Si tout le monde s’accorde à dire que ce cimetière qui s’étale sur plusieurs hectares porte le nom d’une donatrice, il n’en demeure pas moins qu’à ce jour, une véritable énigme entoure cette dame. Qui est-elle ? Pourquoi a-t-elle décidé de faire don de son bien ? À travers son geste, Hamza El-Alia a-t-elle bénéficié d’une contrepartie ? «Absolument pas», rétorque Aïssa, son neveu de troisième génération. Et d’ajouter : «À quelques jours de son départ vers les Lieux saints de l’islam pour accomplir son pèlerinage en compagnie de sa mère, elle a décidé de faire don de cet immense lot de terrain aux autorités locales pour en faire un cimetière». Selon notre interlocuteur, Hamza El-Alia, qui n’avait que 42 ans, devait, comme l’exige la chariâa, être accompagnée par un tuteur pour accomplir le cinquième pilier de l’Islam. N’ayant pu répondre à cette exigence, elle opte pour une autre solution. Veuve, elle décide de faire don de ses biens au profit de la religion musulmane. «C’était sur recommandation de oulémas qu’elle a décidé d’agir de la sorte. Suite à cela, elle cède à la structure en charge de la gestion des pompes funèbres son terrain se trouvant à la sortie est d’Alger, plus exactement au lieu-dit «Retour de la chasse», l’actuel Bab- Ezzouar. Cette étape franchie, Hamza El-Alia «décroche» son passeport spécial pèlerinage à la Mecque. Portant le n° 66, le document en question a été délivré par le préfet d’Alger en date du 30 avril 1928. Dans la copie intégrale de son acte de naissance, Hamza El-Alia avait déjà quatre ans — c’était en 1890 — lorsqu’elle est portée sur le registre de l’état civil de la municipalité d’Aumale. Fille de Mohamed et de Chaâbane Fatima, Hamza El-Alia avait une seule sœur. «Douée d’une grande intelligence et d’un sens des affaires, ma tante a également hérité des biens qui lui ont permis d’acheter plusieurs parcelles de terrain, dont une grande partie est située à l’est d’Alger, mais également à l’ouest. Ce qui est appelé aujourd’hui cimetière d’El-Alia constitue une des fortunes de ma tante. Elle a décidé d’acheter ce vaste lot de terrain auprès d’un colon, offrant ainsi à ses concitoyens musulmans un espace pour enterrer leurs morts», témoigne-t-on. Décédée le 17 novembre 1932, Hamza El-Alia est enterrée dans son village natal, à Sour-El-Ghozlane.