Avec 280 000 citoyens, l’Islande ne compte que la moitié de la population de la ville de Québec. Mais ses banques sont rapidement devenues très grosses, débordant les frontières du pays et ouvrant des succursales en Europe. La plus importante, Landbanski, s’est notamment implantée au Royaume-Uni et aux Pays-Bas avec un populaire programme appelé Icesave. Populaire ? En offrant des taux d’intérêt de 5 à 6 %, elle s’y est gagnée plus de 500 000 clients qui lui ont confié leurs dépôts.

Mais la crise est arrivée. L’Islande a été frappé très tôt et a dû dévaluer sa monnaie. Lansbanski s’est retrouvée dans une impasse, incapable de garantir les dépôts avec un monnaie de plus en plus faible. Le gouvernement islandais a dû en prendre charge. Il a compensé les citoyens islandais, mais pas les autres; Londres et La Haye ont crié au scandale, ont compensé leurs propres citoyens pris dans la débandade de Landbanski, et ont fait pression sur Reykjavik pour se faire rembourser. L’Islande voulait justement intégrer l’Union européenne… dangereux, politiquement, de se faire des ennemis aussi puissants.

Juste avant les Fêtes, le Parlement islandais a donc accepté un projet de loi prévoyant le paiement de l’équivalent de 5 milliards $ au Royaume-Uni et aux Pays-Bas. Mais dans les faits, ce sont les citoyens islandais qui se voyaient rançonnés pour corriger les excès de leurs banquiers… Ils ont imploré leur président –honorifique- de ne pas signer la loi en question. Et c’est la décision qu’a fini par prendre Olafur Grimsson : ne pas signer.

De là la crise, qui va faire mal à l’Islande, déjà mal en point.

Mais il est difficile de dire qui a tort ou qui a raison dans cette triste histoire de banques grenouilles qui voulaient devenir aussi grosses que les banques boeufs.



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