Les bombes à sous-munitions sont des mini-bombes contenues dans un obus, un missile, une roquette, et elles sont larguées par voie aérienne ou terrestre.
Le conteneur s’ouvre dans les airs et éjecte des dizaines voire des centaines de sous-munitions, qui explosent au contact du sol ou de l’objectif visé.

Ces bombes sont conçues pour neutraliser par saturation une zone de combat, afin d’interdire la concentration de blindés et de fantassins.
Les bombes à sous-munitions peuvent avoir des effets anti-véhicules, anti-infrastructures ou anti-personnel.
Un seul bombardement peut lâcher plus de 1000 sous-munitions, en une seule fois et couvrant une très large zone.

Le système dit MLRS lance 12 roquettes, en une minute, chacune contenant 644 sous-munitions.

Aujourd’hui, en 2009, on estime à 17 le nombre de pays qui en assurent la fabrication.

Ces armes ont une particularité, que l’on a envie de qualifier de « post militaire » : ces sous munitions libérées par le conteneur n’explosent pas toutes à l’impact avec le sol.
C’est ce que l’on appelle le « taux d’échec » qui peut varier de 5% à 30%, selon le type de bombe, les conditions de largage et le climat.
Soit sur 1000 sous-munitions larguées, on peut avoir jusqu’à 300 non explosées au moment de l’impact.

Donc, elles deviennent ainsi des mines anti-personnelles, qui elles sont désormais interdites par le Traité d’Ottawa de 1999 ; elles prolongent ainsi l’Etat de guerre, même après la signature des accords de paix, ou les armistices.
Le largage très imprécis n’autorise pas la distinction entre cibles civiles et cibles militaires.

Donc, ces armes sont contraires au « droit international humanitaire » tel que défini par la convention de Genève.

L’armée israélienne aurait largué 4 millions de sous-munitions lors de la guerre de 2006 contre le Liban, dont la plupart pendant les dernières 72 heures du conflit, selon les Nations Unies.
Et le Hezbollah lui aurait tiré vers le Nord d’Israël plus de 100 roquettes à sous-munitions d’origine chinoise.
Environ un million de sous munitions n’auraient pas explosé à l’impact, et depuis 2006 quelque 300 civils auraient été tués ou mutilés, enfants pour la plupart.
Les vergers, les champs d’oliviers, les champs de blé ou de tabac ne peuvent plus être irrigués où labourés.
Or, au Sud Liban, l’agriculture constitue 70% des revenus des familles.

En 2009, sur demande des Nations Unies, Israël a fourni les cartes localisant les largages des bombes à sous-munitions, donnant ainsi un périmètre à interdire aux populations. Et aux équipes de déminage les zones au sol où chercher les engins.
Les enfants sont particulièrement exposés, non seulement parce qu’ils sont moins prudents, mais aussi parce que certaines bombes à sous-munitions ressemblent à des petits ballons.
D’autres de couleur jaune peuvent être confondues avec des rations alimentaires.
D’autres ont un petit ruban qui leur permet de s’accrocher aux branches des arbres, dans les vergers.
Ces caractéristiques doivent augmenter la visibilité de ces armes pour que les populations les évitent, mais elles entraînent un effet en fait exactement opposé.

Ce qui évidemment interroge : l’objectif recherché serait-il de désespérer les populations ?


arte.tv/fr




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