Un enfant "pas assez juif" pour une école londonienne obtient gain de cause

John Halford, l'avocat du père de l'enfant, répondant aux journalistes devant la Supreme Court à Londres.

La Cour suprême britannique a considéré mercredi que la politique d'inscription d'une école juive de Londres, accusée d'avoir refusé d'admettre un enfant de 11 ans parce que sa mère n'est pas née juive, était discriminatoire.

"Pas un juif certifié"
Le jeune garçon, identifié seulement par la lettre "M", avait fait acte de candidature auprès de l'établissement JFS --ex-Jewish free school, une école financée par des fonds publics du nord-ouest de la capitale-- mais avait été refusé car il "n'(était) pas un juif certifié".

Son père, à l'origine du recours, s'était dit "consterné" que son fils ait été déclaré "pas assez juif" pour intégrer cette école, dont les résultats sont parmi les plus élevés du pays.

Conversion de la mère dans une synagogue progressiste
Dans la tradition judaïque, est considéré juif celui qui est né de mère juive ou est converti en accord avec la Loi juive. Dans le cas présent, l'organisation juive United Synagogue n'a pas reconnu la judaïté de la mère, une Italienne catholique convertie avant la naissance de son fils dans une synagogue progressiste.

La Cour d'appel avait estimé en juin que les critères d'entrée étaient discriminatoires, entraînant un recours de l'école devant la Cour suprême. Les neuf juges de la plus haute instance judiciaire du pays ont confirmé le jugement mercredi.

Pas "racistes au sens populaire de terme", selon un des juges
"Personne dans cette affaire n'accuse JFS ou le Bureau du grand rabbin de discrimination raciale en tant que telle. Toute suggestion ou insinuation qu'ils seraient racistes au sens populaire du terme doit être écartée", a précisé Lady Brenda Hale, l'un des juges de la Cour suprême.

Les juges ont estimé que la création d'une exemption spéciale à la législation sur la discrimination raciale pour permettre aux écoles religieuses juives d'avoir de telles règles d'admission, pourrait être envisagée.

"Bonne foi" des autorités juives
Cette affaire "prouve qu'il pourrait y avoir un défaut dans notre législation sur la discrimination", a relevé le président de la Cour, Lord Nicholas Phillips.

Le grand rabbin, Lord Jonathan Sacks, a indiqué que les écoles et instances juives allaient examiner les implications du verdict avant de se prononcer, relevant néanmoins le fait que les juges ont souligné "la bonne foi" des autorités juives.
(belga/th)
16/12/09