29 Septembre 2009 -

Les services de sécurité et les institutions sanitaires d’Oran font face à un phénomène ahurissant, la vente des nouveau-nés et les avortements illégaux.

«Il faut ratisser long et large pour débusquer les tenants et aboutissants de cette nouvelle forme de la traite humaine qui tend à s’ancrer dans la société algérienne», a préconisé un enquêteur intrigué par l’apparition fulgurante de nouveaux phénomènes.

En effet, le dernier en date a trait à la vente des nouveau-nés à Oran. Ainsi, des femmes célibataires tombent sciemment enceintes pour vendre leur enfant aussitôt né. «La vente sur commande» indique-t-on.

L’élément déclencheur de toute cette enquête a été l’arrestation, la semaine dernière, de deux femmes impliquées dans une affaire de trafic de bébés.

La première n’est autre que la mère biologique du nourrisson et la seconde est la femme qui devait récupérer le nouveau-né et qui devait ensuite l’inscrire dans son livret de famille.

La première affaire a eu lieu au service d’accouchement de l’hôpital d’Oran.

Prise en flagrant délit, le plan de la femme devant accoucher a été mis au jour lorsque les employés du service maternité de l’hôpital se sont rendu compte de la farce: la femme devant accoucher s’est présentée avec la carte d’identité nationale de la femme devant récupérer le nouveau- né, apprend-on de sources très au fait du dossier.

Aussitôt alertés, les services de sécurité sont intervenus. L’enquête qui a été déclenchée a permis l’arrestation des deux femmes qui ont conclu la transaction plusieurs mois auparavant.

Ce n’est pas tout: les premiers éléments de l’enquête ont été plus que révélateurs.

En effet, la mère biologique de l’enfant a révélé, lors de son interrogatoire, qu’elle a conclu avec sa cliente, stérile, la vente de son enfant contre la somme modique de 10 millions de centimes.

C’est là la dixième affaire enregistrée dans ce genre de délits interdits et sévèrement réprimés par toutes les lois.

En étroite collaboration, les services de sécurité et les institutions sanitaires d’Oran font, ces derniers jours, face à ces nouveaux phénomènes qui ont tendance à prendre des proportions inquiétantes comme la vente des nouveau-nés et les avortements illégaux.

Selon des sources sécuritaires, nombre de femmes célibataires ont été impliquées dans plusieurs affaires liées à la vente des bébés à leur naissance.

De l’autre côté, le taux des mères célibataires qui ont accouché dans les services maternité représente près de 40% et ce durant les trois dernières années.

En plus de ce phénomène, l’avortement illégal est devenu une activité courante.

Le dernier méfait débusqué, a mis à nu un réseau spécialisé dans les avortements, constitué de dix personnes, un médecin, une femme de ménage, un surveillant médical, une autre qui servait d’intermédiaire.

Six femmes ont été avortées à raison de six millions de centimes l’acte.

Par ailleurs, la folie meurtrière n’est pas près de s’estomper tandis que le phénomène de l’abandon des bébés hors mariage continue.

Aux derniers bilans, plus de vingt enfants de cette catégorie ont été pris en charge par les services de l’action sociale et ce, depuis le début de l’année à ce jour. Plus d’une douzaine d’autres bébés abandonnés n’ont pu survivre aux conditions rigoureuses de l’abandon.

Wahib AÏT OUAKLI
http://www.lexpressiondz.com/article...-29/68006.html