Chez nous

Dans notre pays les rêves
Naissent à peine et crèvent
Le désespoir est héréditaire
Il règne, il est centenaire
Le chagrin une sacrée habitude
Et toutes les vérités se dénudent
Les enfants nés avec souffrance
Se déclarant comme une sentence
Nos enfants au sourire un peu figé
Ils vivent bêtement, sans interroger
Quelle vie sera si le paradis
N’est qu’un mensonge qu’on dit ?
N’est qu’une simple manière
Pour faire oublier les malheurs ?
Et chez nous ces pauvres femmes
Ont perdu leur ancien charme
Devenues des êtres ordinaires
Banales, elles nous exaspèrent
Chez nous, tous les matins
Prennent le blafard comme teint
Et les soirs avec ce goût amer
Chez nous le temps est la misère
On se contente de voir un gamin
Qui nous sourit, nous tend la main
D’une fillette au regard mystérieux
Chez nous, on vénère les yeux
Et On aime une femme tragique
Chez nous l’amour est sceptique
On cherche chez elle un trait lointain
Un chuchotement, un air mutin
Ses dents, une antique lueur
Femme sans chagrin nous écoeure
Chez nous la vie est une saison
Qu’on cherche sans aucune raison
Chez nous notre unique espoir
Est de vivre espérant ne pas choir.

Le : 23/09/2009
Par : Tekik Mohamed