Alger interdit aux décideurs économiques et aux chefs d’entreprises publiques de recevoir l’ambassadeur de France

Rien ne va plus entre Alger et Paris. Les relations entre les deux capitales se sont nettement détériorées depuis cet été.

Côté français, c’est la promulgation fin juillet de la loi de finances complémentaire (LFC) 2009 qui suscite des inquiétudes, à cause de son impact sur les entreprises françaises.

Côté algérien, la relance de l’affaire des moines de Tibéhirines par la justice française est vécue comme une provocation.

Les mesures contenues dans la LFC 2009 visant à réduire les importations touchent de nombreuses entreprises françaises dont l’essentiel de l’activité était d’exporter des marchandises vers l’Algérie.

Les mesures ont été contestées en France notamment par les élus locaux de Marseille dont le port est sérieusement affecté par la décision d’Alger de réduire ses importations.

L’ambassadeur de France en Algérie, Xavier Driancourt, multiplie les initiatives de lobbying en faveur des groupes de son pays dans un contexte mondial marqué par la crise économique.

Mais la démarche du diplomate français irrite Alger qui a décidé d’interdire aux décideurs économiques, dans les administrations et les entreprises publiques, de recevoir l’ambassadeur de France, a appris TSA de source diplomatique. «

Les chefs d’entreprises publiques et les responsables administratifs en charge des questions économiques ne sont pas autorisés à recevoir M. Xavier Driencourt jusqu’à nouvel ordre », affirme notre source.

Selon nos informations, M. Driencourt a introduit des demandes auprès de plusieurs PDG d’entreprises publiques ainsi que des décideurs économiques. Mais il n’a reçu aucune réponse favorable.

Le gouvernement algérien reproche aux groupes français de vendre en Algérie et d’investir dans les pays voisins, notamment le Maroc et la Tunisie.

« Cette situation est inacceptable », affirme un haut responsable algérien.

Les exemples de Renault qui a décidé de construire une usine de montage de Logan à Tanger au Maroc fait partie des reproches que les Algériens formulent à chaque fois pour fustiger l’attitude des groupes français.

Après plusieurs mois de pressions algériennes, le constructeur automobile français a décidé de négocier avec le gouvernement algérien l’implantation d’une usine de montage automobile d’une capacité de 50.000 véhicules par an.

Les négociations en cours devrait déboucher sur un accord, selon une source française. Paris espère ainsi calmer les Algériens.

Dans le médicament et l’agroalimentaire, les groupes français préfèrent aussi investir chez nos voisins marocain et tunisien et vendre ensuite en Algérie, le plus grand marché du Maghreb, avec 36 millions d’habitants et des réserves de change de plus de 150 milliards de dollars.

http://www.tsa-algerie.com/diplomati...hefs_8207.html