tou, en marge de la séance de vote de trois ordonnances au Sénat, tenue lundi dernier.

Cette décision vient s’ajouter à la série de recommandations prises par le gouvernement en juillet dernier et dans la loi de finances complémentaire 2009. Les nouvelles règles régissant le commerce extérieur, dont l’obligation faite aux importateurs de payer leurs achats par le biais du crédit documentaire, sont une autre contrainte.

Ce qui risque de provoquer la pénurie des équipements et celle des médicaments.

Les symptômes sont déjà perceptibles sur le terrain.

Plus de 50 médicaments ne sont pas disponibles au niveau des pharmacies.

L’importation des équipements a chuté de 30% en quelques jours.

Les autorités du port de Marseille, principal centre de transit des marchandises destinées à l’Algérie, ont été les premières à s’inquiéter de la situation.

La suppression du crédit automobile est un autre souci qui accentue le malaise des citoyens et complique la tâche des banques privées.

Ainsi, le citoyen n’a plus de chance de s’offrir un véhicule.

Même les véhicules d’occasion ne sont plus accessibles.

Depuis cette décision, le marché d’occasion a connu une flambée sans précédent. Malgré les cris de détresse lancés de part et d’autre pour contester ces mesures, le gouvernement campe sur sa position.

Le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, refuse de céder d’un iota.

S’exprimant en marge de l’ouverture de la session parlementaire d’automne, Ouyahia a été catégorique:

«Le gouvernement ne va pas faire marche arrière sur ces décisions.»

Cette déclaration a définitivement enterré l’espoir des opérateurs économiques de voir la loi de finances 2010 annuler les mesures prises en juillet dernier.

Nadia BENAKLI
http://www.lexpressiondz.com/article...-17/67677.html