Carnage dans une caserne de l'armée américaine
13 soldats tués par le commandant Hassan


L’auteur de la fusillade, d’origine palestinienne et de confession musulmane, est officier supérieur de l’armée américaine.

C’est probablement pour contester contre son affectation en Afghanistan, que le commandant de confession musulmane et de parents palestiniens, Nadil Malik Hassan, a ouvert le feu jeudi dernier sur des soldats américains à la base militaire de Fort Hood au Texas. Des informations ont fait état dans un premier temps de l’envoi du militaire dans une base en Irak. Cet événement n’est pas sans rappeler le coup de sandale reçu par l’ex-président George W. Bush lors de sa visite dans ce pays. Ainsi, la communauté musulmane ne cesse d’exprimer son opposition aux guerres américaines en Irak et en Afghanistan.

Le revers de la médaille est que les membres de la communauté musulmane puissent faire l’objet de plus d’ostracisme ce qui n’arrange pas leur situation qui s’est dégradée aux Etats-Unis depuis les attentats de New York du 11 septembre 2001. Sur place, les enquêteurs n’avaient pas réussi à établir les raisons qui ont pu pousser le commandant de l’armée américaine à tuer 13 de ses camarades et à en blesser 28 autres.

Le colonel John Rossi n’a pas voulu spéculer sur le mobile qui a pu animer le commandant Nadil Malik Hassan, âgé de 39 ans, à commettre la fusillade. L’officier psychiatre hospitalisé avait revêtu un vêtement traditionnel blanc et une calotte quelques heures avant d’enfiler son uniforme et de déclencher la fusillade la plus grave jamais enregistrée dans une base militaire des Etats-Unis. Le général Robert Cone, commandant de la base, a même souligné qu’il y avait des témoignages de première main parvenant de soldats indiquant que le commandant aurait crié Allah akbar avant la fusillade, ce qui ne fait qu’orienter sur ses motivations.
Le tireur avait été touché par balles et il a été admis dans l’un des hôpitaux civils où il se retrouve sous respirateur artificiel, selon le colonel Steven Braverman, qui commande le centre médical de la base. Devant ces incertitudes sur les mobiles du commandant, son cousin Nader Hassan, vient donner quelques précisions.

Le commandant Hassan serait ainsi mortifié par l’idée d’être déployé à l’étranger et se plaignait de harcèlement par des soldats du fait de son origine musulmane. «Il voulait faire tout ce qu’il pouvait, et selon les règles, pour s’assurer qu’il ne serait pas envoyé à l’étranger», a précisé son cousin. L’officier avait même engagé un avocat et cherchait à quitter l’armée. Le fait de perdre des soldats à l’intérieur du territoire américain a été mal perçu par le président. Barack Obama a évoqué un «horrible déchaînement de violence», et ce, dès jeudi. «Voir tomber ces braves Américains sur le champ de bataille à l’étranger est déjà assez difficile. Les voir pris pour cibles sur une base militaire et sur le sol américain est effroyable», a-t-il déclaré.

Cet effroi conduit l’armée, mais également les forces de l’ordre locales ainsi que fédérales à conjuguer leurs efforts pour mener l’enquête. Le colonel Rossi précise que des centaines de personnes étaient interrogées pour déterminer ce qui s’est passé. Les problèmes évoqués par le tireur ne semblent pas avoir alerté ses supérieurs.
«Nous ne sommes au courant d’aucun problème qu’il aurait pu avoir pendant son séjour ici», a déclaré Braverman, un autre colonel de la base, qui a précisé qu’il connaissait le tireur, qui est l’un de ses subordonnés. «Ce que je peux dire c’est que nous n’avons eu aucun problème avec sa performance au travail pendant qu’il travaillait ici avec nous à Darnall», le centre hospitalier de la base, a ajouté le colonel.


Le bilan de la fusillade aurait pu être plus lourd. Selon le colonel Rossi, quelque 400 personnes se sont retrouvées sur le lieu de la fusillade, entre les soldats déjà présents, des civils et ensuite les secours et forces de l’ordre. Cette confusion avait mené à indiquer au départ que le tireur était décédé. Cette nouvelle affaire est loin d’arranger les Etats-Unis qui ne cessent de cumuler les bourdes qui enveniment davantage leurs relations avec le Monde arabe et musulman.

Qu’il s’agisse du Sahara occidental, de la Palestine ou de l’Iran ou encore de l’Irak et de l’Afghanistan, l’Administration Obama ne cesse de s’enliser dans des conflits ouverts ou larvés avec des pays englobant des millions d’Arabes et des milliards de musulmans. La prison de Guantanamo symbolise, à elle seule, toute la complexité des relations entre les Etats-Unis et cette partie du monde. Le discours d’Obama prononcé en Egypte n’a finalement pas servi à grand-chose.

Ahmed MESBAH - L'Expression