AMAR TAKDJOUT PERSISTE ET SIGNE

«Il y a une opération de liquidation des entreprises du textile»
Le Soir d'Algérie, 3 janvier 2010

Le secrétaire général de la Fédération nationale des travailleurs du textile et du cuir (FNTTC/UGTA) persiste et signe : la société de gestion des participations Industries manufacturières et le Groupe Texmaco ont bien l’intention de fermer des entreprises du secteur du textile. Preuves à l’appui, Amar Takdjout revient sur cette opération de démantèlement organisée par les gestionnaires de ce secteur.
Tarek Hafid - Alger (Le Soir) - En révélant des informations sur le projet de liquidation d’entreprises du secteur du textile (voir Le Soir d’Algérie du 28 décembre 2009), Amar Takdjout s’est retrouvé au centre d’une véritable campagne de dénonciation orchestrée par le Groupe Texmaco. «Au lendemain de la publication de ces informations, la direction de Texmaco a adressé une correspondance à l’ensemble des directeurs généraux des filiales pour annoncer qu’elle s’inscrit en faux contre les déclarations que j’ai faites à la presse. Dans cette correspondance, les responsables de se groupe m’ont même accusé de vouloir déstabiliser le secteur. C’est une accusation très grave porté contre un représentant de l’Union générale des travailleurs algériens, une organisation qui a récemment opté pour la stabilité en signant une nouvelle fois le pacte économique et social», s’est indigné le secrétaire général de la Fédération nationale des travailleurs du textile et du cuir. Mais Amar takdjout insiste : «Il y a une opération de liquidation des entreprises du textile. Nous disposons de documents qui l’attestent. La SGP Industrie manufacturières a élaboré un plan de fermeture d’unité. Outre Texmaco, cette stratégie concerne également les groupes C&H, Leather Industry et Wood Manufacture», indique-til. En effet, dans une correspondance datée du 10 décembre 2009 portant la mention «urgence signalée», le président du directoire a saisi officiellement les responsables des quatre groupes afin de le demander d’établir une liste d’entreprises à liquider. «Nous avons l’honneur de vous demander de bien vouloir nous transmettre une liste d’entreprises pouvant être proposées à la liquidation, et ce, afin de mobiliser les fonds nécessaires à cette opération, en indiquant l’effectif de l’entreprise, le coût de la liquidation, dont le volet social, la valeur comptable des actifs à liquider.» «Cette lettre a été rédigée quelques jours seulement après la liquidation de l’Enaditex. Lors d’une conférence de presse animée le 17 décembre, nous avions annoncé qu’une vaste opération de fermeture était en préparation. Finalement cela s’est confirmé le 23 décembre avec la décision du groupe Texmaco de proposer la liquidation de 4 unités», souligne Takdjout. Le sort de la Sotradal de Boufarik (117 travailleurs), Fital de Bab Ezzouar (120 travailleurs), Cotest de Constantine (251 travailleurs) et de Sotexham d’Oran (241 travailleurs) a été scellé en seulement 13 jours. Ces quatre unités figurent dans le document (réf : 1260/ DG 12009) adressée par la Texmaco à sa tutelle. «Ce sont 729 travailleurs qui vont se retrouver sans emploi. Ils auraient dû être plus nombreux car nous savons que la liste qui devait être soumise comportait plus d’unités. Cette liste a été refaite à plusieurs reprises. Les personnes qui sont derrière cette opération sont inconscientes. Il suffit de voir le cas de la Sotradal qui a récemment décroché un contrat avec la présidence de la République pour confectionner des drapeaux. Alors à l’avenir, à qui va-t-on confier la confection de l’emblème national ? Aux Chinois ?» Le secrétaire général de la Fédération nationale des travailleurs du textile et du cuir, qui se dit prêt à poursuivre son combat en faveur de la préservation du secteur du textile et cuir, dénonce une nouvelle fois les pratiques imposées par ceux qui sont censés le gérer. «Nous vivons une réalité amère. En plus du copinage, notre secteur est aujourd’hui géré par le mensonge. Il faut que cette situation change au plus vite sinon nous courrons à la catastrophe.»
T. H.
Source : Le Soir d'Algérie du 3 janvier 2010