Une avocate parle d'enlèvement d'enfant: Plainte contre l'ambassadeur du Danemark

par Salah-Eddine K.

L'avocate maître Ben Braham, du bâtonnat d'Alger, a prévenu contre les «tentatives d'enlèvements d'enfants issus de mariages mixtes qui se retrouvent ici dans notre pays».

Dans une conférence de presse tenue hier à la maison de la presse Tahar Djaout, l'avocate a donné la parole à plusieurs personnes afin d'apporter leurs témoignages et de parler des «pressions» qu'elles subissent suite au rapatriement de leur enfant vers l'Algérie.

Ces pères de famille, qui sont venus témoigner, craignent qu'il ne leur arrive ce qui est arrivé à la famille de la petite Safia d'Oran, dont l'histoire avait défrayé la chronique il y a quelques mois.

En effet, ces témoins, une dizaine, disent craindre que leurs enfants soient «enlevés» par des agents de missions diplomatiques. «Ce fut le cas d'un témoin dont l'enfant est issu d'un mariage mixte (une mère danoise), qui a été enlevé et qui se trouve actuellement caché à Annaba», affirme l'avocate.

La procédure de divorce entamée en Algérie, et qui lui donne la garde de l'enfant, a été pourtant accomplie. Le père habitant à Alger réclame que son fils Rayan, âgé de 9 ans, lui soit rendu. «Je comprends que mon pays cherche à favoriser un règlement conforme aux traditions diplomatiques, mais je tiens à signaler qu'il s'agit avant tout pour mon fils, pour moi et pour ma famille d'un drame dont nous sommes les seuls à supporter les conséquences». Me Ben Braham affirme qu'une plainte contre l'ambassadeur du Danemark sera déposée. D'autres témoignages ont fait état de pressions exercées par des représentations diplomatiques.

Concernant l'affaire Safia, l'avocate a affirmé que le dossier a été géré avec complaisance. Elle réitérera que «celui qui est considéré comme étant le père de Safia n'a jamais été ce Français de Marseille où elle se trouve actuellement. Son véritable père est Algérien». Et d'ajouter : «Pourquoi refuse-t-on de faire des tests ADN ? Pourquoi a-t-on laissé partir la fille ?». Maître Ben Braham veut attirer l'attention en disant que l'histoire de la petite Safia continue sous d'autres formes.

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