L'Egypte insiste sur l'arrêt de la colonisation juive
NOUVELOBS.COM | 30.12.2009 | 08:24

"Il y a des conditions pour toute négociation et nous n'allons pas négocier tant que la colonisation se poursuit", a affirmé le chef de la diplomatie égyptienne après la visite du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou.

Benjamin Netanyahou et Hosni Moubarak au Caire le 29 décembre (Sipa)

Benjamin Netanyahou et Hosni Moubarak au Caire le 29 décembre (Sipa)
L'Egypte a salué mardi la volonté du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, en visite au Caire, de relancer les négociations de paix avec les Palestiniens, mais averti qu'un tel processus était incompatible avec la poursuite de la colonisation juive.
La visite du chef du gouvernement israélien est intervenue au lendemain du lancement d'appels d'offres en vue de la construction de centaines de nouveaux logements juifs à Jérusalem-est, une décision condamnée par l'Autorité palestinienne, l'Egypte et les Etats-Unis.

"Le Premier ministre israélien veut bouger"

Arrivé en début d'après-midi au Caire, Benjamin Netanyahou a d'emblée rencontré le président égyptien Hosni Moubarak, mais les deux hommes n'ont pas donné de conférence de presse à l'issue de leur rencontre.
"Les entretiens ont été extrêmement positifs", a déclaré à la presse le chef de la diplomatie israélienne, Ahmed Aboul Gheit.
"Nous avons remarqué que le Premier ministre israélien veut bouger [vers une reprise des négociations, ndlr], et nous insistons sur la nécessité de parvenir à une entente sur les bases" des négociations, a-t-il ajouté. "Il y a des conditions pour toute négociation et nous [les Arabes et les Palestiniens] n'allons pas négocier tant que la colonisation se poursuit."
L'Egypte a également indiqué qu'elle voulait un calendrier de discussions. "Toute négociation, dont une base et un objectif ont été agréés, doit avoir un calendrier", a dit Ahmed Aboul Gheit.
Dans un communiqué, le bureau de Benjamin Netanyahou a qualifié les entretiens d'"amicaux". "Les deux dirigeants ont discuté de la façon de relancer le processus de paix avec les Palestiniens et des efforts pour libérer Gilad Shalit", un sergent israélien capturé en juin 2006 par des activistes palestiniens à la lisière de la bande de Gaza, poursuit le texte.

Point mort

Le processus de paix est au point mort depuis l'offensive israélienne dévastatrice de l'hiver dernier dans la bande de Gaza, mais l'Egypte mène des concertations diplomatiques en vue de relancer les discussions.
Des diplomates au Caire ont affirmé que l'administration américaine préparait deux lettres de garanties destinées aux Palestiniens et à Israël qui devraient servir de base à une relance des négociations.
"Elles sont au coeur des efforts égyptiens", a déclaré Ahmed Aboul Gheit, qui a indiqué qu'il se rendrait à Washington la première semaine de janvier.
"Il est prématuré de dire si nous recevrons ou non les assurances ou les garanties", a-t-il ajouté.
Mais la visite de Benjamin Netanyahou au Caire, sa première depuis septembre, a été sapée par le lancement des appels d'offres à Jérusalem-est.
"Un tel comportement suscite des interrogations sur le sérieux de la volonté d'Israël de parvenir à un règlement définitif et porte à croire qu'Israël cherche à se dérober aux obligations d'une paix juste et durable", a déploré Ahmed Aboul Gheit avant l'arrivée de Benjamin Netanyahou.

Un moratoire partiel

Sous la pression des Etats-Unis, le cabinet de droite de Benjamin Netanyahou a approuvé un moratoire de dix mois de la construction dans les colonies de Cisjordanie, où sont installés quelque 300.000 Israélien, afin d'encourager le président palestinien Mahmoud Abbas à reprendre des négociations de paix.
Ce moratoire, qui ne concerne ni Jérusalem-est, ni 3.000 logements déjà en chantier en Cisjordanie, ni la construction d'édifices publics, a été jugé insuffisant par l'Autorité palestinienne.
Jérusalem-est a été conquise en juin 1967 par Israël puis annexée. Cette annexion n'a pas été reconnue par la communauté internationale. Les Palestiniens veulent faire de la partie orientale de la ville la capitale de leur futur Etat.

(Nouvelobs. com avec AFP)